(Tokyo) La sprinteuse biélorusse Krystsina Tsimanouskaya a mené — et perdu — un combat juridique pour courir le 200 mètres aux Olympiques, alors qu’elle cherchait également un visa humanitaire pour quitter les Jeux de Tokyo en toute sécurité.

Graham Dunbar La Presse Canadienne

Le Tribunal arbitral du sport a décrit mardi les mesures juridiques prises par Tsimanouskaya dans les heures qui ont suivi sa demande de protection au Japon lors d’une impasse à l’aéroport, dimanche, pour éviter de retourner en Biélorussie, où elle pense que sa vie serait en danger.

Le tribunal a déclaré dans un communiqué avoir rejeté la demande de Tsimanouskaya d’obtenir une décision provisoire qui lui aurait permis de courir au Stade olympique, lundi. Les éliminatoires ont eu lieu le matin et les demi-finales se sont déroulées le soir.

Tsimanouskaya « n’a pas été en mesure de fournir une preuve pour obtenir une mesure provisoire », a affirmé le tribunal dans le communiqué, sans donner de détails.

Le Comité international olympique a mentionné mardi que le rôle de l’équipe olympique biélorusse dans le déclenchement de cet incident diplomatique faisait l’objet d’une enquête officielle. L’enquête du CIO devrait inclure des responsables biélorusses, qui ont dépêché Tsimanouskaya à l’aéroport et l’ont retirée du 200 mètres.

La décision du tribunal de refuser à la coureuse de 24 ans une décision provisoire urgente l’autorisant à prendre part à la compétition a été prise par le chef du tribunal des Jeux de Tokyo.

Le juge est l’avocat américain Michael Lenard, vice-président du conseil d’administration du Tribunal arbitral du sport, qui a représenté les États-Unis en handball aux Jeux de Los Angeles, en 1984.

Tsimanouskaya a demandé et obtenu la protection des autorités japonaises à l’aéroport de Haneda à Tokyo, dimanche, pour éviter de retourner en Biélorussie. Elle s’est ensuite rendue à l’ambassade de Pologne à Tokyo, lundi, et a obtenu un visa pour entrer dans ce pays. La Pologne est membre de l’Union européenne, tandis que la Biélorussie ne l’est pas.

PHOTO YUKI IWAMURA, AGENCE FRANCE-PRESSE

Un policier et des membres des médias se trouvent devant l'ambassade de Pologne où s'est réfugiée Krystsina Tsimanouskaya.

Tsimanouskaya a été vilipendé dans le pays autocratique pour avoir fait l’utilisation des médias sociaux pour critiquer les responsables biélorusses d’athlétisme à Tokyo. Elle a dit qu’ils l’avaient inscrite sans son consentement dans l’équipe de relais 4x400 mètres, une distance qu’elle ne court pas.

Tsimanouskaya a participé aux éliminatoires du 100 mètres, vendredi. Elle s’est classée quatrième de sa vague et elle n’est pas passée au tour suivant.

L’avenir de la sprinteuse olympique pourrait maintenant être en Pologne. Le CIO a indiqué avoir contacté les responsables de l’équipe de Pologne, au sujet de la reprise de la carrière de Tsimanouskaya, et de la Biélorussie, au sujet de son enquête.

« Nous avons demandé un rapport au (Comité national olympique biélorusse), a fait savoir le porte-parole du CIO, Mark Adams. Nous le voulons aujourd’hui. Nous devons entendre toutes les personnes impliquées. Évidemment, ça peut prendre du temps. »