Finalement, peut-être que Roberto Luongo aurait mieux fait de la fermer. Le gardien des Canucks, qui avait ouvertement critiqué le style de son rival Tim Thomas au terme du cinquième match, n'aura été que de passage, lundi soir au TD Garden.

Richard Labbé LA PRESSE

En fait, sa brève soirée de travail se résume ainsi: trois buts accordés sur huit tirs, 8:35 de jeu... et une longue soirée à ouvrir et fermer la porte du banc des joueurs, une casquette de baseball enfoncée sur la tête.

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Résultat? Bruins 5, Canucks 2. La série est égale, et il y aura donc un septième match, demain soir à Vancouver.

Aucun doute, toute la pression sera sur les Canucks, et particulièrement sur Luongo. Le gardien québécois a choisi un bien mauvais moment pour offrir une performance tout à fait ordinaire. Pendant ce temps, à l'autre bout, Tim Thomas jouait avec l'assurance du vétéran, et de celui qui devrait mettre la main sur le trophée Conn Smythe, gagne ou perd mercredi soir. Thomas a bloqué 36 tirs.

Les 17 565 fans, bien en forme et bien en voix, ont réservé un accueil tout spécial à Luongo avec des huées bien senties. D'emblée, le gardien québécois semblait d'ailleurs très nerveux. Il a complètement raté un tir de Brad Marchand à 5:31 de la première, alors que l'attaquant des Bruins filait à l'aile droite et ne semblait pas avoir assez d'espace pour marquer. Mais le petit objet noir est quand même passé par-dessus le gant de Luongo...

Milan Lucic s'est ensuite offert un autre but qui avait des allures de cadeau, avec une rondelle qui a passé entre les jambières du gardien en blanc. Andrew Ference en a ajouté un autre, et c'était la fin pour le gardien des Canucks, qui a dû laisser la place à son substitut, Cory Schneider.  

En tout, c'était la quatrième fois des séries que Luongo devait ainsi laisser sa place à Schneider, et cela ne va pas manquer de contribuer à sa réputation de gardien qui s'écroule dans les moments importants. Et cela ne va pas manquer d'alimenter les discussions d'ici à mercredi soir...

Les Bruins se sont permis un quatrième but en première, celui de Michael Ryder, et après 9:45 en première, c'était déjà 4-0 pour eux. Il s'agit d'un nouveau record pour un match de finale; les quatre buts des Bruins en 4:14 sont les quatre buts les plus rapides pour un club. C'est le Canadien qui détenait cette marque depuis longtemps, avec quatre buts en 5:29... lors de la grande finale de 1956 contre les Red Wings de Detroit!

Fidèles à leurs habitudes, les deux équipes ont continué leurs folies avec les coups bas et les coups salauds, ce qui a fait une autre victime: l'ailier gauche Mason Raymond des Canucks, qui a dû quitter le match en première, après avoir été plaqué contre la bande par le défenseur Johnny Boychuk. Raymond, auteur de 8 points en 23 matchs des séries, a dû prendre le chemin de l'hôpital, pour ce qui semblait être une blessure au dos, une information que les Canucks n'ont pas voulu confirmer.

Les visiteurs ont enfin connu un regain d'énergie en troisième, avec le but d'Henrik Sedin, son premier point de la finale. Quelques instants plus tard, Jannik Hansen a frappé le poteau à la droite de Thomas...

David Krejci a ajouté un autre but pour les Bruins, et à 5-1, les deux clubs pouvaient déjà se mettre à penser à un septième match, le rêve de tous les joueurs de hockey, semble-t-il.

Reste à voir pour qui le rêve d'une Coupe Stanley deviendra réalité. Ce qui est certain, par contre, c'est que toute la pression sera sur les joueurs en vert et bleu. Et sur un certain gardien québécois.