À chaque arrêt d’Andrei Vasilevskiy, impérial en deuxième ronde contre les Panthers de la Floride, le Lightning de Tampa Bay peut remercier les Red Wings de Detroit. Comment le Lightning a-t-il pu mettre la main sur le meilleur gardien de but au monde ?

Publié le 25 mai
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Malgré une surprenante place parmi le carré d’as sous l’impulsion de l’entraîneur Guy Boucher en 2011, Tampa se considère toujours en reconstruction la saison suivante, du moins estime-t-elle cruciale d’amasser des actifs afin d’améliorer l’équipe à long terme.

Le Lightning ratera les séries en 2011-2012 et plusieurs joueurs sont mis sur le marché avant la date limite des échanges, parmi lesquels Dominic Moore, Pavel Kubina et Steve Downie.

Les deux premiers rapporteront des choix de deuxième ronde. Le directeur général de l’Avalanche à l’époque, Greg Sherman, s’intéresse à Downie qui, à 24 ans, vient de connaître une saison de 28 points en 55 matchs en plus de multiplier les mises en échec et les coups de poings.

Le DG du Lightning, Steve Yzerman, tient à obtenir un choix de première ronde pour Downie, mais Sherman n’a plus le sien en 2012, l’ayant cédé aux Capitals de Washington un an plus tôt pour obtenir le gardien Semyon Varlamov.

Mais Yzerman a eu vent de l’intérêt de son ancien confrère des Red Wings, Ken Holland, à l’égard du défenseur de l’Avalanche, Kyle Quincey, repêché par Detroit en 2003, mais perdu au ballottage en 2008.

Quincey, désormais âgé de 26 ans avait eu le temps de se développer et comptait déjà 23 points en 54 matchs au compteur avec l’Avalanche, en plus de jouer en moyenne plus de 22 minutes par rencontre.

Une fois la transaction entre le Lightning et l’Avalanche conclue, Yzerman a rappelé Holland pour lui annoncer la nouvelle et lui offrir Quincey.

Holland voulait ajouter du muscle en défense à l’aube des séries et a sacrifié son choix de première ronde, 19e au total, pour obtenir Quincey. Detroit a perdu en première ronde aux mains de Nashville cette année-là, mais a pu conserver les services de Quincey pour quatre autres saisons. Mais Quincey n’a jamais dépassé le statut de défenseur marginal à Detroit.

Le Lightning détenait son propre choix de première ronde, au 10e rang, et celui des Red Wings au 19e. À l’aube du repêchage, Vasilevskiy avait été ciblé par les recruteurs de Tampa, avec à sa tête Al Murray.

On a néanmoins sélectionné le défenseur des Petes de Peterborough Slater Koekkoek, 18 points en 26 matchs dans la Ligue junior de l’Ontario dixième. Koekkoek n’a jamais pu s’établir comme régulier dans la LNH.

« Ils (les recruteurs du Lightning) étaient convaincus que Vasilevskiy serait encore disponible au 19e rang », nous confiait mardi soir une source proche du dossier.

Vasilevskiy était même classé devant Koekkoek sur la liste du Lightning, et parmi les premiers de classe de cette cuvée comprenant entre autres Nail Yakupov, Alex Galchenyuk, Morgan Rielly et Filip Forsberg, entre autres.

Les vingt premiers joueurs choisis en 2012

  1. Nail Yakupov, Edmonton
  2. Ryan Murray, Columbus
  3. Alex Galchenyuk, Montréal
  4. Griffin Reinhart, Long Island
  5. Morgan Rielly, Toronto
  6. Hampus Lindholm, Anaheim
  7. Matt Dumba, Minnesota
  8. Derrick Pouliot, Pittsburgh
  9. Jacob Trouba, Winnipeg
  10. Slater Koekkoek, Tampa
  11. Filip Forsberg, Washington
  12. Mikhail Grigorenko, Buffalo
  13. Radek Faksa, Dallas
  14. Zemgus Girgensons, Buffalo
  15. Cody Ceci, Ottawa
  16. Tom Wilson, Washington
  17. Tomas Hertl, San Jose
  18. Teuvo Teravainen, Chicago
  19. Andrei Vasilevskiy, Tampa
  20. Scott Laughton, Philadelphie

Après avoir fait l’exercice de deviner les choix des 17 autres équipes à choisir, à l’aide d’un repêchage simulé interne concocté par les recruteurs de Tampa, on a conclu qu’aucun club ne serait intéressé par un gardien russe avant le 19e rang.

Le Lightning et Vasilevskiy sont désormais à huit victoires de remporter une troisième Coupe Stanley consécutive, une première depuis les Islanders de New York en 1982

Evander Kane : une acquisition payante !

Plusieurs ont roulé des yeux lorsque le DG des Oilers, Ken Holland, a acquis le controversé attaquant Evander Kane, en janvier. Et on peut comprendre la réaction. Kane avait triché pour échapper au protocole de la COVID dans la Ligue américaine. Sa dépendance aux jeux de hasard est connue, Kane a même déclaré faillite cette année alors qu’il était riche d’un contrat de 49 millions. Les Sharks de San Jose n’ont pas mis fin à leur entente avec lui pour rien.

Photo Jeff McIntosh, La Presse Canadienne

Evander Kane et Cody Ceci

Mais Kane a peut-être compris que les Oilers pouvaient constituer sa dernière chance de jouer au hockey dans la LNH. Il a marqué deux autres buts, mardi soir dans une victoire de 5-3, et ainsi permettre à Edmonton de prendre l’avance trois matchs à un dans sa série contre les Flames de Calgary. Il s’agissait pour lui d’un cinquième but lors des deux derniers matchs, d’un douzième en onze matchs depuis le début des séries. Il se retrouve désormais à sept buts du record détenu par Reggie Leach et Jarri Kurri. La présence de Connor McDavid, désormais 25 points en seulement 11 matchs, ne nuit évidemment pas…

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