Hendrix Lapierre est en vacances depuis à peine une dizaine de jours, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a mérité son repos.

Au bout du fil, Lapierre nous répond avec le même entrain que ce à quoi il nous a habitués. « Je n’ai pas grand-chose à faire de ma vie ces temps-ci ! Je fais juste relaxer, jouer au golf et au tennis », lance-t-il quand on lui demande si le moment est toujours bon pour une entrevue.

Le jeune homme est en vacances depuis un peu plus d’une semaine, après avoir remporté la Coupe Calder avec les Bears de Hershey pour la deuxième année consécutive à la fin de juin. Il a décidé de revenir au Québec sans sa poche de hockey, façon de se forcer à décompresser pendant « deux bonnes semaines ».

« Je me connais un peu ! », s’exclame le toujours volubile Aylmerois. « Si je l’apportais, je savais que j’allais vouloir embarquer sur la patinoire dans pas long. »

Au cours des neuf derniers mois, Lapierre a disputé 96 rencontres (101 en incluant les matchs hors concours), dont 51 matchs de saison et 4 de séries éliminatoires avec les Capitals de Washington. Cinq fois, il est passé de la Ligue américaine à la Ligue nationale à la Ligue américaine. Sans être experte en conditionnement physique, permettons-nous d’avancer qu’un repos ne fera pas de tort.

« Avec les Caps, c’était particulier parce qu’à la fin de l’année, les 25 derniers matchs, c’étaient des matchs sans lendemain parce qu’on essayait de se qualifier pour les séries éliminatoires. On jouait tous les deux jours, donc c’était : go go go, on n’arrête pas. »

Quand les Capitals ont été éliminés, au premier tour des séries, Lapierre a été retourné à Hershey afin de prêter main-forte au club-école, en quête d’une deuxième Coupe Calder consécutive.

À la fin, je vivais sur l’adrénaline. Je ne dormais presque pas parce que je m’endors tard après les matchs. Le lendemain, il fallait que je sois à l’aréna pour la pratique et le surlendemain, c’était une autre game.

Hendrix Lapierre

À Hershey, Lapierre avait une certaine pression, ou une pression certaine, sur les épaules. Celle d’avoir un effet décisif, surtout après avoir passé une bonne partie de la campagne au sein du grand club. Et le Québécois n’a pas déçu les attentes. En fait, affirmer qu’il a été à la hauteur serait un euphémisme.

En 20 rencontres éliminatoires avec les Bears, il a inscrit 7 buts et 15 mentions d’aide. L’équipe a remporté les grands honneurs. Et Lapierre a reçu le trophée Jack A. Butterfield, remis au joueur par excellence du tournoi printanier.

Si cet honneur individuel ne représente pas grand-chose, dixit Lapierre, il fait surtout office de « beau cadeau » pour ses efforts des neuf derniers mois.

« Tout au long de l’année, c’était la même affaire chaque jour : tu arrives à l’aréna, tu fais ce qu’il faut pour être prêt, tu manges bien, tu te couches de bonne heure. […] Je voyais ça comme une belle récompense du travail que j’ai mis tout au long de l’année et de la constance avec laquelle j’ai réussi à gérer ça cette année. Mais il y a pas mal d’autres gars qui auraient pu l’avoir. »

En pleine confiance

Dans tous les cas, Lapierre est on ne peut plus satisfait de la dernière saison. En plus de demeurer en santé, il a travaillé chaque jour avec constance, dit-il. Tant à Washington qu’à Hershey, il a disputé des matchs importants, en plus de bien composer avec ses fréquents mouvements d’une ligue à l’autre.

« Ce n’était pas évident, mais ça reste du hockey et, en tant que joueur, il faut que tu sois prêt », laisse-t-il entendre à ce sujet.

PHOTO BOB FRID, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Hendrix Lapierre

Avec les Capitals, il a occupé « toutes les positions ». « Il y a des matchs où je jouais 5 minutes, d’autres où je jouais 15 minutes. J’ai vraiment tout vécu. L’année prochaine, je vais me sentir super à l’aise, peu importe la situation dans laquelle je vais me trouver, en espérant que ce soit avec les Caps. »

Pour toutes ces raisons, soutient l’athlète de 22 ans, « c’est vraiment mission accomplie pour cette année ».

C’est probablement une de mes saisons les plus constantes depuis un bon bout.

Hendrix Lapierre

Maintenant, la question à 1000 $ : la dernière année aura-t-elle convaincu les dirigeants des Capitals qu’il peut jouer à temps plein dans la Ligue nationale ?

« Honnêtement, j’ose espérer que oui, confie-t-il. Je pense que j’ai laissé une belle carte de visite et que j’ai prouvé que j’étais capable de bien faire ça dans la Ligue américaine et que j’étais prêt pour la prochaine étape. »

Lapierre n’a pas peur des mots : il se sent « confiant » et à sa place « à 100 % » dans la Ligue nationale. Alors qu’il entamera en septembre sa dernière année de contrat, il a bien l’intention de prouver qu’il peut être un « joueur d’impact » avec les Capitals.

« On verra ce qui arrive, mais je pense que j’ai fait ce que j’avais à faire cette année. »

On ne le contredira pas là-dessus.

Un nouveau Québécois à Washington

Les Capitals ont acquis l’attaquant québécois Pierre-Luc Dubois dans un échange avec les Kings de Los Angeles. Hendrix Lapierre ne connaît pas beaucoup son homologue, mais il a déjà joué avec lui, l’été dernier, dans une ligue à trois contre trois. « Je ne lui ai pas parlé depuis l’échange, a dit le jeune homme. Je ne veux pas parler pour lui, mais je suis sûr qu’il est super motivé. Il va avoir de belles responsabilités à Washington et c’est une nouvelle chance pour lui de se prouver. Je pense que c’est un super bon échange pour les Caps. »