(Tokyo) Le gymnaste René Cournoyer a goûté à l’immense plaisir pour un athlète d’offrir une performance sur la scène olympique. Mais il a également constaté que la pression qui l’accompagne ne permet pas toujours d’être au zénith.

Marc Delbès La Presse Canadienne

Le Repentignois a pris part aux tours de qualification de sa discipline, samedi, au Centre de gymnastique Ariake, et une série de « petites erreurs » l’ont empêché d’accéder à la finale du concours multiple chez les hommes.

« C’est sûr que ç’a été une compétition difficile, a reconnu d’emblée l’athlète de 24 ans. Je n’ai pas offert la performance que j’anticipais, mais j’ai tout de même vécu une super belle expérience. »

De son propre aveu, la pression accumulée des dernières semaines lui a finalement joué un vilain tour.

Je m’étais mis énormément de pression. Je voulais tellement bien faire. J’étais le seul représentant canadien, je voulais que tout le monde soit fier de moi. J’ai reçu des messages non-stop depuis des semaines de gens qui me souhaitaient de bien faire, qui me disaient qu’ils allaient me regarder à la télévision même si c’était en pleine nuit. Finalement, ma performance s’en est ressentie.

René Cournoyer

Les athlètes ont beau se répéter que les Jeux olympiques ne sont pas différents des autres compétitions, que la routine est la même, la réalité est bien différente quand on s’y présente pour la première fois, comme c’est le cas pour Cournoyer.

« J’étais beaucoup trop rigide, je n’ai pas fait preuve de la flexibilité, de la fluidité que j’ai normalement. J’ai commis des erreurs complètement inhabituelles qui m’ont coûté énormément de points. Des petites erreurs à chaque appareil, ça fait mal au final. »

Cournoyer a accumulé 77 697 points pour les six appareils, ce qui est bien en deçà de ce qu’il a l’habitude d’obtenir.

PHOTO DYLAN MARTINEZ, REUTERS

René Cournoyer

Un grand pas en avant

Outre la pression, son entraîneur estime que le manque de compétitions des 16 derniers mois a également joué un rôle.

« La préparation finale a été ardue en l’absence de compétition, a noté Jean-Sébastien Tougas. René est un excellent gymnaste qui se met énormément de pression sur les épaules parce qu’il connaît son niveau. Il veut offrir des performances à la hauteur de ses capacités. »

Chaque expérience, si on sait bien l’utiliser, on la met dans notre poche et on devient plus fort, et on est ensuite meilleur. Celle-ci devrait l’aider à faire un grand pas en avant.

Jean-Sébastien Tougas, entraîneur de René Cournoyer

Malgré cette expérience qui a tourné court, l’étudiant en sciences de la nature à l’Université de Montréal n’avait pas perdu le sourire une vingtaine de minutes après la fin de la compétition et il avait déjà le regard tourné vers la suite.

« Je garde le positif de cette expérience et je me prépare maintenant pour les Championnats du monde qui arrivent très rapidement – à l’automne 2022. »

Pour Tougas, l’objectif est désormais d’essayer de qualifier une équipe pour les prochains Jeux olympiques, dans le but d’éviter que toute la pression repose encore sur les épaules d’un seul athlète, comme cela a été le cas à Tokyo.