À la veille des Jeux olympiques, l’espoir est au rendez-vous pour le judoka Arthur Margelidon, sixième au classement mondial chez les moins de 73 kg. Pour gagner son passeport pour Tokyo, le Montréalais doit être dans les huit premiers. Il a raté les Jeux de Rio en raison d’une blessure, mais 2021 sera-t-elle l’année de sa deuxième chance ?

Florence Morin-Martel
Florence Morin-Martel La Presse

« Je ne veux pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué », s’esclaffe Arthur Margelidon, rencontré vendredi dernier devant l’Institut national du sport du Québec. Le judoka de 27 ans, qui a grandi sur le Plateau Mont-Royal, s’exprime avec enthousiasme. Derrière lui, les anneaux olympiques brillent.

Nicolas Gill, directeur général de Judo Canada, est satisfait de la progression de l’athlète. « Malgré une année chamboulée par la pandémie, Arthur a trouvé le moyen de maintenir un bon niveau. Peut-être même de mieux performer qu’avant à certains moments », indique Gill, joint au téléphone. Une médaille d’argent au Grand Chelem de Tbilissi, en Géorgie, et une médaille de bronze à celui d’Antalya, en Turquie, garnissent la fiche des derniers mois d’Arthur Margelidon.

En combat, le style du judoka est instinctif.

Même s’il se fait dominer, il cherche à projeter et réussit à projeter. C’est vraiment ça qui le distingue. La confiance qu’il a en lui de projeter à tout moment fait de lui un adversaire très dangereux.

Nicolas Gill, directeur général de Judo Canada

En 2021, le combat n’a pas été que sur les tapis. L’athlète a contracté la COVID-19 en avril et a dû faire une quarantaine en Turquie, où il se trouvait pour le Grand Chelem. Le mois sans entraînement a été un coup dur pour l’athlète. Il reconnaît avoir ressenti de la fatigue dans les semaines après sa contamination, mais sa forme est revenue progressivement. « Je serai prêt pour Tokyo », assure-t-il.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Arthur Margelidon (à gauche) affronte l'Allemand Anthony Zingg lors du Grand Prix de Judo de Montréal, en juillet 2019.

Arthur Margelidon n’a toujours pas la garantie qu’il représentera le Canada en juillet. Le dernier tournoi de la sélection olympique se déroule du 6 au 13 juin à Budapest, en Hongrie. Mais le judoka montréalais ne sera pas sur les tatamis de ces Championnats du monde. Un test positif à la COVID-19 reçu le 25 mai l’empêche d’aller défendre son titre et de sécuriser sa place. Il est pourtant allé faire deux autres tests de dépistage par la suite. « Ils ont été négatifs », précise le judoka, qui assure être remis.

Cette absence des Mondiaux risque de l’éloigner de son rêve. Si Arthur Margelidon se fait déclasser des huit premières places à l’issue du tournoi de Budapest, un combat de barrage sera réalisé entre Antoine Bouchard, judoka canadien au 18rang du classement olympique, et lui. Le but sera de déterminer qui se rendra à Tokyo.

Je me suis battu tout au long de ma sélection pour être dans le top 8. C’est pour ça que je suis déçu de ne pas faire les Championnats du monde. Mais le travail a été fait tout au long des trois dernières années d’entraînement. Je ne pense pas que ça va se jouer dans le dernier tournoi.

Arthur Margelidon

Mieux préparé

Ces dernières années, le judoka montréalais estime avoir changé. « Je m’écoute beaucoup plus qu’avant […] Je crois que c’est bon pour le physique et le mental. L’âge m’a permis de gagner ça », précise-t-il.

Selon Nicolas Gill, l’athlète est désormais plus mature dans sa façon d’aborder les combats. « Les cinq dernières années lui ont apporté beaucoup plus de régularité dans ses performances, affirme l’ancien médaillé olympique. À chaque tournoi qu’il fait, il a une chance de médaille. »

Des épreuves, Arthur Margelidon en a connu dans sa carrière. Sur le point de s’envoler pour les Jeux de Rio en 2016, il a vu son rêve se dérober sous ses yeux. Blessé à l’entraînement, il a d’abord cru à une blessure mineure. Mais rapidement, le verdict est tombé : fracture au poignet.

L’athlète se retrouvait alors face à un choix : abandonner après tous les sacrifices ou poursuivre sa carrière. Il a choisi la deuxième option. « Et avec quelques années de recul, je pense avoir fait le bon choix, déclare-t-il en riant. L’objectif maintenant, c’est d’aller chercher ma médaille olympique. »