P.K. Subban a choisi de quitter le monde du hockey d’une manière un peu différente, en tout cas, certes pour lui : sans trop faire de bruit.

Mis à jour le 20 septembre
Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

À l’âge de 33 ans, celui qui avait été repêché par le Canadien a décidé que le hockey, ce n’est plus pour lui. Subban a annoncé sa retraite mardi matin, avec un message qui a circulé sur les réseaux sociaux.

« Ce chapitre se ferme, et après 13 ans dans la LNH, j’ai pris la décision de me retirer », a-t-il entre autres écrit dans un bref message.

Subban aura connu une carrière remplie de hauts et de bas, avec les hauts qui sont surtout survenus de 2010 à 2016, alors qu’il était un membre du Canadien.

C’est en portant le maillot tricolore qu’il a connu sa meilleure saison, en 2014-15, en récoltant un total de 60 points, un sommet pour lui en carrière. C’est aussi avec le Canadien qu’il a récolté le trophée Norris en 2013, remis au meilleur défenseur de la ligue, un honneur qu’aucun défenseur du CH n’avait obtenu depuis Chris Chelios en 1989.

Mais des frictions avec la direction, notamment l’entraîneur Michel Therrien, ont mené à une spectaculaire transaction avec les Predators de Nashville, en juin 2016. En retour de Subban, le Canadien a obtenu un autre défenseur, Shea Weber, qui finira par aider le club à atteindre la finale de 2021.

« Il a été tout un joueur de hockey, a commenté son ex-coéquipier Francis Bouillon. Il a fait sa marque, pas juste ici à Montréal, mais aussi ailleurs. Il a été bon pour la ligue, il a été flamboyant et il a apporté beaucoup. On a eu du plaisir ici avec lui… Il me faisait rire, on a appris à le connaître, ce n’est pas tous les jours qu’on a des coéquipiers comme lui ! Dans les séries, c’était un guerrier, un vrai, il voulait gagner, et pour moi, c’est ça l’important… il a été un bon coéquipier, avec beaucoup plus de bons côtés que de mauvais. Mais c’est arrivé à quelques reprises qu’il ait eu des altercations avec des coéquipiers. » 

Subban a lui aussi mené son club en finale en 2017, lors de sa première saison avec les Predators. Cette série face aux Penguins de Pittsburgh a notamment été marquée par une confrontation entre lui et Sidney Crosby.

Ensuite, ce fut un peu plus difficile pour le défenseur. Après une saison de 82 matchs en 2017-18, il n’a plus été en mesure de disputer des saisons complètes lors des quatre années suivantes, souvent ralenti par des maux de dos persistants.

La saison dernière, il a récolté 22 points en 77 matchs avec les Devils du New Jersey, lors de la dernière année d’un contrat de huit ans que lui avaient fait signer le Canadien et le directeur général Marc Bergevin, pour une moyenne de 9 millions de dollars par saison. Il était toujours sans contrat depuis la fin de cette entente.

« PK, en tant que personne racisée, la carrière qu’il a eue à Montréal, c’est énorme, a noté le défenseur du Canadien Jordan Harris, mardi à Brossard. Peut-être que des jeunes qui grandissent le voient comme quelqu’un qui leur ressemble, et ils se disent qu’ils peuvent faire comme lui, gagner le Norris, redonner à la communauté, et avoir une carrière remplie de succès. Il ne le sait peut-être pas, mais il a permis de faire avancer le hockey. »

« Ce qu’il a fait est inspirant parce que le hockey, de manière historique, n’est pas un sport où il y a eu beaucoup de diversité. Alors ce fut inspirant de constater le succès qu’il a pu obtenir. »

Subban, un choix de deuxième tour du Canadien, le 43e au total en 2007, se retire avec une récolte de 467 points en 834 rencontres dans la LNH.

P.K. Subban ne devrait pas s’ennuyer. Il a déjà été analyste télé pour le réseau ESPN, et la LNH a aussi annoncé qu’il aurait sa propre émission, P. K.’s Place. Subban s’est aussi impliqué pour plusieurs œuvres de charité, notamment l’Hôpital de Montréal pour enfants et les Blueline Buddies, organisme qui visait à rapprocher les différentes communautés aux services de police.

