L’équipe canadienne de patinage de vitesse courte piste a fait face à plusieurs départs dans ses rangs après les Jeux olympiques de PyeongChang. Danaé Blais était alors assise aux premières loges pour y assister et a vu une porte s’entrouvrir. Celle qui visait les Jeux de 2026 à l’époque a plutôt choisi de se préparer pour ceux de Pékin.

Publié le 25 janvier
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Kasandra Bradette, Valérie Maltais, Jamie Macdonald et Marianne St-Gelais font notamment partie des patineuses ayant quitté l’équipe nationale depuis 2018.

Derrière la triple médaillée olympique Kim Boutin, une relève prometteuse a pris la balle au bond pour faire sa place dans le circuit de la Coupe du monde. Danaé Blais fait partie de ce groupe et elle participera à ses premiers Jeux olympiques cet hiver.

« Je suis vraiment fière et contente, parce que je n’avais jamais eu en tête de me qualifier pour les Jeux de 2022 avant ce cycle olympique », a admis Blais, membre de l’équipe nationale depuis 2016.

« On avait une équipe très expérimentée et ça me semblait inatteignable, il y avait plusieurs filles plus âgées qui performaient mieux que moi ! Plusieurs sont parties à la retraite et d’un coup, je me suis retrouvée parmi les meilleures. C’était rendu mon tour et j’ai réalisé que c’était possible. »

Elle touchait à la qualification du bout des doigts lorsqu’elle s’est blessée cet été, trois fois plutôt qu’une.

Deux semaines avant le début des Championnats canadiens, la future olympienne a chuté à l’entraînement et a subi une commotion cérébrale. Elle a trimé dur pour être des nationaux et a finalement reçu l’approbation des médecins afin de reprendre la compétition.

Dès son retour, elle s’est installée sur la ligne de départ d’une vague de qualifications au 1500 m, sa spécialité. Elle a effectué environ huit tours avant de chuter lourdement sur la glace.

« J’ai fait un dépassement extérieur et au même moment, une autre fille a tenté une manœuvre à l’intérieur, ce qui a provoqué la chute d’une troisième coureuse et moi », a-t-elle expliqué.

Celle qui croyait avoir laissé la réadaptation derrière elle en début de journée s’était coupé la cheville gauche sur la séquence et elle avait de la difficulté à marcher par la suite.

« Ce n’est pas fini ! » a-t-elle prévenu avant de poursuivre son récit.

« En soirée, j’ai perdu pied chez moi et je me suis fait une entorse à l’autre cheville. Ç’a été un bel enchaînement de blessures ! Dès la première journée où j’avais le “Go » officiel des médecins pour la dernière étape du protocole, soit la reprise de la compétition, j’ai eu droit à toute cette affreuse malchance.”

L’athlète de Châteauguay a entrepris une seconde réadaptation pour le début de la saison 2021-2022 en Coupe du monde, mais aussi pour la fin du processus de qualification olympique. Elle tentait constamment de calculer le temps nécessaire afin de revenir au sommet de sa forme.

« J’étais un peu stressée et j’avais toujours ce décompte mental pour chaque étape. Je savais toujours il me restait combien de jours exactement. J’ai tout fait pour revenir vite, j’ai même fait des cataplasmes d’argile ! Au final, tout a bien fonctionné. »

Danaé Blais s’est servie de ce défi comme source de motivation pour guérir le plus rapidement possible. Ayant droit à un laissez-passer pour les Coupes du monde malgré sa blessure, elle a patiné le relais féminin et le relais mixte, mais a fait l’impasse sur les distances individuelles lors du premier arrêt de la campagne, à Pékin, en octobre dernier.

« C’était la bonne décision. Ça faisait juste deux semaines que j’étais de retour temps plein et je n’avais pas le niveau requis pour les 1500 m. »

Deux semaines plus tard, elle se classait septième de cette épreuve à Nagoya, au Japon.

« Le format était différent cette année. Comme aux JO et aux mondiaux, toutes les meilleures étaient là au lieu de choisir deux épreuves. Considérant ça et le fait que je n’étais pas capable de marcher deux semaines plus tôt, je suis vraiment fière de cette Coupe du monde. »

Sans son frère

Jusqu’à tout récemment, Danaé Blais était accompagnée de son frère Cédrik au sein de l’équipe nationale de courte piste. Ce dernier a pris sa retraite en juin 2021 et Danaé a dû poursuivre son chemin sans lui. Elle a eu une pensée pour son aîné en apprenant sa sélection pour les Jeux olympiques de Pékin.

« Ça m’a fait un peu de peine de réaliser que j’allais vivre ça sans lui. C’était notre rêve depuis qu’on était petits, de les faire ensemble ! »

Comme certains coéquipiers au cours des années précédentes, Cédrik Blais a préféré s’éloigner du milieu compétitif du courte piste.

« Le sport de haut niveau est un milieu exigeant qui peut prendre le dessus sur ta passion. Si t’oublies ton amour pour le sport, c’est difficile d’y rester et ça ne lui plaisait plus », a rappelé Danaé.

En l’absence de Cédrik — « le clown de l’équipe » — les premiers entraînements se sont avérés difficiles pour elle et un vide s’est forgé à l’aréna.

La situation a pesé sur la patineuse de 22 ans lors des premiers jours. Elle affirme avoir ressenti un « pincement au cœur » quand son frère a choisi d’accrocher ses patins, même si elle comprenait sa décision et souhaite ce qu’il y a de mieux pour lui.

« Quand il me l’a annoncé, j’ai essayé de rester forte, mais dès qu’on s’est dit au revoir et qu’il a eu le dos tourné, je me suis mise à pleurer. Ça me faisait vraiment de la peine. J’ai eu peur aussi ! Le patin nous a tellement rapprochés. J’ai eu peur de perdre cette relation-là. »

Des craintes qui se sont finalement révélées non-fondées.

« Je suis tellement proche de mon frère et c’est un modèle pour moi. Peu importe comment il se sent face aux Jeux, il est là pour moi et me soutient. Je trouve ça beau ! » a-t-elle conclu, en beauté.