Bientôt sept ans après avoir repêché Connor McDavid au premier rang en 2015, les Oilers d’Edmonton se trouvent une fois de plus enlisés dans la mauvaise portion du classement.

Publié le 21 janvier
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Avec cette humiliante défaite de 6-0 jeudi soir contre les Panthers de la Floride, les Oilers se retrouvent à six points de la dernière place donnant accès aux séries, avec plus de matchs à disputer que les Sharks de San Jose, mais deux autres clubs à devancer, Vancouver et Calgary, pour atteindre le troisième rang de leur division.

Les Oilers pourraient rater les séries pour une quatrième fois en sept ans depuis l’arrivée de McDavid. Ils ont remporté une seule ronde, en 2017.

La tension est à couper au couteau. Cette semaine, le vénérable Jim Matheson, qui a couvert les Oilers dans leurs heures de gloire au cours des années 80, a eu une prise de bec avec Leon Draisaitl en plein point de presse !

Après avoir chassé les anciens Oilers des postes de direction en 2015, on a embauché un ancien de l’organisation des Bruins, Peter Chiarelli, à titre de DG. Désastre. Puis on a soutiré Ken Holland des Red Wings de Detroit en 2019. Holland semble lui aussi à court de solutions.

Les Oilers ont pourtant repêché six fois dans le top quatre en sept repêchages entre 2010 et 2016, dont quatre fois au premier rang. Ils n’ont jamais choisi de défenseur. Ils en auraient eu l’occasion en 2012 et 2016.

Il ne faut pas blâmer McDavid, ni Draisaitl d’ailleurs, pour les insuccès des Oilers. À deux, ils totalisent 1187 points en 956 matchs en carrière. Draisaitl a 54 points, dont 26 buts, en 36 matchs cette saison, McDavid compte 53 points, dont 19 buts, en 35 rencontres. Ils ont donc marqué 45 des 117 buts de l’équipe, soit 38 % de la production totale du club cet hiver.

Holland, comme son prédécesseur Chiarelli, et les autres avant eux, a encore négligé un aspect primordial : un gardien de qualité. C’est d’ailleurs le sujet de l’heure dans un Edmonton sportif excédé aujourd’hui…

Mikko Koskinen est atroce à nouveau et Mike Smith, toujours blessé. Jeudi encore, les Oilers ont dominé 40 à 28 au chapitre des tirs dans cette défaite humiliante.

Avant Koskinen et Smith, Chiarelli avait payé des choix de deuxième et troisième ronde pour obtenir Cam Talbot à son arrivée en 2015, avec des résultats mitigés. Talbot a connu une seule bonne saison. Avant lui, Ben Scrivens et Ilya Bryzgalov ont vite montré leurs limites.

Devan Dubnyk, un choix de première ronde en 2004, a été le moins pire, entre 2009 et 2014, mais on s’en est débarrassé après une demi-saison difficile. Il a par la suite connu de grandes années au Minnesota.

Edmonton a repêché 13 gardiens depuis Dubnyk en 2004 : Bjorn Bjurling, Bryan Pitton, Olivier Roy, Tyler Bunz, Frans Tuohimaa, Samu Perhonen, Zach Nagelvoort, Keven Bouchard, Miroslav Svoboda, Dylan Wells, Stuart Skinner, Olivier Rodrigue et Ilya Konovalov. Un seul, Skinner, toujours avec l’équipe, a joué plus d’un match dans la LNH.

La défense est toujours pleine de trous. Ken Holland a cru pouvoir la solidifier en acquérant les vétérans Duncan Keith et Cody Ceci, mais Edmonton est toujours aussi mauvais défensivement et la contribution offensive de Keith et Ceci est limitée.

Darnell Nurse n’est pas mal, mais Paul Coffey est sans doute le dernier défenseur repêché et développé par les Oilers digne d’une candidature au trophée Norris. Il a été repêché… en 1980 !

Holland va sans doute commencer par un gardien pour tenter de sauver la saison. Les Oilers se sont enquis de la disponibilité de Joonas Korpisalo, des Blue Jackets, un éventuel joueur autonome sans compensation cet été, nous apprend Pierre Lebrun. Ils ont aussi discuté à l’interne de la possibilité d’acquérir Anton Khudobin, des Stars ou de son partenaire Braden Holtby.

Il est minuit moins une à Edmonton. Depuis leur participation à la finale en 2006, les Oilers ont raté les séries 12 fois en 15 saisons, et remporté une seule ronde. Comme quoi les reconstructions peuvent être plus compliquées qu’on le pense…

Marc-André Fleury changera-t-il de camp ?

Le gardien québécois connaît de bons moments avec les Blackhawks, qui n’ont pas perdu en temps réglementaire à leurs cinq derniers matchs. Mais Chicago ne participera pas aux séries éliminatoires et Fleury, 37 ans, deviendra joueur autonome sans compensation à la fin de la saison. Sa fiche de 13-11-3, avec une moyenne de 2,69 et un très bon taux d’arrêts de.916, pourrait en faire un attrait fort intéressant pour une équipe en quête de renfort pour la fin de la saison, entre autres les Oilers. « Nous sommes meilleurs depuis cinq matchs, a-t-il confié aux journalistes. Il ne faut pas abandonner. Il y a beaucoup de clubs devant nous, mais je souhaite nous voir grimper au classement le plus possible. »

Chicago est à huit points de la dernière place donnant accès aux séries.

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