Ce n’est pas la qualification automatique recherchée, mais Charles Philibert-Thiboutot a amélioré son sort de manière considérable en vue d’une sélection pour les Jeux olympiques de Tokyo.

Simon Drouin
Simon Drouin La Presse

Le coureur de Québec a pris le sixième rang du 1500 mètres du meeting de Montreuil, mardi, avec un temps de 3 min 36,44 s, son cinquième à vie et son meilleur depuis 2016.

Dans un peloton nombreux de 18 partants, incluant deux lièvres, Philibert-Thiboutot a surmonté un départ un peu laborieux avant de remonter de trois places jusqu’à la ligne d’arrivée.

« Je m’étais promis de partir vite, d’essayer de me positionner à l’avant dès le début, mais je n’avais pas fait cinq mètres qu’il y avait un mur de gars devant moi, a relaté l’athlète de 30 ans une heure après la fin de l’épreuve. Ça, c’est la vieillesse ! Je n’ai plus la même explosivité sur la ligne que quand j’avais 20 ans. Mais j’ai été capable de remonter progressivement et ç’a fait la job. »

Des amis lui ont texté que d’avoir réussi sa meilleure prestation de l’année dans de telles conditions « n’était pas loin du miracle ». Le demi-finaliste des Jeux de Rio a raté pratiquement 12 jours d’entraînement après une blessure au pied droit subie lors de sa dernière course en Oregon, le 7 mai. Une injection de cortisone lui a permis de remettre les pointes.

Parti presque sur un coup de tête, il n’est arrivé que dimanche à Paris. En raison du décalage horaire de neuf heures avec l’Ouest nord-américain, où il se trouvait, il n’a pratiquement pas dormi dans la nuit de lundi à mardi.

C’est vrai que c’est quand même un gros coup, mais il y a assurément place à amélioration.

Charles Philibert-Thiboutot

Philibert-Thiboutot s’est reproché un déficit de dynamisme dans les 150 derniers mètres, où il a serré les dents. « Je manquais de force dans les pieds, mes muscles du tronc avaient de la misère à me garder “grand”, tandis qu’en début de saison, ce n’était pas du tout un problème. »

Il attribue cette faille à son « désentraînement » des deux dernières semaines, mais il se dit sûr de pouvoir remédier à la situation d’ici sa prochaine course, le 7 juin, à Prague.

Les Africains ont monopolisé le podium. Le Kényan Abel Kipsang l’a emporté avec un record de la rencontre de 3 min 33,99 s. Son compatriote Charles Simotwo a fini deuxième en 3 min 34,56 s. Le Marocain Brahim Kaazouzi a suivi en 3 min 35,20 s.

Le seul Canadien en lice visait le standard olympique automatique de 3 min 35,00 s. Un objectif trop ambitieux ? « Pas du tout, a tranché celui dont la meilleure marque personnelle est de 3 min 34,23 s. C’est possible de descendre en 3 min 34 s, 3 min 35 s dès la semaine prochaine. Avec une autre semaine d’entraînement, je pense que j’ai ça dans les jambes présentement. »

« Ça fait mal »

Philibert-Thiboutot n’a pas senti son pied droit durant la course, mais la douleur s’est réveillée pendant la séance d’entraînement qui a suivi.

« Il y a de l’inflammation dans l’articulation. Ça fait mal, il faut juste que je le tolère et que je fasse mes exercices de physio. C’est la saison olympique, je ne peux pas m’arrêter. »

Dans ses bureaux de l’Université Laval à Québec, l’entraîneur Félix-Antoine Lapointe faisait ses calculs pour savoir où son protégé se trouvera à la mise à jour du classement olympique de World Athletics (moyenne des cinq meilleures courses). Actuellement 52e, il devrait bondir jusqu’à la 41place. Le couperet pour Tokyo, qui tombera le 29 juin, est fixé à 45.

« À ce niveau-là, il ne demeurera pas dans le top 45 le 29 juin, mais c’est une première étape, a souligné Lapointe. C’est la première fois cette saison qu’il s’y retrouve. Il aura besoin d’autres bonnes courses aux prochaines occasions qu’il aura. »

Après Prague, Philibert-Thiboutot espère une invitation à la rencontre de Marseille, le 9 juin.