Tout porte à croire que la LNH se prépare à faire une croix sur son calendrier de 82 matchs pour cette saison. Il ne reste plus qu'à savoir combien de matchs seront annulés cette fois-ci.

Richard Labbé LA PRESSE

Le commissaire Gary Bettman avait été ferme: si une entente ne survenait pas avant la date butoir du 25 octobre, le monde du hockey allait devoir dire adieu au calendrier de 82 rencontres.

Jeudi, lors du jour J, joueurs et propriétaires n'ont pu reprendre les discussions afin de tenter de mettre un terme à ce lock-out qui dure depuis le 15 septembre.

On peut en conclure que les dirigeants de la LNH se préparent à annuler une autre série de matchs réguliers, une décision qui devrait tomber vendredi. On raconte que ce sont les matchs prévus pour novembre qui pourraient y passer cette fois-ci.

Dans un échange de courriels avec La Presse jeudi, Bill Daly, le numéro deux de la Ligue nationale de hockey, n'a pas voulu dire si le circuit va passer à la hache une autre portion de son calendrier.

«Nous allons prendre ces décisions et nous allons procéder à ces annonces si nous avons à le faire, et quand nous aurons à le faire», s'est-il contenté de répondre.

Parmi les autres rumeurs qui circulent dans le monde du hockey, il y a aussi cette possibilité que la ligue annule également son événement de marque, la Classique hivernale. Le match extérieur, présenté annuellement le 1er janvier, pourrait aussi passer du couperet au cours des prochains jours, selon les informations qui circulent.

Mercredi à Brooklyn, lors d'un point de presse au sujet du déménagement éventuel des Islanders de New York, le commissaire Bettman a rappelé qu'un calendrier de 82 parties «ne sera pas une réalité» si jamais les deux parties ne peuvent s'entendre rapidement.

En attendant la prochaine rencontre entre les deux clans, qui n'a toujours pas été confirmée, les joueurs, eux, s'attendent à ce que la LNH mette ses menaces à exécution en annulant d'autres matchs, selon Martin Biron, le représentant des joueurs chez les Rangers de New York.

«C'est sûr qu'ils vont faire quelque chose, a expliqué le gardien d'expérience en entrevue téléphonique jeudi. Pour nous, c'est décevant; au lieu d'annuler des matchs, on pense qu'ils devraient essayer de négocier. C'est comme si la ligue avait déjà un scénario tracé d'avance, et ce scénario-là est suivi à la lettre.»

Biron insiste pour dire que les joueurs n'ont pas changé d'idée: ils veulent jouer au hockey et ils veulent d'une saison de 82 matchs, même si cette possibilité semble de plus en plus irréaliste.

«On est prêts à négocier de notre côté, a ajouté le gardien. Il y a plusieurs gars qui sont déjà à New York. Mais c'est difficile de discuter quand l'autre bord ne voit pas la négociation comme une priorité en ce moment. C'est difficile de négocier quand il y a un côté qui ne veut pas le faire.»

Les deux clans ennemis ne se sont pas vus une seule fois depuis la rencontre précédente, celle de la semaine dernière à Toronto. L'Association des joueurs y avait apporté trois contre-propositions, les trois rejetées très rapidement par Gary Bettman et ses associés.

Les dirigeants de la LNH, eux, pourraient fort bien choisir de retirer leur dernière offre, afin de mettre encore plus de pression sur Don Fehr et l'Association des joueurs.

Pour le moment, joueurs et propriétaires demeurent incapables de s'entendre sur la façon d'en arriver au chiffre magique du 50-50, l'objectif de la ligue au chapitre du partage des revenus. La question des contrats existants est aussi source de vives discussions entre les deux groupes.