(Saitama) Une finale olympique est à portée de main pour les basketteurs français, qui devront être très forts défensivement pour annihiler la puissance de feu slovène, en s’inspirant du capitaine Nicolas Batum, redevenu « Batman » aux Jeux de Tokyo, face au « Super Saiyan » Luka Doncic.

Nicolas PRATVIEL Agence France-Presse

Le choc est prévu jeudi à 20 h locales (7 h, heure de l'Est) à la Super Arena de Saitama. Plus tôt dans la journée, les favoris Américains, en quête d’un quatrième sacre consécutif, en auront décousu face à l’Australie. Les Bleus sauront donc déjà qui se dressera face à eux samedi. S’ils l’emportent.

Or si la Slovénie est novice à ce stade, pour ses premiers Jeux, elle apparaît comme un adversaire redoutable, avec le prodige Doncic. Le joueur qui génère le plus de superlatifs depuis le début de la compétition, qualifié de « meilleur au monde » par l’entraîneur de l’Argentine Sergio Hernandez, aussi sonné qu’admiratif après ses 48 points plantés contre l’Albiceleste la semaine passée, et d’« exceptionnel » par Vincent Collet.

Rage de vaincre

Vedette estampillée NBA où il enchaîne actions magiques et exploits en tout genre depuis deux saisons avec les Mavericks de Dallas, héros national en Slovénie, le meneur de jeu de 22 ans à peine est passé dans une autre dimension aux Jeux, où tout le village olympique court après lui pour la photo.

Celle d’un « Super Saiyan », si on devait faire l’analogie avec la culture japonaise, issu du manga « Dragon Ball Z » -qui a depuis longtemps passé les frontières nipponnes dans lequel certains personnages se transforment en « super guerriers » par trop plein de puissance et accès de colère.  

Comme la firme Nike, qui la première a créé en 2018 un modèle de sneakers « Super Saiyan x Luka Doncic », la Fédération internationale de basket (Fiba) ne manque pas depuis le début des JO de surfer sur cette image sur les réseaux sociaux. Avec ses cheveux blonds, ses yeux bleus et son gabarit imposant (2,01 m, 104 kg) - caractéristique de ces personnages - le Slovène a de quoi impressionner (28,3 pts, 10,7 rbds, 7 passes de moyenne), mû par une évidente rage de vaincre.

Il va falloir aux Français lui opposer une résistance de tous les instants. Exactement ce qu’a fait Nicolas Batum mardi pour décourager les velléités de coriaces Italiens en quart, finalement écartés (84-75).

« On ne pouvait pas perdre. À cause de la façon dont on a perdu les deux quarts des dernières éditions (contre l’Espagne en 2012 et 2016), et de la manière dont j’avais joué (aucun point ni rebond à Rio), il fallait que je fasse quelque chose de différent », a expliqué l’ailier, redevenu à point nommé « Batman », le vengeur masqué qu’on avait perdu de vue depuis quelques années.

« Monstrueux »

Cette renaissance à 32 ans résulte d’une excellente saison aux Clippers, finie aux portes de la finale NBA, après deux ans à se morfondre sur le banc des Charlotte Hornets. Si son rôle de « glue guy » (joueur polyvalent qui crée du liant) dans l’ombre des vedettes Kawhi Leonard et Paul George à Los Angeles, lui va à merveille, il sait qu’il lui incombe plus en équipe de France.  

D’où sa débauche d’énergie face aux Italiens, traduite par une feuille statistique édifiante (15 pts, 14 rbds, record en Bleu, 3 passes, 3 interceptions, 2 contres), peut-être la plus belle en 153 sélections…

« Monstrueux » pour Evan Fournier, Batum a livré « un match grandiose » pour Collet. « Il a été au four et au moulin, exceptionnel d’abnégation », a ajouté le coach, qui espère voir toute l’équipe se démultiplier de la sorte face aux tireurs slovènes, Zoran Dragic, Jaka Blazic, Vlatko Cancar…  

« Il faudra trouver le juste équilibre : contrôler Doncic, ne pas le laisser marquer 50 points, mais sans tout y sacrifier », a-t-il résumé.

Tapis dans l’ombre jusque-là à Tokyo, Rudy Gobert s’est lui aussi transmuté contre l’Italie (22 pts, à 10/13, 9 rbds). Tant mieux, « Gobzilla » ne sera pas de trop non plus face à Luka & co.