(Lausanne) Trois haltérophiles roumains ont été disqualifiés rétroactivement pour les Jeux olympiques de 2012, à Londres, dont deux médaillés. De nouvelles analyses ont révélé des produits interdits dans leurs prélèvements d’urine, a annoncé mercredi le Comité international olympique (CIO).

Agence France-Presse

Razvan Martin, 28 ans, avait décroché la médaille de bronze dans la catégorie des 69 kg, devant le Nord-Coréen Kim Myong-hyok, tandis que Roxana Cocos, 31 ans, avait été médaillée d’argent chez les femmes dans la même catégorie de poids devant la Kazakhe Anna Nurmukhametova et la Colombienne Ubaldina Valoyes.

Tous deux ont été contrôlés positifs à deux stéroïdes anabolisants favorisant la prise de masse musculaire — la méténolone et le stanozolol —, tout comme le troisième athlète, Gabriel Sincraian, 31 ans, qui n’a pas terminé l’épreuve masculine des 85 kg.

A ces deux produits, dopants classiques dans les disciplines de force, s’est ajouté pour Razvan Martin un troisième stéroïde, la déhydrochlorméthyltestostérone.

Le CIO conserve pendant dix ans les échantillons prélevés lors des épreuves olympiques, dans l’espoir de profiter des progrès de la détection antidopage, quitte à bousculer ses palmarès longtemps après.

L’haltérophilie menacée

Ainsi, l’instance olympique avait par exemple disqualifié en 2016 douze sportifs pour dopage lors des JO de Londres, dont trois athlètes et, déjà, neuf haltérophiles. Y figuraient six médaillés, venant tous d’anciens pays du bloc de l’Est : la Moldave Cristina Iovu, la Russe Natalia Zabolotnaya, l’Arménienne Hripsime Khurshudyan, la Bélarusse Iryna Kulesha, le Russe Alexandr Ivanov et le Moldave Anatoli Ciricu.

Secouée depuis des années par une cascade de contrôles positifs, ainsi que par des accusations de corruption, la Fédération internationale d’haltérophilie (IWF) jouera en décembre sa place dans le programme olympique, menacée pour les JO-2024 à Paris.

L’IWF a donné au CIO des gages de bonne volonté en confiant son programme antidopage à la jeune Agence internationale de tests (ITA), alors que son ancien président, le Hongrois Tamas Ajan, est soupçonné d’être directement intervenu pour masquer des analyses défavorables.

Fin octobre, l’Agence mondiale antidopage (AMA) avait publié une enquête selon laquelle 18 haltérophiles, originaires de six pays, sont soupçonnés d’avoir fourni de faux échantillons d’urine avec la complicité de « substituts », des sportifs leur ressemblant, lors de contrôles antidopage.

« Pendant trop longtemps, les haltérophiles propres ont dû faire face à une culture de dopage bien ancrée dans leur sport, où la promotion de la peur permettait de cacher la vérité et d’isoler les personnes qui voulaient agir correctement », avait lancé le patron de l’AMA Witold Banka, soulignant l’importance des « lanceurs d’alerte » et des « sources confidentielles bien informées » pour mettre au jour ces pratiques.