Lorsqu’Andrew Hammond a obtenu le premier départ de sa carrière, le 18 février 2015, on ne donnait pas cher de la peau de son équipe.

Mis à jour le 15 février
Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Aux deux tiers de la saison, les Sénateurs d’Ottawa étaient coincés à 10 points d’une place en séries éliminatoires, avec deux équipes à devancer pour y arriver. L’adversaire du moment, lui, fonctionnait à plein régime, bien installé au deuxième rang du classement général de la ligue, et 24 points devant les Sénateurs. Ça ne change rien à l’histoire, mais cette équipe était le Canadien.

Ce soir-là, Hammond a pourtant arrêté 42 des 44 tirs dirigés vers lui et mené son équipe à la victoire. Il a ensuite remporté le duel suivant. Puis le suivant. Puis presque tous les autres jusqu’à la fin de la saison, transportant les Sénateurs jusqu’aux séries grâce à 20 triomphes en 23 départs.

C’est là qu’est née la légende du Hamburglar, sans conteste l’histoire marquante de la saison 2014-2015 dans la LNH. Or, « avant le match contre Montréal, les médias, et probablement l’équipe aussi, s’attendaient à une liquidation à la date limite des transactions », a-t-il rappelé mardi aux journalistes montréalais.

L’ambiance dans le vestiaire était moche. Mais on a eu une course incroyable vers les séries.

Andrew Hammond

Le vétéran ne se berce pas d’illusions : s’il voit des « similitudes » entre les Sénateurs de 2015 et le Canadien de 2022, les situations ne sont pas identiques pour autant.

Le Canadien croupit au dernier rang du classement général, à 34 points des Bruins de Boston, dernière équipe en position de jouer en séries à l’heure actuelle. Sur une base strictement théorique, l’exploit d’une remontée n’est pas impossible. Mais aucun indice ne laisse croire que ça puisse se produire.

C’est toutefois fort de cette expérience, et de multiples autres, vécues en huit saisons dans le hockey professionnel, que Hammond est débarqué à Montréal. Il est un membre du Tricolore depuis samedi, à la suite d’une transaction conclue avec le Wild du Minnesota.

Dans le contexte qu’on connaît, Hammond veut « aider du mieux qu’[il] peut ». « J’ai vécu beaucoup de choses, et j’en ai vu, des équipes en reconstruction. »

Sans attentes

Les choses se sont bousculées pour ce Britanno-Colombien de 34 ans au cours des derniers jours, si bien qu’il n’a pas encore eu de véritable conversation avec la direction du club pour discuter des attentes à son endroit.

La vérité, c’est que lesdites attentes sont certainement modérées. L’éclosion de Hammond, il y a sept ans, était spectaculaire, mais elle n’a pas duré. Depuis cinq ans, il a disputé un grand total de six matchs en saison, et trois autres en séries. La dernière fois qu’il a vu de l’action dans la LNH, c’est au printemps 2018.

Assigné à l’équipe de réserve du Wild la saison dernière, il n’a pas disputé un seul match. Et cette saison, il n’a joué que dans la Ligue américaine.

C’est donc strictement comme roue de secours qu’on fera appel à lui jusqu’au retour en santé de Jake Allen.

Au cours des années, il ne cache pas s’être demandé plus d’une fois s’il n’avait pas disputé son dernier match dans la LNH. Malgré tout, dans « les bonnes et les mauvaises journées », il s’est efforcé de « bloquer le bruit extérieur » et de se tenir prêt à ce qu’une nouvelle chance se présente.

« Je ne pensais pas que ça prendrait autant de temps avant de revenir dans la LNH, avoue-t-il. [Or], chaque jour, j’ai travaillé afin d’être prêt. Si je ne l’avais pas fait, j’aurais été déçu de moi-même. »

Le coup de fil qu’il a reçu samedi matin de Bill Guerin, directeur général du Wild, l’a tout de même surpris. Rien ne lui laissait prévoir une possible transaction. Il a toutefois mis le cap sur Montréal avec plaisir. On réglerait les détails plus tard.

Ses hauts et ses bas des dernières années lui font « apprécier » ce qui lui arrive. Il dit se sentir « privilégié ».

Sans contrat à la fin de la saison, il affirme que la suite de sa carrière n’est pas encore une inquiétude pour lui. « C’est cliché de le dire, mais je sais que, pour avoir déjà traversé une situation comme celle-ci, si tu regardes trop loin, ça peut devenir difficile. »

Avec la saison haute en couleur que connaît le Canadien, ce n’est sans doute pas une mauvaise philosophie à adopter.

En bref

Pas de McDo à vie

À l’époque où il était une star de la LNH, Andrew Hammond a rapidement été connu sous le sobriquet du « Hamburglar », surnom dont il avait été avait affublé à l’université et qui rendait hommage au personnage popularisé par McDonald’s. Après sa saison de rêve, le géant de la restauration rapide lui avait fait parvenir quelques cadeaux, et une légende urbaine avait circulé voulant qu’il ait reçu une carte lui permettant de manger gratuitement à vie chez le compétiteur de McDowell’s. Interrogé sur cette histoire, mardi, Hammond a souri et a souligné que l’anecdote avait pris des « proportions ». Il a certes reçu des cartes-cadeaux, qu’il croit avoir distribuées à des amis et à des membres de sa famille, et il a fait encadrer une autre carte donnée par l’entreprise, dont il doute toutefois qu’elle lui donne accès à des croquettes à volonté. « Je ne sais pas si ça a de la valeur, a-t-il dit. Si jamais il y a une urgence, je pourrais essayer de casser la vitre. Sinon, ce sera seulement un bon souvenir à avoir à la maison. »

Edmundson patine, Perreault s’entraîne

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Joel Edmundson a patiné pendant une vingtaine de minutes avec un thérapeute du sport. Blessé au dos, le défenseur n’a toujours pas joué cette saison.

Joel Edmundson a patiné pendant une vingtaine de minutes avec un thérapeute du sport, mardi matin, une première dans sa quête de revenir au jeu après avoir soigné une blessure au dos. Aucune date de retour au jeu n’est encore établie, mais son retour sur patins peut certainement être perçu comme une bonne nouvelle. Mathieu Perreault et Ben Chiarot, pour leur part, ont pris part à l’entraînement régulier. Le premier, victime d’une blessure au « bas du corps », était vêtu d’un chandail l’excluant de tout contact. Quant au deuxième, lui aussi atteint au « bas du corps », il a raté le dernier match de son club et il est attendu qu’il s’absente du jeu pendant une semaine. Il s’entraînera toutefois quotidiennement, tout comme Christian Dvorak, dans la même situation que lui. Le Canadien a en outre fourni une mise à jour sur l’état de santé de Carey Price. Il ne patinera pas de la semaine afin de s’entraîner en gymnase, comme le prévoyait son plan de rééducation. Il a été vu sur la glace pour la dernière fois mercredi dernier.