(Pékin) Coup de froid sur les Jeux olympiques d’hiver de Pékin : le comité d’organisation a annoncé lundi annuler la vente de billets au grand public en raison d’une situation épidémique « compliquée », à moins de trois semaines du début des épreuves.

Publié le 17 janvier
Ludovic EHRET Agence France-Presse

Il était jusqu’ici prévu que les personnes résidant en Chine puissent acheter des billets et assister aux Jeux (4-20 février). Les spectateurs venant de l’étranger n’avaient déjà aucun moyen d’assister aux compétitions.

« Étant donné que la situation en matière épidémique est encore ardue et compliquée » dans le pays, où plusieurs villes sont aux prises avec des foyers de COVID-19 ces dernières semaines, le comité d’organisation a annulé la vente de billets.

« Afin de protéger la santé et la sécurité du personnel et des spectateurs […], il a été décidé d’ajuster le plan initial (et à la place) d’organiser la venue de spectateurs sur les sites (de compétition) », a-t-il indiqué dans un communiqué.

Le comité d’organisation n’a pas précisé comment ces personnes seront sélectionnées ni si elles devront effectuer une quarantaine avant de se rendre dans les stades et au bord des pistes de ski.

Selon certaines sources, des invitations pourraient notamment être données à des fonctionnaires ou des employés d’entreprises publiques.

Le nombre de nouveaux cas de COVID-19 en Chine a atteint lundi son plus haut niveau depuis mars 2020 et les autorités sont particulièrement sur le qui-vive à l’approche des Jeux.

Un total certes très limité de 223 nouveaux cas ont été signalés dans le pays, dont certains du variant Omicron, très contagieux. Plusieurs régions du pays sont confrontées ces dernières semaines à des rebonds épidémiques.

Lettres contaminées ?

La province du Guangdong, qui compte Canton pour chef-lieu, a pour sa part enregistré neuf nouveaux cas locaux de COVID-19, dont certains du variant Omicron.

Dans cette province, la ville de Zhuhai, à la frontière avec Macao, a demandé à ses habitants d’éviter les déplacements dans d’autres localités et a commencé lundi à tester toute la population.  Les écoles ont été fermées.

Soixante-huit autres cas de COVID-19 ont également été signalés dans la province du Henan, limitrophe du Hebei où auront lieu certaines compétitions.

Des mesures de confinement partiel et un dépistage massif ont été mis en place pour plusieurs millions de résidents.

À moins de trois semaines des Jeux olympiques d’hiver de Pékin, les autorités sont mobilisées. D’autant plus que la capitale chinoise a signalé ce weekend un premier cas du variant Omicron.

Une responsable de la santé de Pékin, Pang Xinghuo, a indiqué lundi à la presse que le virus avait été trouvé sur une lettre reçue du Canada par la personne contaminée.

Selon les autorités, des dizaines de lettres du même lot ont été testées et cinq présentaient des traces de coronavirus.

« Boucle fermée »

La souche était différente des cas d’Omicron en Chine, et similaire aux souches identifiées en Amérique du Nord le mois dernier, a précisé Mme Pang. « La possibilité d’une infection par le biais d’objets entrants ne peut être exclue », a estimé la responsable.  

Depuis la découverte en 2020 de traces de virus sur une planche à découper du saumon d’importation dans un marché de Pékin, la Chine est particulièrement tatillonne avec les produits en provenance de l’étranger.  

L’hypothèse d’aliments surgelés à l’origine de l’épidémie de COVID-19 en Chine avait cependant été battue en brèche par l’OMS.

À la suite de la découverte du nouveau cas à Pékin, plus de 13 000 personnes ont été dépistées dans la capitale, tandis que certains sites touristiques ont été fermés.

La ville exige désormais un test négatif avant le voyage et un test de suivi après l’arrivée.  

La capitale chinoise a lancé dès la semaine dernière son concept de « boucle fermée ».

Cette bulle sanitaire doit empêcher tout contact direct entre ses futurs habitants (athlètes, officiels, bénévoles, chauffeurs, cuisiniers) et la population chinoise.