Le nom de Kent Hughes a toujours été associé à la famille Lecavalier. Cette association se poursuivra-t-elle à Montréal ?

Mis à jour le 18 janvier
Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Selon les informations obtenues par La Presse, Vincent Lecavalier fait partie des noms que Hughes souhaite faire monter à bord au sein de sa nouvelle administration. L’ancienne grande vedette du Lightning de Tampa Bay a été l’un des clients les plus marquants de Kent Hughes comme agent, totalisant plus de 114 millions de dollars en salaire, selon les chiffres de CapFriendly.

Si Lecavalier se joignait au Canadien, ce ne serait toutefois pas nécessairement dans un rôle majeur, puisque l’ancien attaquant est établi à Tampa et tiendrait à y demeurer. Lecavalier et sa conjointe sont parents de trois jeunes enfants qui ont entre 8 et 11 ans, et il consacre une bonne partie de ses énergies à sa famille.

D’ailleurs, depuis sa retraite de joueur, en 2016, Lecavalier n’a occupé officiellement aucun poste pour le Lightning ou toute autre équipe de la LNH. Il a fait quelques apparitions publiques dans des évènements pour le Lightning, mais c’était simplement à titre d’ancien de l’organisation.

Il n’est pas inusité que des membres de l’administration hockey ne soient pas établis à Montréal. C’est le cas des consultants et des employés affectés au développement des joueurs et au recrutement, par exemple.

Responsabilités accrues

Philippe Lecavalier, lui, est le grand frère de Vincent, et associé de Hughes comme agent de joueur depuis une vingtaine d’années.

Il n’a pas voulu confirmer nos informations au sujet de son frère. « Honnêtement, on n’en a pas parlé », nous a-t-il dit au bout du fil.

Philippe Lecavalier sera lui aussi un nom qui circulera forcément, en raison de ses liens étroits avec Hughes. Mais pour l’heure, il en a plein les bras avec son boulot d’agent chez Quartexx Management, une firme montréalaise qui a pignon sur rue pas très loin de l’aéroport de Dorval. Il héritera d’une partie des clients de Hughes, notamment de Patrice Bergeron et de Kristopher Letang.

« J’ai des sentiments partagés, a-t-il admis, en entrevue à La Presse. Je suis tellement heureux et fier de lui, content. Quel beau challenge ! Mais ça me fait de la peine de le voir partir. On s’est parlé chaque jour ou tous les deux jours, pendant 20 ans. Ça ne sera pas facile de le perdre. »

« C’est mérité. Je suis content pour lui, a lancé Patrice Bergeron aux médias de Boston, après le match des Bruins mardi. Il a été avec moi depuis le début. Je suis triste qu’il ne soit plus mon agent, mais il restera mon ami. Je lui souhaite bonne chance. C’est une tête de hockey intelligente, il adore le sport, et il est emballé par ce défi. Je lui souhaite la meilleure des chances, mais je sais qu’il sera excellent. »

Quartexx Management est devenu au fil des années un acteur important en matière de représentation dans la LNH. En 2019, cette agence a fusionné avec DHG Sports Agency, dont l’agent principal est Darren Ferris, l’homme qui représente notamment Mitch Marner, Taylor Hall et Josh Anderson.

Selon les données de Puckpedia, Quartexx occupe le 5rang parmi les agences de la LNH (sur les 79 répertoriées) pour le nombre de contrats (85) et la valeur totale de ces contrats (664 millions).

« La bonne nouvelle, c’est qu’il me laisse en bonne position, ajoute Philippe Lecavalier. On a une agence incroyable avec des boss incroyables. La transition va se faire en douceur. Ça ne m’inquiète pas, il nous laisse dans une bonne situation. La transition avec Darren Ferris s’est bien faite. Gio Saputo fait tout un travail, c’est un jeune très brillant. »

Le téléphone de Lecavalier a bien sûr beaucoup sonné dernièrement, et pas seulement en raison des médias qui veulent des entrevues. Il doit parler à plusieurs des clients dont il héritera. Ont-ils fait part de leurs craintes à l’idée que leur ancien agent passe du « côté sombre » de la force ?

« Je ne sais pas si ce sont des craintes de voir un agent passer de l’autre bord, répond-il. Ce sont plus des gars qui parlaient souvent à Kent, qui craignent qu’il y ait un vide. Donc, c’est là que je dois aider. Mais il y a des gars qui étaient officiellement des clients de Kent, mais que j’avais recrutés, ou pour qui j’avais fait 90 % du travail, et Kent faisait 10 %. Et pour d’autres clients, c’était l’inverse, 90 % pour Kent et 10 % pour moi. »

Quoi qu’il en soit, Philippe Lecavalier n’est pas surpris de voir son ancien acolyte se joindre à une équipe.

« Le timing n’était pas toujours bon, mais ça l’a toujours intrigué. C’est un gars qui a des émotions, de l’adrénaline. Dans une équipe, tu vis des hauts et des bas », a-t-il expliqué.

Vincent Lecavalier ne ferme pas la porte

En entrevue au 91,9 Sports dans les heures qui ont suivi la publication de cet article, Vincent Lecavalier a été interrogé sur la possibilité de rejoindre son « grand ami » chez le Canadien. Et il n’a pas fermé la porte.

« C’est le jour 1 pour Kent Hughes, a-t-il d’abord répondu. Là il faut qu’il regarde les sièges qu’il doit remplir et je ne parle même pas des joueurs. Je parle du côté direction, il y a beaucoup de choses à faire dans les prochains mois. Il va s’entourer de bon monde. Tout bon directeur général s’entoure de gars qu’il pense qui vont l’aider. »

« Si Kent m’approche, c’est sûr que je vais y penser parce que c’est un bon chum, a-t-il ajouté. Mais il faut le laisser aller aussi. Il a beaucoup de choses à faire en tant que DG. Il faut lui laisser le temps. »

Comme bien d’autres acteurs du monde du hockey au cours des dernières heures, Lecavalier ne s’est pas fait prier pour vanter les qualités de Hughes.

« Kent, c’est un maniaque de hockey. C’est un passionné. Il regarde toutes les games et connaît tous les joueurs. Pour devenir un bon agent, il faut que tu connaisses tes joueurs et les autres joueurs dans la ligue aussi. C’est ce qu’il fait depuis des années. Il y a une raison pour laquelle il a eu du succès dans l’agence et pour laquelle il va avoir du succès avec le Canadien de Montréal. »

Avec Katherine Harvey-Pinard, La Presse