Ça aura pris quelques jours, mais Tomas Plekanec a finalement rejoint ses coéquipiers au camp d'entraînement du Canadien.

Mis à jour le 17 janv. 2013
Marc Antoine Godin LA PRESSE

Flanqué de Brian Gionta et Alex Galchenyuk dans le deuxième trio, le centre de

30 ans espère être en mesure de participer au premier match de la saison, samedi soir contre les Maple Leafs de Toronto.

L'entraîneur-chef Michel Therrien compte sur lui, mais Plekanec hésite à confirmer sa présence samedi.

«Je ne veux rien brusquer, a-t-il mentionné à propos de la blessure aux côtes qu'il a subie en République tchèque. Ce sera une saison éprouvante et je ne veux pas jouer un match ou deux pour ensuite être sur la touche pendant quelques semaines.»

Plekanec assure que sa blessure n'est pas sérieuse mais, après un effort intense, il redoute encore l'état dans lequel il va se lever le lendemain.

«Cette blessure-là n'est pas le résultat d'un contact, j'ai fait un mauvais mouvement et j'ai senti quelque chose de bizarre à l'intérieur», a-t-il expliqué.

«Je l'évalue encore au jour le jour et je prendrai une décision au terme de l'entraînement matinal, samedi.»

Puisque Plekanec s'est blessé au moment où il portait les couleurs de Kladno, en République tchèque, il s'exposait à être suspendu sans salaire par le Canadien si le CH le trouvait inapte à jouer. Josh Bailey, des Islanders de New York, est présentement suspendu pour ce motif.

Or, selon ce qu'a appris La Presse, la décision de suspendre ou non un joueur est entièrement à la discrétion de l'équipe, qui peut estimer que d'avoir joué en Europe durant le lock-out était une façon légitime de garder la forme.

De plus, quand un joueur reçoit le feu vert des médecins de l'équipe pour reprendre l'entraînement, celle-ci ne peut plus invoquer la blessure préexistante à moins que le joueur, après avoir été suspendu, ait signé une entente lui permettant de s'entraîner et d'utiliser les installations de l'équipe. Plekanec n'a visiblement pas signé de telle clause, car il ignore si le Canadien a eu ou non l'intention de le suspendre.

Pas de stabilité

La chimie ayant opéré entre David Desharnais et ses ailiers Erik Cole et Max Pacioretty, Plekanec n'est pas en position de s'imposer comme centre numéro un de l'équipe en ce début de saison.

Mais pour peu que le Tricolore garde la santé cette année, Plekanec sera mieux servi que l'an dernier. En 2011-2012, ses ailiers les plus réguliers à forces égales ont été Gionta et Michael Cammalleri. Or, cette unité n'a représenté que 9,66% du temps total que Plekanec a passé à cinq contre cinq...

«L'an passé, ç'a été une saison difficile pour tout le monde», a dit Michel Therrien lorsqu'il a été invité à commenter la dernière campagne de Plekanec.

«Il manquait de stabilité dans son trio en raison des blessures, mais ce sont des choses qu'on ne peut pas contrôler. Mais un Brian Gionta en santé va assurément l'aider... et vice-versa.»

Il faut se rappeler que Plekanec avait entrepris la saison de belle façon, récoltant 6 buts et 24 points à ses

29 premiers matchs. Durant cette période, outre les avantages numériques, Plekanec jouait avec Gionta plus de

60% du temps.

Puis, le 8 décembre 2011, Gionta s'est blessé au bas du corps et n'a ensuite disputé que deux rencontres dans la saison avant de se déchirer le biceps. Après le 8 décembre 2011, donc dans les 52 autres matchs auxquels il a pris part, Plekanec a été limité à

28 points.

Retrouver Gionta, et vraisemblablement se voir confier la recrue Alex Galchenyuk en début de saison, a de quoi réjouir le centre tchèque, qui ne demande pas mieux que de tirer le trait sur la saison dernière.

«J'ai beaucoup appris la saison dernière, mais c'est une expérience que je préfère ne pas revivre, indiqué Plekanec. Les autres gars qui l'ont vécue ne veulent pas revivre cette sensation.»

Autre changement positif: à la différence de l'an dernier, l'entraîneur n'aura plus à affecter de bons ailiers à Scott Gomez dans le but de le relancer. Le centre originaire de l'Alaska a officiellement été soumis au ballottage, hier, de façon à ce que son contrat soit ensuite racheté.

« Galchenyuk veut apprendre »

La liste des départements auxquels Plekanec peut contribuer est assez longue, à écouter Therrien.

« C'est un joueur de talent qui joue dans les deux sens de la patinoire, il affronte les meilleurs trios adverses et évolue sur les unités spéciales. Il accomplit beaucoup de choses et ça prend de l'intelligence pour faire ça. »

À ce cahier de charge pourrait peut-être s'ajouter un rôle de mentor. Dès sa première journée au camp d'entraînement, Plekanec a vu le jeune Galchenyuk s'amener vers lui.

« Il m'a dit que si j'observais quoi que ce soit dans son jeu, je ne devais pas hésiter à lui en faire part, a raconté Plekanec. C'est bon de voir qu'il se montre disposé à apprendre. »