Les Jeux olympiques se suivent et se ressemblent? Pas du tout! À quelques jours de l'ouverture des Jeux de la XXXe Olympiade, La Presse dresse pour vous une liste de 10 nouveautés - certaines marquantes, d'autres moins! -, qui feront de cette grande manifestation sportive un événement unique. Voire historique.

Sophie Allard LA PRESSE

Des femmes sur le ring

Ça y est, les femmes monteront sur le ring à Londres. Du jamais vu. Sport olympique dès 1904, la boxe était le dernier sport d'été exclusif aux hommes. À Londres, 36 boxeuses mettront les gants dans trois catégories de poids: mouche (51 kg), léger (60 kg) et moyen (75 kg). Chez les hommes, 250 boxeurs s'affronteront dans 10 catégories de poids. Les femmes comptent donc pour 12,6% de l'ensemble des pugilistes. Un début modeste, mais bienvenu. À quand les hommes en nage synchronisée aux J.O.? Des nageurs synchro de haut niveau crient à la discrimination.

Photo : Mike Ridewood, PC

Jambes de carbone

Il fait la page couverture du GQ et du New York Times Magazine. Il a près de 80 000 admirateurs sur Facebook. Oscar Pistorius fait sensation et... soulève la controverse. Amputé des deux jambes alors qu'il était bébé, le Sud-Africain que l'on surnomme «Blade Runner» court sur des prothèses en fibre de carbone. Il prendra le départ - aux côtés des personnes valides! -, du 400 m individuel et du relais 4 x 400 m des Jeux de Londres. Il deviendra ainsi le premier athlète paralympique à participer à des épreuves olympiques d'athlétisme. «C'est vraiment l'une des plus belles journées de ma vie», a écrit Pistorius sur son compte Twitter, lors de l'annonce. En l'absence de preuves scientifiques démontrant l'avantage des prothèses, le Tribunal arbitral du sport (TAS) avait statué en 2008 que Pistorius pouvait courir avec les athlètes olympiques. Il a d'ailleurs participé l'an dernier aux Mondiaux d'athlétisme. Une première. À Londres, il volera assurément la vedette.

Photo : Geert Vanden Wijngaert, AP

Un petit pas...

L'Arabie saoudite, le Qatar et le Brunei Darussalam, où les compétitions sportives sont interdites aux femmes, sont les seuls pays à n'avoir jamais envoyé de femmes aux Jeux olympiques. Le CIO, dont la charte prône l'égalité des sexes, a fait pression. Le Qatar enverra quatre femmes: Nada Arkaji en natation, Noor al-Malki en athlétisme, Aya Magdy en tennis de table et Bahiya Al-Hamad en tir. Cette dernière sera porte-drapeau. «Je suis comblée. C'est un moment véritablement historique pour tous les athlètes», a-t-elle confié. Maziah Mahusin, 19 ans, spécialiste du 400 m et du 400 m haies, sera l'unique représentante du Brunei Darussalam. Deux Saoudiennes, dont la participation a été annoncée in extremis, prendront part aux J.O.: la judoka Wodjan Ali Seraj Abdulrahim Shahrkhani et la spécialiste du 800 m Sarah Attar. À quel prix? Elles ont l'obligation d'être accompagnées d'un proche, porter une tenue islamique et éviter la mixité.





Photo : Mohammed Dabbous, Reuters

Les Jeux en 3D

Pour la première fois, des épreuves olympiques seront diffusées en direct en 3D. En France, une chaîne événementielle (francetvsport 3D) sera consacrée à la retransmission 3D des J.O.. Plus de 200 heures de sport seront présentées. De son côté, la BBC présentera en version 3D la finale du 100 m hommes, les cérémonies d'ouverture et de fermeture. Sur BBC HD, des résumés en 3D seront proposés en fin de soirée. Pour marquer le coup, la BBC a lancé, début juillet, un message publicitaire en animation 3D, fort réussi. L'offre 3D sera inexistante au Québec, nous a confirmé une porte-parole de RDS.

Photo : Charles Platiau, Reuters

Baseball et softball exclus

Le baseball et le softball ne seront pas des Jeux olympiques de Londres. Lors de la 117e session du CIO, à Singapour en 2005, les membres ont voté pour son exclusion. Manque de popularité. Depuis l'exclusion du polo en 1936, aucun autre sport n'avait été écarté du programme olympique. Le baseball, introduit aux J.O. de 1992 et le softball, aux Jeux d'Atlanta, n'ont donc eu droit qu'à un bref passage dans le cirque olympique. Au total, 26 disciplines sportives seront présentées, au lieu de 28. On attend l'arrivée du golf et du rugby à sept aux Jeux de Rio de Janeiro, en 2016.

