Doug Jarvis a toujours joué dans l’ombre des attaquants Guy Lafleur, Jacques Lemaire, Steve Shutt et même de son ailier gauche Bob Gainey lors de la glorieuse époque du Canadien dans les années 1970.

Publié le 24 janvier
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Mais Jarvis tenait un rôle essentiel au sein de cette équipe à titre de centre défensif et favori de l’entraîneur-chef Scotty Bowman.

Il était aussi un athlète courageux et durable, et détenait son propre record : 964 matchs disputés consécutivement.

Cette marque vieille de 35 ans tombera vraisemblablement mardi soir lorsque Keith Yandle affrontera les Islanders de New York mardi. Mais avant, le défenseur des Flyers doit disputer un match lundi soir contre les Stars de Dallas, au Wells Fargo Center de Philadelphie.

PHOTO MATT SLOCUM, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Keith Yandle

« Je m’attendais avant le début de la saison à ce que mon record tombe cette année, avec Keith [Yandle], Phil [Kessel] ou même Patrick Marleau », a confié Jarvis en point de presse sur Zoom lundi.

L’ancien centre du Canadien, aujourd’hui âgé de 66 ans, œuvre désormais à titre conseiller chez les Canucks de Vancouver, après 30 ans dans le coaching, dont 6 dans l’organisation du CH.

« Je n’ai jamais rencontré Keith, mais j’ai son numéro et je compte l’appeler dans les prochains jours pour le féliciter. Ça prend de l’engagement, du caractère et une grande passion pour ce sport. »

Jarvis associe d’abord son record à la santé. « Je suis heureux pour lui parce que pour moi, une telle marque signifie que vous demeurez en santé. C’est mon souhait pour chaque joueur parce qu’il nous reste beaucoup d’années à vivre après notre carrière et plusieurs de mes anciens collègues ont eu des problèmes à ce chapitre après leur carrière. »

Le hockey des années 70 était plus rude, disent certains, avec la présence des Broad Street Bullies à Philadelphie et des Big Bad Bruins à Boston. C’était aussi l’époque où des joueurs étaient surnommés « Hammer » (marteau), « King Kong » et « Killer ». « Chaque époque comporte différents aspects, répond Jarvis. En ce moment, avec la COVID-19, beaucoup de choses peuvent faire dérailler les choses pour un joueur. Et le jeu est devenu si rapide aujourd’hui, les joueurs sont si costauds. »

Jarvis, qui n’a manqué aucun match en sept saisons avec le Canadien, entre 1975 et 1982, n’a jamais songé à battre de record de longévité à l’époque. « Je voulais juste être dans la formation soir après soir. Je ne pensais pas au record de Garry Unger. Avant de le savoir, les chiffres s’étaient additionnés. »

Une seule fois, croit-il, sa séquence a été menacée avant qu’il batte le record. « Je jouais pour les Capitals et je devais être autour de 700 matchs. J’ai été mis en échec au moment où je tentais de marquer dans un filet désert. J’ai perdu mon casque et ma tête a frappé la glace. Je ne me souvenais de rien et j’ai eu besoin de cinq ou six points de suture pour fermer la plaie. Je jouais le match suivant. Avec le protocole des commotions en place aujourd’hui, j’aurais sûrement raté les rencontres suivantes. »

Jarvis a disputé trois saisons à Washington après y avoir été échangé avec Rod Langway, Craig Laughlin et Brian Engblom pour Ryan Walter et Rick Green en septembre 1982, quelques mois après l’élimination du Canadien aux mains des Nordiques de Québec, sur le but de Dale Hunter. Il a ensuite passé deux saisons à Hartford, mais rien ne battra Montréal, évidemment.

« J’ai été repêché par Toronto en 1975, mais quelques mois plus tard, j’ai reçu un appel du directeur général Jim Gregory pour m’annoncer que mes droits passaient au Canadien [pour un dénommé Greg Hubick]. Je ne savais pas à quoi m’attendre parce que la compétition était forte. Plusieurs joueurs du club-école étaient déjà du calibre de la LNH. J’ai fait de mon mieux au camp. Scotty Bowman a cru en moi et m’a donné un rôle. Jouer pour le Canadien, c’est comme obtenir son doctorat au hockey… »