(Tokyo) Le président et chef de la direction des Jeux olympiques de Tokyo ainsi que le vice-président du Comité international olympique (CIO) responsable des JO 2020 ont rejeté les conclusions d’une étude de l’Université Oxford qui conclut que les JO 2020 seront les Jeux d’été les plus chers depuis 1960.

Publié le 15 sept. 2020
Stephen Wade Associated Press

La portion sur Tokyo 2020, remis à 2021 en raison de la pandémie de COVID-19, ne constitue qu’une petite partie de l’étude de l’économiste Bent Flyvbjerg. Publiée mardi, elle a pour titre : Regression to the Tail : Why the Olympics Blow Up.

L’analyse dans la revue Environment and Planning A : Economy and Space — la troisième d’une série après les éditions de 2012 et 2016 — étudie les coûts des Olympiques et conclut qu’ils ne cessent d’augmenter, malgré les prétentions du CIO sur leurs coupes.

Dépassements de coûts de 170 %

Les dépassements de coûts pour les JO atteignent en moyenne 170 %. Flyvbjerg affirme que ceux de Tokyo atteignent 200 %.

« Je suis au fait de ce que les médias rapportent. Mais il n’y a pas eu de déclaration officielle transmise au Comité organisateur des Jeux de Tokyo, a déclaré leur président et chef de la direction, Toshiro Muto, au cours d’une téléconférence, mardi. Je ne suis donc pas en position de commenter cela. Je suis confus. »

John Coates, vice-président du CIO responsable de la supervision des JO de Tokyo, a aussi rejeté du revers de la main l’étude d’Oxford.

« J’ai mieux à faire de mon temps que d’analyser cette étude et y répondre », a-t-il déclaré au journal Australian Financial Review.

Flyvbjerg a obtenu une réponse semblable du CIO quand son rapport a été publié de façon non officielle il y a quelques jours. Le CIO a critiqué son travail, remettant en question ses chiffres et sa méthodologie. En réponse, Flyvbjerg a envoyé une lettre ouverte au président du CIO, Thomas Bach, lui offrant plus de détails.

Le CIO n’a pas répondu, a indiqué Flyvbjerg mardi. Lundi, le CIO a déclaré à l’Associated Press qu’il ne commenterait pas davantage.

15,9 milliards de dollars américains

Selon les chiffres d’Oxford, Tokyo a dépensé 15,84 milliards US, dépassant déjà les coûts des Jeux de Londres, les Jeux d’été les plus onéreux jusqu’ici à 14,95 milliards. Flyvbjerg souligne que le compteur tourne toujours et qu’il s’attend à ce que les coûts augmentent encore de plusieurs milliards de dollars.

Officiellement, les organisateurs de JO de Tokyo ont chiffré leurs dépenses à 12,6 milliards. Toutefois, un auditeur national a déclaré que les coûts réels sont deux fois plus élevés. Il tient compte de dépenses qui sont absentes de l’étude de Flyvbjerg puisque ces coûts ne sont pas constants et diffèrent d’une édition à l’autre.

Les Olympiques constituent le plus grand risque qu’une ville puisse prendre. Cette tendance ne peut pas continuer. Aucune ville ne veut (les organiser) puisque c’est tout simplement trop cher, entraînant des dettes que la plupart des villes n’ont pas les moyens de contracter. »

L’économiste Bent Flyvbjerg, plus tôt ce mois-ci.

Le problème se trouve dans le financement du CIO, qui ne paie pas pour la plupart des JO et ne règle pas les dépassements de coûts. Selon lui, le CIO devrait au moins défrayer 10 % des coûts et les dépassements.

Dans sa lettre ouverte, Flyvbjerg a demandé au CIO s’il avait financé une étude récente qui a conclu à des résultats plus positifs sur la tenue des Olympiques, qu’il dit apprécier.

« Nous sommes de grands amateurs des JO et nous souhaitons que le CIO puisse rendre de nouveau attrayant pour une ville de les organiser, surtout en aidant de façon efficace à en réduire les coûts et les dépassements, a-t-il écrit. Cela aurait dû arriver il y a de nombreuses années, mais mieux vaut tard que jamais. »

Pour lire un résumé de l’étude de l’Université Oxford, cliquez ici.