Les yeux dans l’eau et un franc sourire aux lèvres, Henrik Lundqvist a regardé son numéro 30 monter dans les hauteurs du Madison Square Garden, vendredi soir, au terme d’une grande et émouvante cérémonie à New York.

Mis à jour le 28 janvier
Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

« Hen-rik ! Hen-rik ! Hen-rik ! »

À travers les cris incessants de la foule, qui lui ont tiré plusieurs rires, Lundqvist a prononcé un vibrant discours devant des gradins remplis dans l’un des plus mythiques amphithéâtres au monde.

« Vous m’avez manqué ! », a-t-il lancé d’entrée de jeu, faisant réagir la foule de plus belle.

Avec toute sa prestance, l’ex-athlète de 39 ans est revenu sur des moments marquants de sa carrière, à commencer par la première fois qu’il a mis les pieds au Madison Square Garden, en avril 2001.

J’avais été repêché l’année précédente. J’étais ici pour regarder, comprendre ce que c’était de jouer dans la LNH et d’être un membre des Rangers de New York. Cet endroit m’a effrayé et inspiré en même temps. Les partisans étaient tellement passionnés, tellement intenses.

Henrik Lundqvist

« Quatre ans plus tard, j’avais un dîner à Göteborg avec M. Glen Sather. Il était là pour me regarder et pour voir si ça valait le coup de me donner une chance. Je me souviens qu’il était plutôt silencieux pendant le dîner. Il m’a regardé dans les yeux, a arrêté de fumer son cigare et m’a demandé : “Es-tu prêt pour New York ?” Je voulais être confiant, mais je n’étais pas certain de ce qu’il voulait dire. J’ai répondu : “Je pense que oui.” »

PHOTO BRAD PENNER, USA TODAY SPORTS

Modeste choix de septième tour en 2000, Lundqvist est devenu l’un des meilleurs gardiens de sa génération. Il a disputé la totalité de ses 887 matchs réguliers dans la LNH avec les Rangers. Lauréat du trophée Vézina en 2012, il a compilé une fiche de 459-310-96, avec une moyenne de 2,43 et un taux d’efficacité de ,918. Il a également réussi 64 blanchissages.

Le « roi Henrik » était notamment reconnu pour son intensité. Dans son discours d’une dizaine de minutes, il a beaucoup parlé de cette soif de la victoire qui le caractérisait.

« Je me souviens de mes déjeuners avec ma femme chaque jour de match, a-t-il dit. Elle me posait des questions, je répondais par un ou deux mots, mais je pensais surtout au match. »

« Les hauts étaient très hauts, mais les bas étaient très bas, a-t-il continué. Il n’y avait pas grand-chose entre les deux. C’est comme ça que j’ai décidé de vivre ma vie au cours des 16 dernières années à New York. […] Parfois, je me demande si c’était un peu extrême. Probablement que oui. »

Le Suédois, ému, n’a pas manqué de s’adresser aux partisans new-yorkais : « Vous m’avez soutenu pendant toute ma carrière. Ç’a été une expérience incroyable et ça m’a apporté tellement de bonheur. »

« Peu importe ce qu’on me dit, je reviens toujours à un sentiment et c’est la gratitude, a-t-il ajouté. Je me sens tellement reconnaissant pour tout ce que cette organisation m’a donné. Elle nous a soutenus, ma famille et moi. »

Henrik Lundqvist est le 11e joueur à voir son chandail retiré par les Rangers. Pas moins d’une centaine de membres de sa famille et amis, tant de la Suède que des États-Unis, étaient sur place pour l’occasion.

PHOTO BRAD PENNER, USA TODAY SPORTS

« Beaucoup d’émotions »

Henrik Lundqvist devait normalement jouer avec les Capitals de Washington en 2020-2021, mais un problème cardiaque l’en a empêché. Il a finalement annoncé sa retraite en août dernier.

Avant la cérémonie de vendredi, le numéro 30 s’est entretenu avec son ancien coéquipier Michael Rupp dans une entrevue filmée.

« J’ai eu beaucoup de temps au cours des 12 derniers mois pour penser aux années que j’ai passées à New York, a-t-il dit. Je suis très reconnaissant pour ces 15 années de souvenirs, d’amitié. C’est un peu surréel. »

Être un athlète dans cette ville, c’est un privilège.

Henrik Lundqvist

En conférence de presse d’avant-match, l’entraîneur-chef des Rangers, Gerard Gallant, s’est fait demander quels souvenirs il gardait du nouvel immortel.

« Que des mauvais souvenirs ! a-t-il lancé à la blague. Au Championnat du monde il y a deux ans, il nous a battus quand j’étais entraîneur adjoint de l’équipe du Canada. »

« C’était un excellent gardien, évidemment, a-t-il ajouté. Il était la fierté de New York, un grand gardien et une bonne personne. Je ne le connais pas personnellement, mais c’est une belle soirée [pour l’organisation]. »

Lundvist se situe au sixième rang des gardiens au chapitre des victoires dans l’histoire de la LNH. À l’international, il a notamment aidé la Suède à remporter l’or aux Jeux olympiques de Turin, en 2006, et l’argent à Sotchi, en 2014.