Jean-François Trudeau, membre du groupe de propriétaires de l’Armada de Blainville-Boisbriand, est très clair : « On ne veut pas déménager, on veut que ça marche. » La solution, pour ce faire, est à la fois simple et compliquée : il faut trouver le moyen d’attirer les partisans de partout dans les Basses-Laurentides.

Trudeau fait partie du groupe de cinq actionnaires à avoir fait l’acquisition du seul club de hockey junior du Grand Montréal, en mai 2023. À ce moment, « l’équipe était complètement à terre », dixit M. Trudeau en entrevue avec La Presse, vendredi.

Depuis, plusieurs améliorations ont été apportées sur le plan de l’expérience client, question d’attirer les gens au Centre d’excellence Sports Rousseau, domicile du club. Cette saison, « ça n’a pas très bien été » au chapitre des ventes de billets. « On avait des espoirs de faire un nombre de personnes, et on a été dans les trois moins bonnes équipes de la ligue. »

Bien sûr, les propriétaires ne s’attendaient « pas au miracle », précise M. Trudeau. « C’est un plan de trois ans, on n’est pas découragés », ajoute-t-il. À ce jour, le groupe ne pense pas au déménagement. « On est dans un mood où il faut que ça fonctionne à Boisbriand. »

C’est donc dans cet objectif que l’Armada a annoncé vendredi un partenariat avec la Ville de Saint-Jérôme : l’équipe ira jouer quatre matchs préparatoires à l’aréna régional de la Rivière-du-Nord les 16, 21 et 23 août ainsi que le 13 septembre prochains.

Ce partenariat est une façon, pour l’Armada, d’accomplir une de ses missions, soit de se « rapprocher de la communauté » des Basses-Laurentides.

C’est l’équipe d’une région. Ce n’est pas l’équipe de seulement une ville. On s’est donné comme mission de se rapprocher des écoles. L’année passée, on est allés jouer un match à Sainte-Agathe, ç’a été un succès.

Jean-François Trudeau, membre du groupe de propriétaires de l’Armada de Blainville-Boisbriand

Sans faire de menaces ou lancer d’ultimatum, M. Trudeau confie que le club ne pourra pas survivre si l’assistance n’augmente pas dans les deux prochaines années. « On ne sera pas là cinq ans avec 1000 personnes dans les estrades, ce n’est pas viable », dit-il.

« Ce n’est pas le travail des gens. C’est notre travail de les amener, de leur prouver qu’on a un bon produit et que ça peut devenir intéressant », poursuit-il en rappelant que l’équipe atteindra la fin de son cycle lors de la saison 2025-2026. « Je pense qu’on va réussir. J’espère qu’on va réussir. […] On ne connaît pas l’avenir, mais notre but premier, c’est que ça reste à Boisbriand. »

« Retour vers le passé »

Du côté de Saint-Jérôme, ce partenariat avec l’Armada marque le retour de la LHJMQ dans la ville après 52 ans d’absence. Rappelons que les Alouettes de Saint-Jérôme ont existé de 1969 à 1972.

« Je trouve que c’est un beau clin d’œil, un retour vers le passé, mais peut-être un regard vers l’avenir, sait-on jamais », de dire le maire, Marc Bourcier.

Saint-Jérôme ne cesse d’annoncer des nouvelles sportives, ces derniers mois. En janvier dernier, la Fondation des Canadiens pour l’enfance inaugurait sa 14patinoire Bleu Blanc Bouge au parc Honorine-Melançon. « Ça faisait 14 ans que je la demandais à la Fondation », raconte M. Bourcier.

Ces dernières semaines, la ville a accueilli les Alouettes de Montréal au Centre Claude-Beaulieu. L’équipe y a tenu son camp d’entraînement. « Ça fait parler de Saint-Jérôme pour les vraies bonnes raisons. »

Et voilà que la ville présentera quatre matchs de hockey junior majeur à l’aréna régional de la Rivière-du-Nord, qui peut accueillir jusqu’à 1300 personnes.

« En 2021, on était inquiets parce qu’il y avait des rumeurs que [l’équipe partirait] à Longueuil. […] C’est l’équipe des Laurentides. Nous, on est la ville centre. On est la capitale régionale. On a beaucoup à offrir. »

Serait-il envisageable d’avoir un club junior majeur jérômien un de ces jours ? « Ça va être aux citoyens de nous montrer ce qu’ils veulent, de nous envoyer un signal. »