Visiblement, le plus gros défi des athlètes et des délégations médiatiques qui prendront part aux Jeux olympiques de Pékin… sera d’entrer en Chine.

Mis à jour le 19 janvier
Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio La Presse

Un reportage du journaliste de Radio-Canada Martin Leclerc, publié mardi soir, mettait en lumière les déboires de deux membres de l’équipe de la société d’État avec les tests de dépistage de la COVID-19 effectués par la Chine lors de leur arrivée au pays.

Si vous avez été infecté par la COVID-19 dans les dernières semaines, le pays exige cinq tests négatifs avant même de prendre l’avion. À l’arrivée, ceux-ci n’ont plus aucune valeur. La Chine effectue ses propres tests. Après un résultat positif à l’arrivée, la Santé publique chinoise exige deux dépistages négatifs consécutifs avant de pouvoir vaquer librement à ses occupations.

Sauf que les tests de la Chine sont à des niveaux extrêmes de sensibilité, ce qui cause une valse de détection négative, puis positive, puis négative et positive à nouveau. Selon le PDG d’une entreprise spécialisée dans les tests et les analyses de laboratoire cité par Martin Leclerc, « si la sensibilité d’un test est grimpée dans le tapis, le test devient très susceptible de produire de faux positifs ».

« Ça devient en quelque sorte une loterie. On vous déclarera positif même si on capte des débris de virus qui sont morts », explique-t-il.

Si cette situation est angoissante pour les membres des médias, imaginez le niveau de stress des athlètes. Et particulièrement ceux qui ont contracté la COVID-19 dans les dernières semaines. Martin Leclerc recense la quasi-totalité des équipes canadiennes de bobsleigh et de courte piste, ainsi que plusieurs membres de l’équipe féminine de hockey. Avec des normes aussi sévères de détection et de quarantaine liées à la COVID-19, la présence aux Jeux de certains de ces athlètes est en danger.

Après un résultat positif à votre arrivée, vous êtes en isolement en attendant de produire deux tests négatifs. Après deux positifs, on vous met en quarantaine pendant 14 jours. Et pas exactement dans un loft cinq étoiles : les deux membres de l’équipe de Radio-Canada ont été transportés dans un ancien hôtel lugubre transformé en centre d’isolement. Après des pressions du Comité international olympique (CIO), cet endroit a été fermé, et les quarantaines de 14 jours seront faites ailleurs.

Interrogé à propos de cette situation chaotique, le premier ministre Justin Trudeau a indiqué en conférence de presse mercredi que des « suivis » seront faits en lien avec ces inquiétudes.

« On veut que nos athlètes canadiens soient protégés de l’importation ou d’exposition au virus d’autres athlètes, donc c’est bon qu’il y ait des mesures en place, a-t-il déclaré. S’il y a des préoccupations spécifiques par rapport aux tests, on va faire des suivis. »

« Nous allons toujours être là pour appuyer nos athlètes, a-t-il poursuivi. […] Nous allons continuer de veiller à ce qu’ils puissent avoir toutes les opportunités de réussir. »

Le Comité olympique canadien (COC) a quant à lui mis en place un « panel multinational d’experts médicaux » qui examinera les cas positifs douteux « sous une loupe scientifique ».

« Il est important de noter que bien que les tests fréquents à Pékin soient conçus pour identifier les infections tôt et prévenir la transmission, ils n’ont pas pour objectif d’exclure injustement ceux qui obtiennent de faux résultats positifs ou qui se sont remis de la COVID, tout en continuant à excréter le virus », explique le COC, dans un communiqué transmis à La Presse.

« La sécurité d’Équipe Canada, notamment celle des athlètes, des entraîneurs et du personnel de soutien, est toujours une priorité, peu importe où les Jeux sont disputés », souligne le COC.

« Nous travaillons de près avec le CIO et la Commission d’organisation des Jeux olympiques de Beijing (COJOB) pour nous assurer que les membres d’Équipe Canada qui se sont remis de la COVID soient en mesure de concourir tout en respectant les règles chinoises de santé publique. »