Jennifer Abel connaît la gloire. Pas qu’olympique. Pas que sportive. Celle du quotidien aussi, qui implique d’« être capable de faire quelque chose de mieux qu’hier », dit-elle. Une gloire atteignable par tous. C’est le message derrière la campagne de marque d’Équipe Canada pour les Jeux olympiques de Tokyo.

Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Dévoilée lundi par le Comité olympique canadien (COC), la nouvelle campagne d’Équipe Canada met au premier plan les réalisations de ses athlètes, mais aussi les récits de héros de la communauté. Le message : « La gloire vient de partout ». Puissant, après une année où tous ont vécu de l’adversité et ont dû faire preuve de résilience.

PHOTO FOURNIE PAR LE COMITÉ OLYMPIQUE CANADIEN

Kia Nurse

« Pour avoir de la gloire, il ne faut pas nécessairement performer en tant qu’athlète, affirme Jennifer Abel, un des visages de la campagne. Tout le monde naît avec une gloire en soi. Que ce soit un parent qui se lève chaque matin, un enfant qui va à l’école et qui réussit, des athlètes… »

La dernière année a été extrêmement difficile pour tout le monde. Le fait qu’on est capables d’avancer dans ça, c’est une gloire en soi aussi.

Jennifer Abel, plongeuse

L’âge, l’histoire, l’expérience, la géographie, l’orientation sexuelle et l’acte de naissance n’ont pas d’importance dans la quête de la gloire, fait valoir Équipe Canada.

« C’est super important. Surtout nous, le Canada, on fait vraiment un grand chemin par rapport à ça [la diversité]. Si je peux prendre mon exemple : je suis quelqu’un de mixte, qui fait un sport aquatique, où on ne voit généralement pas tant de personnes de couleur foncée. Je montre aux gens que ce n’est pas parce qu’on est de couleur, ou une femme, qu’on ne peut pas exceller. Il n’y a pas de stéréotype à la gloire. »

Dans la vidéo promotionnelle qui sera diffusée sur les différentes plateformes numériques, lorsque Abel apparaît à l’écran, le narrateur lance « la gloire, c’est passer 24 ans à se lancer dans le vide, pour un saut de 2 secondes ».

« C’est ça ! », lance la plongeuse.

PHOTO FOURNIE PAR LE COMITÉ OLYMPIQUE CANADIEN

Jeniffer Abel

« Quand j’ai commencé à 4 ans, je n’avais pas dans la tête la carrière que j’ai aujourd’hui, ajoute-t-elle. Je l’ai fait pour l’adrénaline que me procurait un plongeon. Je m’en souviens : j’adorais jouer dans l’eau, sauter, être dans le vide, être en contrôle de tous les mouvements. C’est ce qui m’a poussée. Mais en même temps, exceller et surpasser les échelons, c’est aussi une forme de gloire. »

Abel, Félix Auger-Aliassime, Ellie Black, Andre De Grasse et Kia Nurse sont quelques-uns des athlètes en vedette dans la campagne.

Trois Canadiens « qui vivent dans le respect des valeurs olympiques et qui atteignent la gloire chaque jour en inspirant d’autres personnes », indique le COC, sont aussi impliqués. Du lot, Shawn Morris, un Ontarien qui a décidé de devenir pompier après avoir vu les premiers répondants en action le 11 septembre 2001, et Miranda Kamal qui, victime d’une agression à l’adolescence, a décidé de pratiquer la boxe dans le cadre de son processus de guérison.

Finir en beauté

Jennifer Abel a tout raflé sur son passage au fil de sa carrière sur les tremplins. Elle a été décorée en Coupe du monde, aux Jeux panaméricains et en Championnats du monde, en plus de remporter le bronze en équipe aux Jeux de Londres, en 2012.

Tout ce qui manque à son palmarès, c’est une médaille dans l’épreuve individuelle des Jeux olympiques. Elle prendra d’ailleurs part aux essais olympiques, du 29 juin au 1er juillet à Toronto, dans l’objectif de se qualifier pour cette épreuve.

« Je veux deux médailles [aux Jeux olympiques], dit-elle. Autant en duo qu’en individuel, c’est atteignable. Mélissa [Citrini-Beaulieu] et moi, on travaille super fort. Encore aujourd’hui, on est vice-championnes, donc on veut absolument aller chercher notre médaille en synchro. Mais c’est certain que la médaille en individuel, c’est la seule qui me manque dans mon parcours au grand complet. »

À Tokyo, la femme de 29 ans gardera en tête une leçon apprise au cours de la difficile année qui vient de passer, c’est-à-dire « de ne plus accorder d’importance à la couleur de la médaille, mais vraiment de mettre une importance sur la performance, comment [elle a] géré le tout », lance-t-elle.

Les prochains Jeux seront ses quatrièmes et probablement ses derniers. Mais elle ignore encore de quoi son avenir sera fait.

Je suis vraiment prête à voir ce que la vie me réserve en dehors de la piscine. J’arrive à un bel âge, où la transition va bien se faire. Je me connais en tant que jeune femme aussi.

Jennifer Abel

Quoi qu’il arrive dans la capitale japonaise, Abel sera satisfaite de ce qu’elle a accompli dans les piscines d’un bout à l’autre de la planète.

« Ma carrière au grand complet se résume à beaucoup plus que des médailles olympiques. Pour moi, c’est vraiment ça qui est plus glorieux. C’est d’avoir été capable, avant même la fin, d’apprécier le portrait d’ensemble et non simplement les petits moments dont tout le monde parle, comme les Jeux olympiques. C’est l’ensemble. »