Subban a partagé ceci sur sa page Instagram.

« Je me souviens de mes rêves de jouer dans la LNH et de gagner une coupe Stanley, comme les gars sur les cassettes Rock’em Sock’em de Don Cherry à la fin de chaque volume, avec les yeux au beurre noir, les os cassés et les larmes de joie. Aujourd’hui encore, j’en rêve. Cependant, la fin de ce chapitre se rapproche et après 13 ans dans la LNH, j’ai pris la décision de prendre ma retraite.

Je n’ai jamais eu l’impression d’être « juste un joueur de hockey ». Je me suis toujours considéré comme une personne qui se trouvait à être un joueur de hockey. Cette perspective m’a permis de profiter de chaque présence comme si c’était la dernière, de célébrer chaque but avec émotion et de jouer chaque match comme si quelqu’un payait pour me voir jouer et ne m’avait jamais vu jouer auparavant.

Je tiens à remercier mes parents, Karl et Maria, qui sont les meilleures personnes que j’ai jamais rencontrées ! J’ai été gâté chaque jour par votre amour et votre soutien, et je ne sais pas comment exprimer ma gratitude pour les sacrifices que vous avez faits pour moi. J’ai la chance d’avoir les frères et sœurs les plus compréhensifs que je puisse demander.

À tous mes fans qui m’ont soutenu et continuent de me soutenir depuis le premier jour où j’ai posé le pied sur la glace, merci ! Vous m’avez relevé quand j’étais déprimé, vous m’avez soutenu dans les moments difficiles et vous m’avez soutenu dans tout cela !

À une ligue extraordinaire qui m’a donné l’occasion de concourir au plus haut niveau avec certains des meilleurs athlètes du monde. La LNH m’a également fourni une plateforme qui m’a permis de donner en retour par le biais de mes œuvres de charité. Je remercie sincèrement les nombreux joueurs avec lesquels j’ai joué ou contre lesquels j’ai concouru et qui ont fait ressortir le meilleur de moi-même. Je remercie sincèrement les Canadiens de Montréal, les Predators de Nashville et les Devils du New Jersey d’avoir pu représenter leur organisation avec classe et intégrité.

Je me réjouis de la route qui s’ouvre devant moi et des nombreuses occasions passionnantes qui se présenteront. Je suis impatient de partager ces opportunités avec vous tous le moment venu !

Avec amour, reconnaissance et tout le bonheur que je peux espérer. »

Cinq moments mémorables

20 mai 2010

À peine arrivé dans la LNH, Subban prend part aux séries, et participe activement au printemps magique du Canadien, le printemps Halak, avec une récolte de 8 points en 14 matchs. Lors du troisième match de la finale d’association face aux Flyers, ses trois aides permettent au Canadien de remporter le match 5-1, et de se replacer (brièvement) dans la série.

16 décembre 2010

À sa première saison complète avec le Canadien, Subban se fait remarquer de plusieurs façons… entre autres grâce à cette percutante mise en échec à l’endroit de Brad Marchand, des Bruins de Boston. Le ton est donné, et pendant toutes ses années comme membre du Canadien, Subban sera toujours un joueur très en vue lors des affrontements face aux Bruins.

1er mai 2014

Au premier match d’une série de deuxième tour contre les Bruins de Boston, c’est Subban qui enfile la cape du héros. Il marque le premier but du match, et aussi le dernier, celui-là victorieux lors de la deuxième période de prolongation à Boston. Le Canadien remporte ce match 4-3 et finira aussi par remporter la série en sept matchs.

5 mars 2016

Lors d’un match face aux Jets de Winnipeg, les caméras captent Subban en grande discussion avec Pierre Gervais, le gérant de l’équipement, à la suite d’un problème avec ses patins. Plus tard, Gervais affirmera que ce n’était rien de grave, mais la direction du Canadien, l’entraîneur Michel Therrien en tête, n’avait pas du tout apprécié. Ce qui mène au moment suivant…

29 juin 2016

À la surprise générale, et après lui avoir accordé un contrat de huit ans et 72 millions de dollars, le Canadien refile Subban aux Predators de Nashville, en échange de Shea Weber. Qui a gagné cette transaction ? Six ans plus tard, le débat continue…