(Pékin) La défense de la patineuse russe Kamila Valieva, contrôlée positive à la trimétazidine fin décembre mais autorisée lundi à poursuivre ses JO-2022, a évoqué une possible contamination accidentelle de la jeune prodige, a indiqué Denis Oswald, membre du Comité international olympique (CIO) mardi.

Publié le 15 février
Agence France-Presse

« Je n’ai pas assisté aux auditions (du Tribunal arbitral du sport), mais l’argumentation (de sa défense) était la contamination avec un produit que son grand-père prenait », a indiqué Denis Oswald, en marge du point-presse quotidien du CIO à Pékin.

Valieva, prodige de 15 ans du patinage artistique russe a été testée positive à la trimétazidine, une molécule utilisée pour soigner les angines de poitrine et placée depuis 2014 sur la liste des interdictions de l’Agence mondiale antidopage, car elle favoriserait la circulation sanguine.

L’argument du « produit contaminé », c’est-à-dire de l’ingestion accidentelle d’une substance dopante sans faute de l’athlète, est doublement important : il peut permettre d’obtenir une levée de la suspension provisoire, mais également de ramener la sanction à une simple « réprimande sans suspension » lorsque le dossier sera tranché sur le fond.

« Le produit (identifié) est un peu étrange, surtout pour une fille de cette âge, mais comme je l’ai déjà dit, tant qu’on ne sait pas ce qu’il s’est passé, c’est difficile de donner son opinion », a prudemment ajouté M. Oswald.

Détectabilité

Dès la notification de son contrôle positif le 8 février, Valieva avait été suspendue provisoirement par l’agence russe antidopage (Rusada) avant d’obtenir le lendemain la levée de sa suspension après avoir fait appel.

Après avoir auditionné les différentes parties, dont Valieva, pendant six heures, le Tribunal arbitral du sport (TAS) a décidé, sans se prononcer sur le fond de l’affaire, que la décision de Rusada de lever la suspension était justifiée et que la championne d’Europe 2022 pouvait continuer à participer aux JO-2022 où elle a remporté l’épreuve par équipes.  

Elle sera en lice dans l’épreuve individuelle, dont elle est la grande favorite, à partir de mardi soir.

La thèse de la contamination a déjà été reconnue par les instances sportives lors de contrôles positifs à la trimétazidine.

La Russe Nadezhda Sergeeva, qui participait à l’épreuve de bobsleigh à deux des JO-2018, a ainsi été contrôlée positive durant les Jeux, mais en octobre suivant, le TAS avait annulé sa suspension, car son contrôle positif résultait d’un « produit contaminé ».

En septembre 2018, la nageuse américaine Madisyn Cox a obtenu une réduction de sa suspension de deux ans à six mois après avoir prouvé la contamination accidentelle à la même molécule, via un complément alimentaire.

Si aucune publication scientifique n’a jamais établi les effets dopants de la trimétazidine, une étude polonaise de 2014 attestait de sa très bonne détectabilité, même sur d’infimes traces.