(Pékin) Les Jeux olympiques de Pékin, qui s’ouvrent vendredi, « vont changer pour toujours l’échelle des sports d’hiver » en dynamisant la pratique à l’échelle mondiale, a assuré jeudi Thomas Bach, le président du Comité international olympique.

Publié le 2 février
Agence France-Presse

« La Chine a déjà écrit l’histoire en dépassant l’objectif de familiariser 300 millions de ses citoyens aux sports de neige et de glace », a déclaré le dirigeant en ouvrant la 139e session de l’instance olympique.

Si l’image du site olympique de ski alpin bâti de toutes pièces au milieu de montagnes arides, avec 100 % de neige artificielle, laisse nombre d’observateurs étrangers perplexes, « aujourd’hui nous pouvons le dire : la Chine est un pays de sports d’hiver », a affirmé M. Bach.

Au-delà « des bénéfices sanitaires, sociaux et économiques pour la population chinoise », cet afflux de nouveaux pratiquants « va changer pour toujours l’échelle des sports d’hiver » et ouvrir « une nouvelle ère au niveau mondial », a-t-il poursuivi.

Selon le président du comité d’organisation de Pékin-2022, Qi Cai, les statistiques chinoises dénombraient « 346 millions » de pratiquants occasionnels des sports d’hiver en octobre 2021, passant « de petites poches régionales au pays tout entier ».

L’essor du ski chinois, mesurable aux dizaines de stations sorties de terre ainsi qu’aux pistes urbaines en intérieur, est une aubaine pour les constructeurs étrangers de remontées mécaniques et les spécialistes des dameuses ou des canons à neige.

« Toutes ces entreprises », principalement basées dans les Alpes et en Amérique du Nord, « vont grandement bénéficier de l’essor des sports d’hiver en Chine », a insisté Thomas Bach.

Selon le rapport international 2021 sur le tourisme de montagne de l’expert suisse Laurent Vanat, le nombre de skieurs stagne depuis une vingtaine d’années à 400 millions dans le monde, avec un recul de ses marchés traditionnels.

Thomas Bach a également insisté sur l’héritage environnemental de ces Jeux, avec le développement d’énergies renouvelables pour alimenter les sites, quand bien même l’impact de l’enneigement artificiel sur les ressources en eau suscite nombre d’inquiétudes.

Il n’a en revanche fait aucune allusion aux tensions politiques entourant cette édition depuis plusieurs mois, avec le boycott diplomatique décrété notamment par les États-Unis, l’Australie et le Canada.

Ces Jeux « bénéficient d’un fort soutien de la communauté internationale », a assuré Thomas Bach, rappelant l’adoption à l’unanimité de la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies décrétant la trêve olympique.