Il y a certaines phrases qu’on ne s’attend pas à entendre quand on échange avec un athlète de 22 ans. « Regarde les étoiles, dis-toi que tu peux y arriver et vas-y » entrerait dans cette catégorie.

Alors quand Félix Dolci nous dit exactement ça, on comprend qu’on a affaire à un autre genre d’athlète. Du genre passionné de psychologie sportive et de développement personnel – on y reviendra.

Dolci, membre de l’équipe masculine de gymnastique artistique qui prendra part aux Jeux de Paris, n’a aucun doute sur le fait que son mental est sa plus grande force.

Un gars qui est en shape, c’est beau. Mais la vérité, c’est que les 200 chin-ups ne se font pas à cause de tes biceps. Ils se font à cause de ton mental. C’est lui qui te dit, à 198 : let’s go, on en fait encore deux.

Félix Dolci, gymnaste

En gymnastique, ce qui se passe dans la tête « fait toute la différence », croit le jeune athlète, qui s’exprime comme un grand sage.

« C’est tellement plus que ce qu’on voit au premier regard. Il y a tellement plus de travail. C’est beaucoup plus mental en matière de visualisation, de développement, de préparation à la performance que ce que ça peut paraître.

« Quand tu regardes ça, tu te dis : wow, il fait des steppettes partout. C’est effectivement un peu ce à quoi ça ressemble, mais pour que ton cerveau te permette de te dire ‟je vais me lancer dans les airs, faire trois backflips avec deux vrilles”, il faut que tu sois un peu ailleurs. S’il y a une chose de laquelle je suis super fier, c’est d’avoir créé ce mental-là, cette hargne pour attaquer mes objectifs. »

PHOTO JOAQUIN SARMIENTO, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Félix Dolci, en action, en avril dernier

Confiance à toute épreuve

Félix Dolci n’est pas seulement hargneux, il est aussi confiant. Et il n’est pas gêné de le reconnaître. « Je suis comme ça, j’ai très confiance en mes habiletés », lâche-t-il.

Le Lavallois, seul Canadien en 60 ans à avoir remporté l’or au concours complet de gymnastique des Jeux panaméricains, en 2023, a toujours excellé dans son sport.

En 2018, il est devenu le premier Canadien à remporter une médaille en gymnastique masculine aux Jeux olympiques de la jeunesse ; il a décroché l’argent aux anneaux. L’année suivante, il a été le premier Canadien de l’histoire à être couronné champion du monde junior en gymnastique artistique. Cette même année, il est devenu l’athlète le plus décoré de l’histoire des Jeux du Canada avec 11 médailles en carrière.

Un enfant prodige.

Sauf que toute cette attention, qui vient nécessairement avec de la pression, n’a « jamais été un poids sur [ses] épaules ».

Ça n’a jamais été très néfaste. Je suis quelqu’un qui aime le spotlight en général. Plus je vieillis, plus je suis mature et plus je comprends que cette attention-là peut aussi être dirigée vers quelque chose d’intéressant.

Félix Dolci

Le jeune homme de 22 ans est suivi par plus de 80 000 personnes sur Instagram et près de 30 000 sur TikTok. Son coéquipier René Cournoyer le décrit affectueusement comme « la superstar » de l’équipe. Au cours de la dernière année, Dolci a lancé, avec d’autres gymnastes, une série balado intitulée The Rise. Les discussions sur la gymnastique permettent aux auditeurs de mieux comprendre le sport et d’en apprendre sur le parcours de ceux qui la pratiquent.

« On est tous des passionnés de sport, on aime ce qu’on fait. Ça me tient à cœur de montrer au monde, aux jeunes Québécois, aux jeunes Canadiens, ce que c’est que la gymnastique. À quel point ça peut leur apporter. Parce que pour moi, ç’a changé ma vie. Ç’a fait qui je suis aujourd’hui. C’est clairement quelque chose que je leur souhaite. »

Développement personnel

Il suffit d’un petit tour sur les réseaux sociaux de Dolci pour comprendre qu’il est un adepte du développement personnel. Ses vidéos le montrant à l’entraînement sont souvent jumelées à des citations sur le succès, sur l’importance de travailler pour atteindre ses rêves.

En rencontrant le jeune athlète, on comprend qu’il n’écrit pas ces citations que pour faire beau. Il y croit dur comme fer.

« Très jeune, j’étais comme ça : let’s go, entraîne-toi fort, arrête de trouver des excuses, vise haut. La vie est trop courte pour attendre que les choses se passent. Tout le monde a tellement un talent inné. Peu importe ton essence, ton sport, il y a quelque chose de magnifique qui t’attend si tu mets les efforts, si tu veux vraiment l’atteindre. Il suffit que tu te donnes la chance. »

« Regarde les étoiles, dis-toi que tu peux y arriver et vas-y. Cours en direction de ton objectif. Parce que moi, personnellement, c’est ce que j’ai fait toute ma vie et j’en suis tellement heureux parce que ça m’a amené à des endroits où je n’aurais jamais cru être. Ça m’a rendu foncièrement heureux à certains moments. En véhiculant ce message-là, j’espère que les gens se diront : peut-être que moi aussi. »

« C’est ma façon de vivre au jour le jour ; s’il y a quelque chose que j’ai envie d’atteindre, je vais aller le chercher. Il n’y a rien d’impossible. Je vais faire ce qu’il faut pour. »

Gare à ceux qui se mettront dans son chemin.

Lisez « Gymnastique : Récit d’un moment historique »

Qui est Félix Dolci ?

Âge : 22 ans
Lieu de naissance : Saint-Eustache
Ville d’attache : Laval

Derniers palmarès internationaux :

Jeux panaméricains : 2023 – ARGENT (par équipes)

Championnats du monde de la FIG 2023 – 7e (par équipes)

Championnats panaméricains 2023 – 5e (anneaux), 5e (barres parallèles)

Jeux du Commonwealth 2022 – ARGENT (par équipes), 4e (concours multiple), ARGENT (sol), 4e (saut), 4e (barres parallèles), 5e (anneaux), 18e (barre horizontale), 34e (cheval d’arçons)

Dates de ses compétitions à Paris : Du 27 juillet au 5 août