(Fort Lauderdale) « Je vais devoir tourner la voiture de bord, on ne pourra pas se rendre… »

Dans la vie, il y a des phrases qu’on ne veut pas entendre, et au sommet de la liste, il y a celle-là, surtout si elle vient de la part du gars qui est en train de conduire votre Uber en Floride.

Mais c’est arrivé, exactement comme ça, mercredi en fin de journée, alors qu’il fallait se rendre à l’aéroport de Fort Lauderdale. Il s’est mis à tomber des cordes (ici, ils appellent ça flash flooding, et il faudra se familiariser avec ce terme, de toute évidence), et puis tout d’un coup, il y avait de l’eau à la hauteur du plancher de la voiture.

OK, bonne idée, on va tourner de bord.

On a fini par trouver un hôtel par chance et pas trop loin, avec des vers de terre qui avaient commencé à se faufiler sur le plancher du hall, sans doute parce qu’ils ne voulaient pas se noyer, eux non plus.

Le gars à la réception a offert une chambre au deuxième, mais juste au cas, j’ai pris une chambre au septième. « Bonne idée ! », a lancé notre gars d’hôtel, à la blague probablement.

Les télés du hall diffusaient des images captées quelque part pas trop loin. Ici, une dame qui avait les pieds dans l’eau, dans sa propre cuisine. Là, quatre gars qui avaient l’air d’avoir du fun à bord d’un kayak gonflable jaune en pleine rue, signe d’une préparation préalable. On a aussi vu passer des images de voitures submergées, avec le toit qui sort à peine de l’eau.

Jeudi matin, tout ça était passé, comme un mauvais rêve, et on m’a expliqué ici qu’on commence à être habitué, alors les opérations de drainage se font d’ordinaire assez rapidement, mais on attend encore de la flotte pour plusieurs jours, et s’il devait y avoir un match numéro cinq de la finale de la Coupe Stanley, on peut se demander ce que ça donnerait.

Mercredi, l’avion nolisé des Panthers a mis trois bonnes heures avant de finalement pouvoir décoller vers Edmonton. C’est d’ailleurs peut-être la première fois de l’histoire de la LNH qu’une équipe était heureuse de partir pour Edmonton.

Conseil aux nombreux Québécois qui aiment venir passer la moitié de l’année par ici : gardez un kayak gonflable dans le coffre de la voiture. Ça peut toujours servir.