Les Coupes Stanley ne se gagnent pas en octobre, on en convient.

Mais ne vaut-il pas mieux entamer une saison en engrangeant trois points sur une possibilité de quatre contre les Maple Leafs de Toronto et les Penguins de Pittsburgh?

On a beaucoup parlé, ces derniers jours, du retour en forme de Carey Price, avec sa moyenne de buts alloués de 1,98 et son taux d'arrêts de ,917 après deux matchs.

On a beaucoup parlé aussi des quatre points en deux matchs de Paul Byron; de l'impact de Max Domi, déjà trois aides en deux matchs, alors qu'Alex Galchenyuk a mis onze matchs à obtenir trois points l'an dernier; du vent de fraîcheur amené par la recrue de 18 ans Jesperi Kotkaniemi.

Deux jeunes hommes ont aussi eu un impact étonnant lors de ces deux premiers matchs. La paire improbable formée de Mike Reilly, obtenu pour un maigre choix de cinquième ronde en février, et Noah Juulsen, premier choix de l'équipe en 2015, s'est révélée contre Toronto et Pittsburgh.

Le nouvel entraîneur des défenseurs, Luke Richardson, ne les a pas ménagés. Personne n'a joué autant à cinq contre cinq. Reilly a été employé en moyenne 18:51 en pareilles circonstances, et Juulsen 17:51. Jeff Petry, pourtant un vétéran, a joué deux minutes de moins en moyenne que Reilly a égalité numérique.

Cette jeune paire a aussi, de façon étonnante, été la plus utilisée en infériorité numérique. Il fallait clairement apporter des changements à ce chapitre puisque l'équipe a terminé au 30e rang en infériorité numérique avec un faible taux de réussite de 74,1% l'an dernier.

Reilly et Juulsen ont fort bien réagi. Ils n'ont été sur la glace pour aucun but de l'adversaire lors des deux premiers matchs. Petry l'était pour trois des quatre buts accordés à l'autre équipe. Une fois à cinq contre cinq, en compagnie de Victor Mete, une fois en infériorité numérique avec Jordie Benn et une autre fois à trois contre trois, lors de la prolongation contre Toronto.

Si l'on exclut Shea Weber, absent à compter de décembre l'an dernier, Karl Alzner était le joueur le plus utilisé en infériorité numérique l'an dernier avec une moyenne de 2:51 par match. Il a été laissé de côté lors des deux premières rencontres de la saison.

Certains fans auraient préféré voir l'équipe se rabattre sur des joueurs francophones lors du repêchage de 2015. Anthony Beauvillier et Jérémy Roy étaient encore disponibles au 26e rang. Beauvillier est déjà dans la LNH.

Si Juulsen maintient le rythme, il constituera une prise de choix au 26e rang. Sans être très offensif, les défenseurs droitiers du top 4 capables de jouer plus de vingt minutes par match et d'affronter les meilleurs trios adverses en situation défensive demeurent des denrées rares.

Le directeur du développement des joueurs chez le Canadien, Martin Lapointe, le vantait déjà en 2016. Il faisait figure de prophète, sauf dans le cas de Mikhail Sergachev... échangé pour Jonathan Drouin moins d'un an plus tard.

Reilly était courtisé par un nombre impressionnant d'équipes en 2015 après une saison de 42 points en 39 matchs à l'Université du Minnesota. Il a finalement choisi le Wild, mais n'a jamais répondu aux attentes. Il était coincé, en outre, derrière Ryan Suter et Jonas Brodin à gauche.

Quand un jeunot appelé Gustav Olofsson, deuxième choix de l'équipe en 2013 - quelques rangs devant Artturi Lekhonen - a été promu l'an dernier, il n'y avait plus de place pour Reilly et le Canadien a pu l'obtenir à rabais.

L'échange de Reilly a constitué le dernier de Chuck Fletcher à titre de DG du Wild. Il a été congédié à la fin de la saison, quelques semaines plus tard.

Son remplaçant, Paul Fenton, n'a pas eu la même opinion d'Olofsson, faut-il croire. Le jeune homme de 23 ans appartient désormais au Canadien. Il a été obtenu en retour du jeune William Bitten il y a six jours et devrait faire ses débuts avec le Rocket de Laval le weekend prochain.

Après Reilly, un défenseur gaucher tombé du ciel, le Wild fera-t-il un autre cadeau au Canadien? Marc Bergevin doit bien dormir ces jours-ci.

* * *

Les changements de philosophie au chapitre du temps d'utilisation ne se manifestent pas seulement en défense. Les trois attaquants les plus utilisés lors des deux premiers matchs ont été, dans l'ordre, Joel Armia, Philip Danault et Artturi Lehkonen. Danault est l'attaquant le plus souvent sur la glace à cinq contre cinq.

Lors du premier match à Buffalo, l'an dernier, Max Pacioretty, Jonathan Drouin et Alex Galchenyuk avaient été les trois attaquants employés le plus souvent. Pacioretty et Galchenyuk n'étaient pas les plus travaillants l'an dernier. Drouin doit apprendre, cette année, à se fondre dans le nouveau concept collectif de l'équipe. Ce ne fut pas le cas lors des deux premières rencontres.