Même si la saison 2012-2013 pourrait être compromise, Martin Brodeur a déjà tranché: il sera de retour pour la saison suivante, dans un an.

Mis à jour le 19 sept. 2012
Richard Labbé LA PRESSE

Ce n'est pas pour rien que le gardien des Devils, conscient de la menace d'un long lock-out, a accepté un nouveau contrat de neuf millions de dollars sur deux ans cet été, au lieu d'accepter un pacte d'une seule saison. Parce qu'il ne voulait pas qu'un éventuel lock-out mette fin à sa carrière, lui qui a disputé 18 saisons complètes dans la Ligue nationale.

«En acceptant le contrat de deux ans cet été avec les Devils, je me suis protégé du lock-out, a-t-il fait savoir à La Presse lors d'un entretien téléphonique, hier. En moyenne, on m'offrait plus d'argent pour un contrat d'une seule saison, mais j'ai préféré deux ans en me disant que si la saison qui s'en vient est annulée, au moins, je vais pouvoir prendre part à la suivante.»

Pour le moment, Brodeur se contente de s'entraîner avec quelques coéquipiers à l'aréna des Devils, à Newark («ils nous chargent 400 $ chaque fois pour louer la glace», précise-t-il). Il ne sait toujours pas ce qu'il va faire si jamais le présent lock-out persiste dans la Ligue nationale.

Peut-être la Suisse, mais pas tout de suite

Le projet de la tournée québécoise de Maxime Talbot et Bruno Gervais l'intéresse, mais il ne sait toujours pas s'il va imiter plusieurs de ses collègues qui ont déjà commencé à faire leurs valises pour l'Europe.

«Ça m'intéresse, mais pas tout de suite... J'aime mieux rester ici et attendre le déroulement des négociations. Il reste encore du temps pour sauver la saison, et je vais attendre le plus longtemps possible avant d'aller ailleurs. Je vais sans doute rester au New Jersey jusqu'à la fin du mois d'octobre ou jusqu'au début de novembre. Ensuite, si le lock-out n'est pas réglé, on verra bien.

«Je n'ai pas le goût de ne rien faire cette saison. Aller jouer en Suisse, c'est quelque chose qui pourrait me tenter, parce que ce serait aussi une belle expérience de vie pour ma famille. Je connais pas mal de gars qui vont aller là-bas. Jouer en Europe, ce n'est pas mon premier choix, mais je n'ai pas envie non plus de passer l'année à ne rien faire.»

Optimiste malgré tout

Même si les discussions sérieuses n'ont toujours pas repris entre les propriétaires de la LNH et l'Association des joueurs, Martin Brodeur demeure optimiste. Selon lui, le climat actuel n'a rien à voir avec le climat qui prévalait lors du conflit de travail précédent, en 2004-2005, alors que les dirigeants du circuit, qui tenaient à leur plafond salarial, avaient choisi de faire une croix sur toute la saison.

Le ton est un peu moins acrimonieux cette fois, et c'est pourquoi Brodeur croit qu'il y aura du hockey cette saison dans la Ligue nationale.

«Ce qui se passe présentement, c'est beaucoup plus positif que la dernière fois, a-t-il fait remarquer. Je me souviens qu'en 2004-2005, personne ne se parlait. Il ne se passait rien entre les deux parties. C'était une bataille, et on avait passé des mois sans même se dire un seul mot. Là, on peut voir qu'ils veulent essayer de régler ça, il y a eu des discussions. C'est sûr qu'on ne peut pas deviner comment ça va finir, mais les joueurs, on est entre bonnes mains avec Donald Fehr. Pour nous, il s'agit d'une grosse différence par rapport à 2004.»