« Je ne m’attendais pas à recevoir cet honneur. » Isabelle Weidemann a été la première surprise d’être nommée porte-drapeau de la délégation canadienne aux Jeux olympiques de Pékin.

Mis à jour le 19 février
Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio La Presse

La triple médaillée à ces Jeux a reçu l’appel vers 21 h, le lendemain de la victoire du Canada à la poursuite par équipes en patinage de vitesse longue piste.

« J’étais tellement fatiguée après la compétition de la veille, et parce qu’on avait veillé tellement tard, a-t-elle commenté, le sourire évident malgré son masque, en visioconférence. Je m’en allais me coucher. Puis, Catriona [Le May Doan, cheffe de mission d’Équipe Canada] m’a textée pour me dire qu’elle devait me parler au téléphone. J’étais tellement épuisée.

« C’est irréel et tellement fou. Ce sont des montagnes russes, mais de la meilleure façon possible. »

La patineuse originaire d’Ottawa a remporté des médailles de chaque couleur lors de ces Jeux. Elle avait été la première médaillée du Canada lorsqu’elle a remporté le bronze au 3000 m, le 5 février. Cinq jours plus tard, elle mettait la main sur l’argent au 5000 m.

Puis, le triomphe à la poursuite par équipes, avec Valérie Maltais et Ivanie Blondin. Interrogée sur ses moments favoris des Jeux, c’est ce souvenir qu’elle cite en premier.

« C’était surréel d’être debout sur la première marche du podium avec mes coéquipières, alors qu’on chantait Ô Canada en voyant le drapeau être levé.

« Il y a tellement de moments dont je vais me souvenir pendant longtemps, dit-elle. J’ai pu célébrer aux côtés d’une coéquipière avec qui j’ai travaillé pendant les quatre dernières années. On n’avait jamais vraiment pu prendre le temps de profiter des succès que nous avions connus. »

Mais au-delà des performances sur la patinoire et des célébrations qui s’en sont suivies, elle évoque aussi une petite balade nocturne qui lui a fait du bien.

« Après avoir remporté la poursuite par équipes, il était environ 3 h du matin et personne ne dormait parce qu’on avait bu tellement de café, raconte-t-elle. L’adrénaline était tellement forte. Je suis allée faire une promenade dans le village olympique avec un des membres de notre personnel qui est avec notre équipe depuis 10 ans. C’était spécial de partager ce moment avec quelqu’un qui m’a soutenue depuis si longtemps. »

« J’ai complètement perdu la voix »

Mais donc, si elle ne s’attendait pas à être porte-drapeau, avait-elle d’autres athlètes en tête ?

« Il y en a tellement qui ont bien fait ! lance la patineuse avec aplomb. Steven Dubois a aussi la série complète de médailles. […] Il y a Max Parrot. Je suis une fan de tous les sports. J’aime tellement voir les gens réaliser leurs rêves. »

Elle mentionne aussi l’équipe féminine de hockey, qui a remporté l’or face aux États-Unis. Weidemann était dans les gradins pour le match ultime.

« C’était fou ! J’ai complètement perdu la voix. Je criais dans les estrades. J’avais un gros drapeau. Je suis une grande fan de ces femmes.

« J’ai la chance de m’entraîner dans le même gym que plusieurs d’entre elles à Calgary. C’est tellement d’années de travail acharné. J’ai été témoin de ce qui est considéré comme une déception en 2018, à PyeongChang. C’était incroyable de les voir gagner cette année. »

Mais c’est elle, Isabelle Weidemann, qui représentera son pays ce dimanche à Pékin. Elle n’avait pas pu participer à la cérémonie d’ouverture, puisque sa compétition avait lieu dès le lendemain.

« C’est incroyable, dit-elle. Je suis tellement, tellement fière de pouvoir mener notre équipe. »