Si tout s’était déroulé comme prévu, Pamela Ware aurait probablement accompagné ses coéquipières Meaghan Benfeito et Jennifer Abel dans la retraite quelques mois après les Jeux olympiques de Tokyo.

Publié le 14 mai
Simon Drouin
Simon Drouin La Presse

Mais un plongeon avorté à son dernier essai en demi-finale du tremplin de trois mètres a changé les plans de la plongeuse de 29 ans. Quatrième après les préliminaires, elle avait raté le saut d’appel du périlleux et demi renversé avec trois vrilles et demie, une nouvelle figure qu’elle ne maîtrisait pas tout à fait. Cette faute technique l’a obligée à sauter dans l’eau les pieds en premier.

« Je ne voulais pas finir ma carrière comme ça », a dit Ware au téléphone, vendredi midi, entre deux entraînements à la piscine du Parc olympique.

PHOTO CARL RECINE, REUTERS

À son dernier essai en demi-finale, aux Jeux olympiques de Tokyo, Pamela Ware a raté le saut d’appel, ce qui l’a obligée à sauter dans l’eau les pieds en premier.

En temps normal, elle serait en pleine compétition dans le cadre des Séries mondiales. Mais l’évènement a été discrètement reporté à l’automne par la Fédération internationale de natation, dans la foulée de l’annulation de l’étape de Kazan après le début de la guerre en Ukraine.

Ware se prépare donc pour les Championnats nationaux seniors d’été, programmés à la fin du mois à Victoria. Ne cherchez pas le trois vrilles dans sa liste. Après son insuccès de Tokyo, elle a préféré le reléguer aux oubliettes.

« Ça ne faisait pas longtemps que je le faisais, et il y avait le fait que j’étais la première fille au monde à le faire aux Jeux olympiques. Ça m’a causé beaucoup de stress. »

Je faisais souvent la même erreur à l’entraînement. Je ne m’attendais juste pas à la faire en compétition, surtout pas aux Olympiques. Mais ce sont des choses qui arrivent, et je dois vivre avec.

Pamela Ware

À son retour à l’entraînement à l’automne, après une pause salvatrice de quelques mois, elle a eu toutes les misères du monde à réintégrer ce saut périlleux – littéralement – à sa routine. « J’ai décidé que c’était trop stressant et que ça ne valait pas nécessairement la peine de revivre ça. »

Elle a donc choisi de le remplacer par un nouveau plongeon… dont elle préfère taire la nature pour le moment.

Recommencer à zéro

Quatrième en synchro avec Jennifer Abel et septième dans l’épreuve individuelle, l’explosive Ware devait être au sommet à Tokyo. Son erreur l’a incitée à reporter son projet de s’inscrire à des cours de cuisine et de pâtisserie.

« Je ne suis pas jeune, mais pas vieille non plus, a-t-elle plaidé. Je vais avoir 31 ans aux prochains Jeux. Je pense que c’est un bon âge. Je ne m’en fais pas avec ça. J’ai encore deux bonnes années et demie dans le corps, c’est certain. »

La nouvelle aînée d’une équipe canadienne en pleine reconstruction ne s’attend pas à occuper une place plus importante avec les départs de Meaghan Benfeito et de Jennifer Abel, qui comptent cinq médailles olympiques à deux.

« J’essaie de ne pas trop y penser parce que c’est quand même stressant et ça peut jouer dans la tête d’avoir ce rôle. Mais quand les jeunes viennent me voir pour des questions, c’est sûr que j’essaie de les aider comme je peux. »

Autre grand changement dans la carrière de Ware : elle a un nouvel entraîneur. Après « au moins 16 ans » sous la gouverne d’Aaron Dziver, elle a décidé de confier son avenir à Hui Tong, nouvel entraîneur-chef de l’Institut de plongeon de Montréal.

J’avais vraiment besoin d’un changement. Après plusieurs années, ça fait du bien. Ça m’a un peu aidée à retrouver la motivation et ma confiance. C’est comme recommencer à zéro.

Pamela Ware

Malgré le départ d’Abel, Ware ne pourra se la couler douce sur la scène nationale. Aux derniers championnats d’hiver, au début d’avril, elle a pris le deuxième rang derrière Margo Erlam, 19 ans. L’athlète de Saskatoon a obtenu un excellent score de 377,65 points, devançant la Québécoise par plus de 50 points.

« Elle était dans sa piscine. Elle a vraiment bien plongé et elle l’a mérité. Je ne manquerai pas de compétition au Canada. »

À son retour, Ware est tombée malade pendant deux semaines en raison d’un virus qui n’était pas la COVID-19. Cette interruption d’entraînement a retardé la mise en œuvre de son nouveau plongeon. Avec les Championnats du monde à Budapest et les Jeux du Commonwealth à Birmingham l’été prochain, les occasions de le dévoiler ne manqueront pas.