Les temps ont bien changé depuis que Martin Brodeur a accédé à la LNH, en 1993.

Mis à jour le 31 janv. 2013
Mathias Brunet LA PRESSE

Le gardien des Devils du New Jersey s'entraîne en gymnase 11 mois par année plutôt que 3, surveille ce qu'il mange et le moment où il mange... et s'adonne même au yoga à l'occasion. Pas étonnant qu'il ait atteint la finale de la Coupe Stanley à 40 ans!

«Ce n'était pas très scientifique à l'époque, relate-t-il. Je m'entraînais comme le commun des mortels et je n'avais pas à surveiller ce que je mangeais. Je faisais surtout du cardio et je mangeais des pâtes avant les matchs en me disant que ça allait me donner de l'énergie.»

Puis, il y a quatre ou cinq ans, le préparateur physique Éric Falstrault a pris son entraînement en main.

«J'avais besoin de direction. J'ai changé mon alimentation. Éric m'a appris les heures au cours desquelles je devais manger. J'ai presque complètement éliminé les pâtes et le pain. Je favorise les protéines, les fruits et les légumes. C'est ce qui me donne de l'énergie.»

Les séances de musculation sont plus fréquentes. «Je ne veux pas prendre de masse, mais solidifier mes muscles pour éviter les blessures. Et contrairement au passé, je continue pendant la saison. Je n'ai plus le choix si je veux éviter que les rigueurs de la saison hypothèquent trop mon corps. Je m'étire plus. J'accompagne parfois ma femme au yoga... Mais je trouve ça un peu long [rires]!»

Le gardien qui, en 2013, ne s'astreindrait pas à un entraînement rigoureux ne survivrait pas longtemps dans les rangs professionnels.

«La difficulté des exercices auxquels on soumet les gardiens n'a rien à voir avec ce qu'on leur demandait dans les années 80, souligne l'entraîneur François Allaire. Mais les gardiens s'entraînent beaucoup mieux à l'extérieur de la glace. Ils ont beaucoup plus de flexibilité au niveau des hanches, des abdominaux, du bas du dos, des aines, toute cette partie-là maintenant est vraiment développée pendant l'été et ça leur permet de répondre aux rigueurs de leur métier. Si on n'a pas d'abdos ou de force musculaire dans le bas du dos, on va se blesser, on n'aura pas d'équilibre, on ne pourra pas faire de deuxième mouvement rapide après le papillon.»

Les gardiens privilégient encore la musculation des jambes, mais d'une manière différente. «On met plus l'accent sur l'équilibre, et on favorise la puissance à la force, donc une combinaison de vitesse et de force. Leurs jambes sont peut-être moins grosses, mais elles sont plus rapides.»

Pendant la saison, les gardiens bénéficient aussi de plus d'attention sur la glace.

«Quand j'ai commencé, il y a 30 ans, nous n'étions pas nombreux, il y avait François et Benoit Allaire, moi-même, relate Stéphane Waite. On avait à se battre pour avoir nos cinq ou dix minutes avec nos gardiens. C'était toute une bataille auprès de l'entraîneur-chef. Aujourd'hui, c'est rare si on n'a pas 20 ou 30 minutes pendant une séance d'entraînement. Ça constitue un changement incroyable dans la philosophie des dirigeants. Les exercices sont devenus plus spécifiques.»