Déjà qualifié pour les JO de Pékin, Maxence Parrot pense déjà à une nouvelle manœuvre… et à la médaille d’or.

Simon Drouin
Simon Drouin La Presse

Ce n’est pas un hasard si Maxence Parrot n’était pas à la première Coupe du monde en Suisse cette fin de semaine, contrairement à ses coéquipiers de renom Sébastien Toutant et Mark McMorris.

Le planchiste de Bromont sait depuis la fin de la dernière saison qu’il est déjà qualifié pour les Jeux olympiques de Pékin, l’hiver prochain.

Dans les circonstances, nul besoin de courir après des points au classement ou de s’exposer à des blessures en plein mois d’octobre.

Surtout, cette nomination hâtive, annoncée seulement lundi par Snowboard Canada, lui a permis de programmer son entraînement comme il le souhaite et de sélectionner les trois ou quatre compétitions qui le prépareront le mieux pour les JO, où il ne visera rien de moins qu’une première médaille d’or.

« J’ai déjà une médaille olympique, a rappelé au téléphone le deuxième du grand saut à PyeongChang en 2018. En avoir une deuxième d’argent, ce n’est pas nécessairement quelque chose qui m’intéresse. C’est sûr que je vais être super content si j’en ramène une autre, mais mon but, c’est de me donner à fond et d’y aller pour l’or. »

À ses premiers JO, Parrot avait su deux semaines avant la cérémonie d’ouverture qu’il s’envolerait pour Sotchi. En revenant du Caucase russe, il avait fait une priorité de se qualifier à l’avance pour ceux de PyeongChang quatre ans plus tard. Lui et Mark McMorris, double médaillé de bronze olympique, sont les deux seuls Canadiens à y être parvenus.

Cette fois, Parrot est l’unique Canadien qui profite de ce privilège en vertu de sa première place dans la liste des points de World Snowboarding (WSPL) à l’épreuve du grand saut.

Tu ressens un peu moins de pression sur les épaules. C’est un feeling quand même le fun.

Maxence Parrot

Ce classement tient compte des trois meilleurs résultats à des compétitions prédéterminées depuis deux ans.

Le Québécois s’est signalé avec des victoires à l’épreuve-test de Pékin, en décembre 2019, et à la Coupe du monde de Kreischberg, à la reprise des activités post-COVID-19 en janvier, et sa médaille d’argent aux Championnats du monde d’Aspen, en mars.

Le jeune Québécois Nicolas Laframboise occupe le cinquième échelon de la WSPL, mais il se remet d’une blessure à un genou. Toutant est pour sa part sixième en descente acrobatique.

Même s’il a reçu la confirmation de sa nomination hâtive l’été dernier – elle demeure conditionnelle à son maintien parmi les 30 premiers, une formalité –, Parrot a demandé à ce qu’elle ne soit dévoilée qu’après la première Coupe du monde de la saison.

« Ça aurait été un peu bizarre d’annoncer ça pendant les Jeux d’été. Je voulais laisser les projecteurs sur les athlètes d’été. Les Olympiques d’hiver arrivent, c’est le bon moment d’en parler. »

Plutôt que de s’aligner à sept ou huit épreuves, l’athlète de 27 ans pourra se concentrer sur trois ou quatre dont le format sera calqué sur celui des JO, soit trois descentes en qualifications et trois en finale, avec deux des trois comptant au pointage.

« Ça va me permettre d’avoir le plus de temps pour m’entraîner et me préparer. Ce n’est pas à quatre ou cinq compétitions que tu apprends de nouvelles choses ou que tu peaufines des trucs. D’avoir réussi à me qualifier, je vois vraiment ça comme un avantage en vue des Olympiques. »

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Max Parrot sera de retour à la compétition dans quelques semaines, lui qui sera de l'étape de la Coupe du monde de grand saut, à Steamboat, au début du mois de décembre.

Retour sur la neige

Après un été dans le gymnase, sur la trampoline et sur le coussin d’air au centre Maximise de Sainte-Agathe, Parrot a retouché à la neige il y a deux semaines lors d’un stage en Suisse. Il sera au Yukon le mois prochain avec le reste de l’équipe canadienne.

Sa première compétition sera une Coupe du monde de grand saut à Steamboat (2-4 décembre), dans le Colorado. Deux semaines plus tard, il s’alignera à la descente acrobatique du Dew Tour à Copper Mountain, dans le même État. Sa préparation finale pour les JO se déroulera aux X Games d’Aspen (21-23 janvier), où il tentera de bonifier son total de 13 médailles.

Si, pour une raison ou pour l’autre, ça ne passe pas bien aux deux premières compétitions, ça me donnera trois semaines pour m’ajuster.

Maxence Parrot

Parrot a suivi avec intérêt les résultats de l’épreuve de grand saut à la Coupe du monde de Chur, samedi. Il n’a pas regretté son absence, surtout si tôt en saison.

« Honnêtement, je suis content de ne pas y avoir été. Le saut est vraiment différent de celui des Olympiques. Beaucoup de riders ont eu de la misère. Le niveau des trucs n’était vraiment pas à la hauteur habituelle. Ça a dû être challengeant là-bas. »

McMorris s’est classé cinquième. Toutant, champion olympique de la discipline, est tombé à son premier saut en qualifications et a fait l’impasse sur le suivant. « Il a publié une photo de son casque cassé sur Instagram. D’après moi, il a eu une grosse chute. »

Perpétuel innovateur, Parrot a profité du temps économisé pour parfaire une nouvelle manœuvre qu’il aimerait intégrer à son arsenal d’ici les Jeux de Pékin, qui s’ouvriront le 4 février.

« Mon but est de continuer de repousser les limites de mon sport pour rester au sommet. J’ai appris de nouvelles choses cet été et je vais essayer de voir si elles marchent sur la neige prochainement. Si oui, je vais les faire en quantité industrielle pour que ça vienne le plus naturellement possible et que je me sente à l’aise de les faire cet hiver en compétition. »