(Tokyo) Mardi, la Québécoise Catherine Beauchemin-Pinard foulera le tatami du Nippon Budokan pour tenter de grimper sur le podium des moins de 63 kg du tournoi olympique de judo. Elle a bien voulu nous faire vivre ses 24 dernières heures avant la compétition.

Frédéric Daigle La Presse Canadienne

Un peu comme les boxeuses, les dernières 24 heures d’une judoka sont consacrées à la perte de poids et à la récupération. La pesée a eu lieu à 20 h, lundi. Sa journée y est pour ainsi dire consacrée.

« Je suis dans ma coupe de poids finale, a-t-elle raconté à La Presse Canadienne. C’est la veille de la compétition que je perds mon dernier kilo en déshydratation.

« Je déjeunerai très légèrement et grignoterai un peu dans la journée (de lundi). Mon déjeuner peut varier. Aux JO, il y a pas mal de tout, mais dans certains pays où nous allons, la nourriture n’est pas toujours fameuse. Généralement, j’apporte mon beurre d’arachides et je me fais deux toasts. De cette façon, je suis toujours certaine d’avoir quelque chose à mon goût. S’il n’y a pas de pain, je vais me poser des questions ! Je mange souvent cela, car c’est léger en poids et ça me soutient.

« L’alimentation (ou le manque d’alimentation) dans cette dernière journée n’est pas tellement difficile, car lorsque tu es déshydratée, tu n’as pas tellement faim. Je mange tout de même des barres tendres : ça aussi, c’est léger. »

Les athlètes passent sur le pèse-personne en ordre alphabétique des pays : les Canadiens terminent donc tôt cette étape de leur journée et peuvent enfin penser à prendre un bon souper en vue du lendemain.

« J’aime bien varier, note la judoka de 27 ans. Je sais qu’à la veille de la compétition, j’ai besoin de beaucoup de féculents et d’un peu de protéines. Ce ne sont pas les légumes qui comptent le plus ! Mais parfois, parce que j’ai passé la journée déshydratée, j’ai aussi le goût de quelque chose de frais : des tomates, de la mozzarella, des trucs comme ça.

« Mon repas dépendra de ce qu’il y a au buffet. Quand on voyage, on n’a pas toujours le luxe de choisir. Il y habituellement toujours quelque chose qui fait notre affaire. S’il y a des pâtes et une protéine, je serai capable de m’en sortir avec ça. »

Beauchemin-Pinard et son entraîneur, Sasha Mehmedovic, tiendront également une séance d’entraînement pendant cette dernière journée.

« Pour aider à la perte de poids, on va faire environ 1 hou 1 h 30 de judo. Ce n’est pas de l’entraînement comme on fait habituellement, explique Beauchemin-Pinard, surtout des prises et des combats au sol pour éviter les blessures. C’est surtout axé sur la sudation ! Je mets ensuite un ‘sauna suit’(NDLR : une combinaison faite d’un matériau favorisant la sudation) et je vais suer un petit kilo ! Après cela, on passe la journée dans notre chambre à attendre la pesée patiemment. »

Une séance vidéo aura aussi lieu en journée.

« Je ne vais pas trop loin devant par contre. Je regarde des combats de ma première adversaire et de la possible deuxième. Faire trop de vidéo, c’est comme pas assez. Et j’ai quand même un premier combat à gagner avant de penser aux deux autres. »

Beauchemin-Pinard est une couche tôt la veille des compétitions, habituellement vers 22 ou 23 h. Elle se lèvera tôt et son alimentation sera réglée au quart de tour.

« Le matin, ce sera une toast, des œufs, du fromage et un peu de yogourt grec avec du granola et des bananes. C’est plutôt consistant. Dernièrement, j’ai tenté de manger plus souvent durant la journée, car je trouvais que je manquais d’énergie. Je me suis assise avec ma nutritionniste et on s’est fait un plan de match. Ce que je mange une heure avant mon combat, après, question d’avoir suffisamment d’énergie pour le combat suivant. Ce sera beaucoup de barres aux figues, des gels, de la poudre protéinée.

« Comme je ne mangerai pas de repas avant la pause qui suit les combats préliminaires, je trouvais que je manquais d’énergie. Cette pause a lieu vers 14 ou 15 het j’aurai mangé vers 8 h : c’est long. J’ai donc ajouté plus de protéines dernièrement et je trouve que ça fait une différence. »

Si elle accède à la phase finale, Beauchemin-Pinard ne prendra pas de chance pour son lunch.

« Pendant la pause, je mange toujours un sandwich que je me serai préparé le matin. Je sais que je vais bien le digérer avant les finales. Il y a toujours un buffet, mais tu ne sais jamais sur quoi tu vas tomber. Parfois, ça peut être du riz et du poulet frit et je digère ça moins bien ! »

L’athlète de Saint-Hubert, sur la rive sud de Montréal, occupe la septième place au classement mondial et sera la quatrième tête de série des Jeux de Tokyo. À ses premiers JO, à Rio de Janeiro, en 2016, son parcours s’était terminé après son premier combat seulement, une défaite par pénalité pour manque d’agressivité face à l’Hongroise Hedvig Karakas.