Photo : Al Behrman, AP

Face-à-face aquatique

Une nouvelle épreuve de voile sera présentée à Londres: le match racing féminin (qui remplace l'épreuve de Yngling). Sous forme de duel, deux équipes de trois athlètes s'affrontent sur des bateaux identiques, le Elliott 6 m. Épreuve stratégique, la course consiste à prendre la tête devant l'autre voilier sur un parcours à deux tours. Les courants et le vent doivent être maîtrisés à la perfection. Chaque skipper rencontre la totalité de ses adversaires (round robin). Qui sera de la grande finale le 11 août? La Grande-Bretagne, l'Australie, les États-Unis et l'Espagne sont favoris.

Photo : Jessica Rinaldi, Reuters

Out, le bikini?

L'image de sport «sexy» - ou sexiste, diront certain (e) s - colle à la peau du volleyball de plage féminin. Depuis que le sport est devenu olympique en 1996, à Atlanta, les petites tenues des volleyeuses font la manchette. «C'est dommage, les performances sportives passent en second plan», déplorait la Québécoise Guylaine Dumont en 2004. À Athènes, elle a terminé au 5e rang.

À Londres, les volleyeuses pourront porter le short. Le maillot, jusqu'à maintenant obligatoire (la culotte ne devait pas excéder 7 cm de largeur), ne l'est plus, selon la nouvelle réglementation de la FIVB annoncée au printemps. «Nous avons ajouté une possibilité afin de répondre à des motifs religieux ou culturels», a expliqué à l'AFP Richard Baker, directeur des communications de la Fédération. On souhaite ainsi populariser le sport dans des pays qui y étaient peu favorables jusqu'à présent. Un pari osé pour ce sport d'image.

Photo : Johannes Eisele, AFP

Adieu plomb, bonjour laser

Le pentathlon moderne, introduit à Stockholm en 1912, allie l'escrime, la natation, l'équitation, la course à pied et le tir de pistolet. Les cinq épreuves, auparavant étalées sur cinq jours, sont présentées en une seule journée depuis 2000, pour un intérêt accru. Pour la première fois, à Londres, la course sera combinée au tir. Autre nouveauté? Dans un souci de sécurité et de protection de l'environnement, un pistolet au laser remplacera le pistolet à air comprimé avec balles de plomb. Il a été utilisé lors des Jeux de la jeunesse à Singapour en 2010. La prise en main et le poids sont identiques, selon le CIO, mais il fonctionne avec une pile AA!

Photo : Alessandro Bianchi, Reuters

Gazouillez, svp!

Les réseaux sociaux n'ont jamais été aussi populaires. Le CIO saisit la balle au bond et propose une plateforme (hub.olympic.org) qui réunit les pages Facebook et Twitter des athlètes et des équipes en compétition. Facebook fait de même en lançant une page olympique disponible en 22 langues (facebook.com/pages/olympics). Le CIO encourage pour la première fois les athlètes à jouer du clavier pendant la quinzaine olympique. Selon des règles strictes toutefois: écrire au «je», éviter de faire de la publicité, etc.. Les athlètes canadiens, formés à la bonne utilisation des réseaux sociaux, sont invités à suivre la recommandation du CIO. «Plusieurs athlètes carburent à cette communication avec leurs partisans, leur famille et leurs amis, indique Sylvie Bernier, chef de mission adjointe pour le COC. Certains coupent tout lors de compétitions, d'autres au contraire ont besoin plus que jamais de sentir ce lien.»

Photo : Kimihiro Hoshino, AFP

La flamme s'envoie en l'air

Est-ce un oiseau? Est-ce un avion? Non, c'est un homme volant! Muni d'un réacteur dorsal, l'Américain Nick Macomber, dit «Jet Pack Man», a survolé le National Space Centre de Leiscester, en Angleterre, avec la flamme olympique sur sa poitrine. Tel un superhéros, il en a mis plein la vue aux spectateurs lors du 46e jour du relais olympique, le 3 juillet. «Une expérience incroyable, une occasion unique», a dit le principal intéressé à The Telegraph. Michael Jackson, James Bond et Robocop ont tour à tour utilisé le réacteur dorsal, que l'on a aussi vu lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Los Angeles en 1984. Pour la flamme, c'est néanmoins une première.