Kent Hughes n’implore pas la patience des partisans pour rien.

Publié le 19 avril
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Non seulement le Canadien devra-t-il encore rivaliser avec des équipes de premier plan dans la section Atlantique ces prochaines années, Tampa, Toronto, Floride, peut-être encore Boston, mais Detroit, Ottawa et Buffalo ont une avance de quelques années sur Montréal dans le processus de reconstruction/réinitialisation.

Nous avons analysé lundi le noyau des équipes de tête de la Ligue nationale en disséquant leur noyau et en le comparant au Canadien.

Faisons maintenant le même exercice ces prochains jours avec les Sabres, les Sénateurs et les Red Wings, en extrapolant un peu évidemment puisque ces formations ont un regard sur l’avenir et non le présent.

Comme la veille, nous identifierons les deux premiers centres, les deux premiers ailiers, les deux premiers défenseurs et le gardien, actuels ou pressentis, pour les quatre équipes.

Évidemment, il y a les impondérables. Le développement des jeunes est variable, la culture d’entreprise peut être viciée, le jeu collectif et la profondeur demeurent importants.

À preuve, Jack Eichel, Sam Reinhart et le défenseur Rasmus Ristolainen devaient être au cœur de la reconstruction des Sabres il y a quelques années et ils ne sont même plus avec l’organisation.

Mais le squelette d’un club peut néanmoins donner un aperçu du potentiel de celui-ci. Aujourd’hui, les Red Wings de Detroit. Demain, les Sénateurs d’Ottawa et jeudi, les Sabres de Buffalo.

Red Wings de Detroit

La reconstruction des Red Wings a commencé en 2017, après une première exclusion des séries après 25 participations consécutives, d’abord avec Ken Holland, puis son successeur Steve Yzerman.

Detroit allait alors repêcher dans le top dix pour la première fois depuis un certain Martin Lapointe en 1991. Detroit en a profité cette année-là pour liquider Thomas Vanek, Tomas Jurco et Brendan Smith pour obtenir des choix au repêchage.

Detroit n’a toujours pas été proche d’une participation aux séries depuis parce que ses choix au repêchage entre 2015 et 2018 n’ont pas encore débloqué.

Les choix de première ronde en 2015 et 2016, Evgeni Svechnikov et Dennis Cholowski, ne sont déjà plus avec l’équipe. Le grand centre Michael Rasmussen, neuvième choix au total en 2017, sera au mieux un troisième centre. Il a l’âge et la production de Ryan Poehling.

Le sixième choix au total en 2018, Filip Zadina, a amassé 23 points en 73 matchs cette saison. On ne désespère pas dans son cas, mais il était l’un des plus vieux joueurs de sa cuvée, étant né en novembre, et il aura déjà 23 ans cet automne.

Mais Detroit a progressé grâce à ses récents choix au repêchage. Elle possède deux des meilleures recrues de la LNH, le défenseur droitier de 6 pieds 4 pouces Moritz Seider, 21 ans, sixième choix au total en 2019, déjà 47 points en 74 matchs cette saison, et un temps d’utilisation moyen de 23 : 05, un sommet au sein de l’équipe, et aussi l’ailier Lucas Raymond, 20 ans à peine, quatrième choix au total en 2020, déjà 55 points cette saison.

Tyler Bertuzzi est toujours considéré comme le premier ailier du club, il a 27 buts et 56 points en 63 matchs (il en a raté une dizaine en raison de son statut de non-vacciné), mais il a 27 ans. Dans un monde idéal, Zadina s’épanouirait l’an prochain. Ou serait-ce Jonatan Berggren, un choix de deuxième ronde en 2018 lui aussi, 54 points en 64 matchs à Grand Rapids, dans la Ligue américaine.

Filip Hronek, 24 ans, est considéré comme le deuxième défenseur de l’organisation à l’heure actuelle, mais Detroit possède une pépite en Suède, Simon Edvinsson, 19 ans, sixième choix au total en 2021, 19 points en 44 matchs à Frolunda, très mobile et fluide pour un défenseur de 6 pieds 5 pouces et 210 livres.

Sans être un centre d’élite comme un MacKinnon ou un Barkov, Dylan Larkin, 25 ans, constitue une valeur sûre. Il a presque un point par match. Par contre, il y a un vide après lui. Il faudra trouver un deuxième centre de qualité, parce que ni Pius Suter, ni Joe Veleno n’ont encore saisi l’occasion, quoique Veleno a seulement 22 ans et on peut lui pardonner ses 14 points en 60 matchs.

Les Red Wings misent sur Sebastian Cossa à long terme devant le filet. Ce géant de 6 pieds 6 pouces a constitué un choix de première ronde, 15e au total, en 2021. Detroit s’est servi du choix obtenu dans l’échange d’Anthony Mantha aux Capitals pour l’obtenir.

Detroit a repêché 28 fois dans les trois premières rondes depuis cinq ans. D’éventuels joueurs de qualité pourraient émerger du lot.

Detroit a connu un bon début de saison avec une fiche de 8-6-2, mais tout s’est écroulé par la suite. Ils sont à presque vingt points d’une place en séries avec une fiche de 29-37-10, derrière Buffalo et Columbus, entre autres.

Selon plusieurs, Detroit devra remplacer l’entraîneur Jeff Blashill, en poste depuis sept ans, pour atteindre un autre niveau.

  • Participation aux séries depuis 5 ans : 0.
  • Choix de première ronde depuis 5 ans : 7.
  • Choix dans le top cinq depuis 5 ans : 1.
  • Choix dans le top dix depuis 5 ans : 5.
  • Choix dans les trois premières rondes depuis 5 ans : 28.
  • Rang repêchage 2022 avant la loterie : 9e rang.
  • Centre #1 : Dylan Larkin, 25 ans.
  • Centre #2 pressenti : Joe Veleno, 22 ans.
  • Ailier #1 pressenti : Lucas Raymond, 20 ans.
  • Ailier #2 : Tyler Bertuzzi, 27 ans.
  • Défenseur #1 : Moritz Seider, 21 ans.
  • Défenseur #2 pressenti : Simon Edvinsson, 19 ans.
  • Gardien pressenti : Sebastian Cossa, 19 ans.

(Mercredi, les Sénateurs d’Ottawa)

Souffrir, avant de gagner…

Parmi les six équipes de tête analysées lundi, la plupart ont vécu une traversée du désert avant de devenir compétitives. L’Avalanche du Colorado a raté les séries six fois en sept ans entre 2011 et 2017 ; les Panthers de la Floride ont participé aux éliminatoires deux petites fois entre 2000 et 2019 et terminé parmi les trois pires clubs de la LNH en 2010, 2011, 2013 et 2014 ; les Hurricanes ont été exclus des séries neuf ans de suite entre 2010 et 2018 ; les Maple Leafs ont participé une fois aux séries en onze printemps entre 2006 et 2016 ; les Rangers ont raté les séries trois fois en quatre ans entre 2018 et 2021. Enfin, le Lightning de Tampa Bay a été exclu cinq ans sur six entre 2008 et 2013 et terminé au 25e rang ou pire quatre années au cours de cette période. Modérez donc vos attentes pour le Canadien ces prochaines saisons…

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