(Ottawa) Les athlètes canadiens aux Jeux olympiques d’hiver de Pékin, en février, sont invités à prendre des précautions supplémentaires contre la cybersurveillance chinoise, y compris contre le risque que des appareils électroniques soient infectés par des logiciels espions.

Mis à jour le 13 janvier
Marie Woolf La Presse Canadienne

La ministre fédérale des Sports, Pascale St-Onge, a indiqué jeudi que le gouvernement « travaillait en étroite collaboration » avec les comités olympique et paralympique, qui informent et préparent les athlètes sur la sécurité en Chine, y compris la menace de piratage.

La ministre a déclaré que les comités olympique et paralympique canadiens avaient mis en place un plan « solide » pour protéger les athlètes, notamment contre l’espionnage par les Chinois.

« Les athlètes reçoivent des informations sur la sécurité […] notamment la cybersécurité », a-t-elle déclaré dans une entrevue avec La Presse Canadienne.

Mme St-Onge a indiqué que pour des raisons de sécurité, la planification opérationnelle pour protéger les athlètes ne pouvait pas être divulguée.

Le Comité international olympique donne des téléphones et des cartes SIM à tous les athlètes pour leur séjour aux Jeux.

La ministre a aussi ajouté que le gouvernement canadien s’assurait que les athlètes disposent de services consulaires en Chine s’ils avaient besoin d’aide. Elle assure que « tous les autres aspects de la sécurité, qu’il s’agisse d’espionnage ou autres » sont couverts par la formation et les séances d’information des comités olympique et paralympique.

« Nous sommes là pour offrir tout le soutien et les renseignements dont nous disposons, a-t-elle déclaré. Nous avons travaillé en étroite collaboration et je peux vous dire que le plan est solide. »

Nicole Watts, responsable des relations publiques au Comité paralympique canadien, a déclaré que la cybersécurité faisait partie de sa planification pour les Jeux. Le Comité olympique canadien n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires sur la sécurité.

La COVID-19

Mme St-Onge assure aussi que des précautions strictes étaient en place pour protéger les athlètes, les entraîneurs et le personnel de soutien contre la COVID-19 pendant leur séjour en Chine — les athlètes seront littéralement isolés dans une bulle.

La ministre rappelle que les yeux du monde seront tournés vers la Chine pendant ces Jeux olympiques et paralympiques, qui débuteront dans trois semaines, le 4 février. Comme tous les hôtes olympiques, les Chinois seront responsables de s’assurer que les athlètes sont en sécurité, a-t-elle souligné.

La ministre des Sports estime par ailleurs que le Canada a pris la bonne décision de se joindre à d’autres pays, dont les États-Unis, dans un « boycottage diplomatique » des Jeux, lié aux violations des droits de la personne en Chine. Les « dignitaires » canadiens n’assisteront pas aux Jeux, mais les athlètes participeront aux compétitions pour lesquelles ils s’entraînent depuis des années.

« Nous avons pris la bonne décision. D’autres pays ont adopté la même stratégie. La question des droits de la personne est un problème permanent, c’est certain, et elle ne sera pas résolue uniquement (avec ce boycottage) ou avec la tenue ou non des Jeux olympiques », a-t-elle déclaré.

Garder les Canadiens en forme

Mme St-Onge, qui a prêté serment en tant que ministre des Sports en octobre, a déclaré que la sécurité des athlètes et des personnes participant aux sports en général était une priorité pour elle.

« Nous devons prévenir et lutter contre les abus, les mauvais traitements et le harcèlement dans le sport, qui mobilisent tant de jeunes Canadiens. Ce sera l’objectif de ma première année à ce poste », a-t-elle promis.

Elle a aussi admis qu’un de ses défis majeurs est de trouver des moyens de garder les enfants et les adultes actifs pendant cette pandémie, avec toutes les restrictions sur les contacts et le nombre de personnes qui peuvent participer à des activités sportives.

La ministre se prépare à annoncer une injection de 80 millions dans le sport communautaire pour « aider les jeunes à redevenir actifs » et s’assurer que les clubs locaux puissent continuer leurs activités – plusieurs ont été contraints de fermer leurs portes à cause de la COVID-19.