Au lendemain du gel du financement de Hockey Canada par le gouvernement fédéral, la fédération nationale de hockey a indiqué qu’elle avait bien compris le message. Quelques heures plus tard, on apprenait que de nouvelles invitations à comparaître devant le comité parlementaire du Patrimoine étaient à l’horaire les 26 et 27 juillet.

Mis à jour le 23 juin
Nicholas Richard
Nicholas Richard La Presse

Éclaboussé par un scandale de viol collectif allégué, Hockey Canada peine à sortir la tête de l’eau depuis son audience devant le comité parlementaire du Patrimoine en début de semaine.

Ainsi, la ministre des Sports Pascale St-Onge a annoncé mercredi que l’organisation n’allait plus pouvoir profiter de fonds fédéraux, jusqu’à nouvel ordre. La ministre a parlé du leadership « déficient, inapproprié, d’une autre époque » pour expliquer la décision prise par son gouvernement.

Jeudi, 24 heures plus tard, Hockey Canada a réagi en affirmant qu’il comptait travailler dans le bon sens pour retrouver la confiance du Ministère : « Nous sommes foncièrement impliqués et nous travaillons de manière active pour forger une culture sportive dans laquelle tout le monde doit se sentir inclus et en sécurité et de laquelle tous les Canadiens peuvent être fiers. »

La fédération a aussi précisé que « en tant que leaders, nous devons faire mieux et on est motivés de le faire. Au cours des prochains jours et des prochains mois, les Canadiens peuvent s’attendre à un bon travail de notre part. »

D’autres invitations à comparaître

Une autre rencontre du comité parlementaire est prévue les 26 et 27 juillet, a-t-on appris jeudi après-midi.

Le comité a notamment convoqué à comparaître l’ancien vice-président aux assurances de Hockey Canada, Glen McCurdie, le cabinet d’avocats torontois Heinen Hutchinson qui a mené l’enquête indépendante, le président de la compagnie d’assurances BFL Canada, Barry Lorenzetti, ainsi que Nicole Mulligan de Sport Canada.

Il demande également une copie caviardée de l’entente hors cour, de l’entente de confidentialité, ainsi que des copies des communications de Hockey Canada envoyées aux équipes et aux joueurs à ce sujet.

Le gouvernement mécontent

À la table du Comité permanent du patrimoine canadien, lundi dernier, aucun élu ne s’est montré satisfait des explications offertes par les hauts dirigeants de Hockey Canada.

Ils ont entre autres bondi en apprenant que l’organisation avait signé le chèque de l’entente à l’amiable au nom des huit anciens joueurs de la Ligue canadienne de hockey (LCH) dont l’identité n’est pas connue.

Ils ont été choqués d’apprendre qu’aucun athlète n’avait été contraint de participer à l’enquête sur ces évènements remontant au printemps 2018, mais aussi, que d’autres cas d’allégation d’inconduite sexuelle par des joueurs sont survenus dans les cinq ou six dernières années.

À ce sujet, Mme St-Onge a exprimé ceci : « Je ne peux pas accepter que ce soit la norme dans nos organisations sportives nationales, et les Canadiens ne devraient pas non plus. »

Comme l’a d’abord rapporté le réseau TSN, un règlement à l’amiable est intervenu quelques semaines après que la victime présumée a engagé une poursuite de 3,55 millions contre huit ex-joueurs de la LCH, contre la ligue et contre Hockey Canada.

Avec Mélanie Marquis et Katherine Harvey-Pinard, La Presse