Comme le Canadien, les Blackhawks sont déjà relativement largués dans la course aux séries. Jeudi matin, ils se retrouvaient à 10 points de l’objectif, et la plupart des équipes devant eux ont des matchs en main.

Publié le 13 janvier
Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

C’est donc le bon moment pour tenter des expériences. C’est ce qu’ils feront jeudi soir, contre le Tricolore, en envoyant Lukas Reichel dans la mêlée pour son premier match dans la Ligue nationale.

Reichel a été le choix de premier tour des Blackhawks en 2020. L’Allemand, compagnon de trio de Maxim Lapierre en 2019-2020 avec les Polar Bears (le club de hockey de Berlin, pas le spa), a été réclamé au 17e rang, soit un rang après que le Canadien eut sélectionné Kaiden Guhle.

Et il arrivera dans la LNH par la grande porte. Selon les confrères sur place à Chicago, il évoluait au centre d’un certain Patrick Kane. Sa réaction en voyant le nom de Kane à côté du sien sur le tableau dans le vestiaire ?

« J’ai ri, je me suis dit : “oh mon Dieu, c’est incroyable !” Je suis vraiment, vraiment content », a témoigné le jeune homme de 19 ans.

Malgré son âge, Reichel a eu le droit de jouer dans la Ligue américaine cette saison, puisqu’il n’est pas issu du hockey junior canadien. En 20 matchs à Rockford, il a amassé 20 points (11 buts, 9 passes).

« La glace est plus petite ici, j’ai eu de la difficulté au début, a-t-il admis. Mais j’ai commencé à comprendre, j’ai noté que ça impliquait davantage de protection de rondelle. C’est différent de l’Europe, mais là, je me sens plus à mon aise. »

Reichel a laissé entendre que son rappel pourrait être de courte durée, le temps de « goûter » à la LNH. « C’est correct si je retourne à Rockford et que je joue de grosses minutes, un gros rôle, et que j’ai du temps de jeu en avantage numérique », a-t-il convenu.

L’entraîneur-chef par intérim des Blackhawks, Derek King, a utilisé son humour habituel pour décrire ce que Reichel doit faire pour faire son premier match. « Ne fais pas un fou de toi, tu joueras devant un aréna bondé !, a-t-il lancé en visioconférence. En fait, je lui ai dit de se détendre et de profiter du moment. C’est ce que j’ai essayé de faire à mon premier match, mais je n’ai pas vraiment suivi ces consignes-là ! C’est pourquoi je lui ai dit d’essayer de les suivre. »

King en a d’ailleurs profité pour raconter l’histoire de son premier match, qu’il avait disputé au Forum de Montréal, le 16 mars 1987.

« J’avais été rappelé du junior. J’étais de la formation partante, je me souviens des hymnes nationaux, et à la mise au jeu, j’étais devant Mats Naslund. Les Islanders n’avaient pas de culotte de joueur pour moi, donc j’ai dû jouer avec des culottes du Canadien, sur lesquelles on avait mis du ruban adhésif orange [NDLR : pour cacher le rouge]. Et ça n’arrêtait pas de décoller. J’étais tellement nerveux de commencer le match, surtout au Forum, mais j’ai survécu. »

Il avait survécu, mais pas les Islanders, vaincus 3-0 par Brian Hayward, qui avait signé son premier jeu blanc en quatre ans et une semaine. Gaston Gingras, Ryan Walter et Claude Lemieux avaient marqué les buts.

De retour à 2022, c’est Marc-André Fleury qui défendra le filet des Blackhawks. Le Québécois obtiendra un cinquième départ de suite.