Samuel Morin voulait être joueur de hockey. Et il l’a été. Même si ça n’aura pas duré aussi longtemps qu’il l’aurait souhaité.

Publié le 5 mai
Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Le directeur général des Flyers de Philadelphie, Chuck Fletcher, a annoncé mardi qu’il y avait « trop de dégâts » au genou du défenseur de 26 ans pour lui permettre de poursuivre sa carrière.

De retour au Québec, Morin a rencontré les médias virtuellement, jeudi midi. Chaleureux et souriant comme le veut sa réputation, le natif de Lac-Beauport semblait serein. Voilà cinq mois que le médecin lui a annoncé qu’il ne pourrait pas rechausser ses patins.

Je sais que je ne suis pas le premier ni le dernier [à me retirer en raison d’une blessure]. Mais c’est dur de le réaliser. C’est autour de Noël que je l’ai appris, alors c’était difficile de l’accepter. Mais ça fait quelques mois maintenant, alors je me sens beaucoup mieux.

Samuel Morin

« Je suis vraiment fier de moi. La douleur physique et mentale que j’ai traversée avec toutes ces blessures… Je revenais et je souriais à la patinoire. J’étais heureux d’être là. Je suis content de ma carrière, j’ai tout donné. Ce sera la même chose pour la suite. Je vais y mettre tout mon cœur. »

Morin, choix de premier tour des Flyers en 2013, ne l’a pas eue facile au cours des dernières années. Les déboires ont commencé en 2018, quand il s’est déchiré le ligament croisé antérieur du genou droit une première fois en pleines séries de la Coupe Calder avec les Phantoms de Lehigh Valley. Il est revenu au jeu la saison suivante, avant de se le déchirer de nouveau en 2019.

La saison passée, Morin a disputé 20 matchs dans la Ligue nationale. Mais son genou le faisait encore souffrir. Même s’il refusait d’abandonner, il savait au fond de lui que la fin approchait.

« Je savais que ce n’était pas normal d’avoir de la misère à marcher après un match, a-t-il relaté. Quand on était dans un bel hôtel à Boston ou à New York, je profitais de tout ce qui se passait. Ça m’a donné une nouvelle perspective sur le fait que je suis chanceux d’avoir joué dans la Ligue nationale. C’est un privilège. La passion du hockey me faisait tout le temps revenir. »

« Je vais être honnête, j’adorais ça : les pratiques, les entraînements, le gym, être avec les gars sur la route, aller au restaurant. Je m’accrochais à tout ça. »

Le défenseur, qui a inscrit son premier et seul but dans la LNH le 27 mars 2021, s’est blessé de nouveau avant le camp d’entraînement à l’automne. C’est ce qui a, ultimement, sonné le glas de sa carrière. Il n’a pas joué de la saison.

Le hockey, pour toujours

Avec son genou « hypothéqué à vie », Samuel Morin n’est plus capable de faire certaines choses simples qu’il faisait auparavant, comme courir. Mais il fait preuve d’un positivisme inspirant. Il regarde devant. Si certains joueurs décident de tourner la page du hockey une fois à la retraite, c’est tout le contraire dans son cas.

« Honnêtement, le hockey est ma vie et ça va rester ma vie », a-t-il lancé.

« Je veux rester dans le monde du hockey, je l’ai dit à mes parents. J’adore ça. J’ai été blessé longtemps, j’ai regardé beaucoup de hockey. Dans la vie, parfois, il y a des choses qui arrivent et tu dois regarder devant. Je suis jeune, je vais avoir 27 ans bientôt, et il y a tellement de choses que j’ai hâte de vivre. Pour mon futur emploi, c’est ce que je veux faire. »

Morin a passé l’entièreté de sa carrière professionnelle au sein de l’organisation des Flyers. Quand un journaliste lui a demandé de parler de son amour pour cette équipe, le Québécois ne s’est pas fait prier. Il a vanté le respect dont a fait preuve l’organisation à son endroit.

« La direction, les entraîneurs, mes coéquipiers ont toujours cru en moi, même avec toutes les malchances dont j’ai été victime, a-t-il commencé. Je suis quelqu’un de très fidèle et, quand t’es un Flyers, t’es un Flyers à vie. C’est une mentalité que j’adore. »

J’étais vraiment fier d’aller là-bas. J’aurais voulu plus performer pour eux, leur montrer qu’ils avaient fait le bon choix. Si tu regardes le repêchage et mes statistiques, ce n’est pas très bon, mais ils respectaient tellement mon vouloir. C’est quelque chose qui ne se décrit pas.

Samuel Morin

Cet amour était visiblement réciproque. En conférence de presse, Chuck Fletcher a décrit Morin comme un « jeune incroyable, avec un grand cœur et une énorme détermination qui a fait tout ce qu’il pouvait pour être un joueur de hockey », ajoutant qu’il avait discuté avec lui pour voir si un poste au sein de l’organisation pourrait l’intéresser.

Morin s’est dit ouvert à l’idée, mais a indiqué qu’il préférait se donner du temps. Pour l’instant, il est simplement ravi d’enfin retrouver ses parents, sa petite sœur et ses amis, qu’il a peu côtoyés dans les dernières années.

« Je vais prendre la meilleure décision pour moi, a-t-il dit. Je pense que je le mérite. Je veux être heureux. »