(Tokyo) Les JO de Tokyo devaient être ceux « de la reconstruction » dans les zones du Japon dévastées par la catastrophe de 2011, mais avec le huis clos imposé face à la pandémie, leurs habitants craignent que ces efforts n’aient été « vains ».

Publié le 13 juill. 2021
Andrew MCKIRDY Agence France-Presse

Épreuve inaugurale des JO, la compétition de softball aura lieu en partie à Fukushima, département du nord-est de l’archipel meurtri par le triple désastre du 11 mars 2011 (séisme, tsunami et accident nucléaire), qui accueillera aussi un match du tournoi olympique de baseball.

Les organisateurs des JO avaient annoncé jeudi dernier un huis clos sur les compétitions disputées dans le Grand Tokyo, qui ne devait pas concerner les autres départements.

Mais les espoirs des habitants de Fukushima ont été douchés samedi quand le gouverneur du département a finalement annoncé un huis clos là aussi, invoquant le nombre croissant d’infections à la COVID-19 et la pression sur le système hospitalier.

Maintenant, « il n’y a plus de moyen pour nous de faire comprendre aux gens ce qui se passe » sur place, s’est désolé William McMichael, un Canadien enseignant à l’Université de Fukushima investit depuis des années dans la promotion de l’image ternie du département.

« C’était tout le but, maintenant tout cela aura été vain », a-t-il déclaré à l’AFP.

Incompréhension

L’incompréhension est d’autant plus grande que des évènements sportifs (hors JO) sont actuellement autorisés au Japon avec des spectateurs dans une jauge limitée.

« Ça va mal à cause du virus, mais on aurait au moins pu permettre aux enfants d’aller regarder des joueurs de baseball de classe mondiale », pense Yumiko Nishimoto, à l’origine d’un projet de plantation de 20 000 cerisiers à Fukushima.

« J’aurais aimé qu’ils essaient de trouver une raison de le faire, plutôt qu’une raison de ne pas le faire », ajoute-t-elle.

Dans le département voisin de Miyagi, également meurtri par la catastrophe de 2011 et qui devait accueillir 5000 spectateurs pour des matchs de football durant les JO, le maire de la capitale Sendai aurait demandé une décision similaire à celle de Fukushima, selon les médias locaux.

Les organisateurs des JO ont inauguré mardi devant le Stade olympique national à Tokyo trois monuments « de la reconstruction », composés en partie d’aluminium recyclé venant des hébergements temporaires érigés après la catastrophe de 2011.

Les sportifs olympiques passeront devant en allant concourir, et pourront y lire les messages de soutien que leur ont adressé des écoliers des zones dévastées.

Mais beaucoup redoutent que le message de reconstruction ait été perdu alors que les Jeux devenaient ceux de la pandémie.

« Je pense que les mots “Jeux de la reconstruction” ont été oubliés », a ainsi regretté Hanae Nojiri, une journaliste pour une télévision locale de Fukushima.