Nombre de nageurs québécois aux Championnats du monde de 2019 : 0.

Simon Drouin
Simon Drouin La Presse

Nombre de nageurs québécois aux Championnats du monde juniors de 2019 : 0.

Si la tendance se maintient, la représentation québécoise en piscine aux Jeux olympiques de Tokyo sera minimale. Katerine Savard et Mary-Sophie Harvey, qui s’étaient contentées des Jeux panaméricains en 2019, s’annoncent comme les plus grands espoirs lors des Essais, qui se tiendront de samedi à mercredi à Toronto.

Aux Jeux de Rio en 2016, Savard était accompagnée de Sandrine Mainville, médaillée au relais 4 x 100 m libre, et de la spécialiste du papillon Audrey Lacroix. Ces deux dernières se sont retirées peu après. Depuis la récolte de six médailles au Brésil, la natation canadienne, particulièrement féminine, a continué de progresser.

« On a une petite phase plus difficile au Québec, j’ose croire que ça va revenir », a souhaité Savard, qui espère des « surprises » à Toronto, où ça se jouera « aux centièmes ».

Au 50 m libre féminin, Sarah Fournier (Québec), qui a réalisé un bon chrono récemment, et Roxane Lemieux (Neptune Natation) sont respectivement inscrites troisième et quatrième. Elles n’ont toutefois jamais réussi le standard A autorisant le maximum de deux partantes à Tokyo.

Nathan Beaudin-Bolduc (400 m libre) et Raphaël Marcoux (100 m papillon), du Rouge et Or de l’Université Laval, sont troisièmes de leur distance. Même chose pour Stanford Li, du club de Pointe-Claire, au 1500 m libre.

L’absence de Québécois en natation aux Mondiaux de 2019, en Corée du Sud, était une première à cet évènement organisé depuis 1973.

Le directeur technique de Natation Canada, John Atkinson, observait le déclin québécois depuis une décennie lorsqu’on l’a interrogé sur la question en 2019. « Le niveau de performance n’est pas là où il devrait être, avait-il constaté. Le Québec a des installations fantastiques et du talent fantastique. »

Composant environ le cinquième des licenciés au Canada, les nageurs québécois ne formaient que le dixième des athlètes que la fédération considère comme « en voie » vers un podium olympique ou mondial. « Les données récentes laissent croire que c’est maintenant moins que ça », avait laissé entendre Atkinson.

« Il y a du travail ! »

Avec le départ d’Isabelle Ducharme, nouvelle directrice générale de Sports Québec, la Fédération de natation du Québec (FNQ) est maintenant dirigée par Francis Ménard.

« Il y a du travail à faire ! a observé l’entraîneur Claude St-Jean. Au cours des dernières années, la FNQ a remis d’aplomb tout le côté bureaucratique. Il y avait beaucoup de choses à travailler. Là, ce qui est à travailler, c’est la natation elle-même. Comment on va faire pour prendre le taureau par les cornes, avoir plus de nageurs sur des équipes. »

Aux Jeux olympiques de 2004 à Athènes, Yannick Lupien était le seul représentant de la province sur un effectif de 20 athlètes canadiens.

Mary-Sophie Harvey, qui avait à peine 4 ans à l’époque, se donne un « objectif personnel de bien représenter le Québec ».

« Je pense que c’est la même chose pour Katerine, a-t-elle indiqué. On aimerait inspirer un peu les plus jeunes générations. Leur montrer que malgré toute l’adversité de la dernière année et demie, on peut s’en remettre. Si on peut inspirer ne serait-ce qu’une petite fille ou un petit gars, c’est sûr que ça nous ferait plaisir. »