Tout en interviewant de potentiels candidats pour un poste de directeur général, Jeff Gorton vaquera à ses activités quotidiennes chez le Canadien, cette semaine.

Publié le 4 janvier
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Il visitera, entre autres, certains espoirs de l’organisation, sans doute Jordan Harris au sud de nos frontières.

En bref, le nouveau vice-président des opérations hockey n’attend pas l’embauche d’un directeur général pour s’affairer à ses tâches de… directeur général.

À Pittsburgh, le président des opérations hockey Brian Burke et le directeur général Ron Hextall ont été nommés le même jour, en février 2021. Idem pour le président Luc Robitaille et le directeur général Rob Blake à Los Angeles, en 2017. À Las Vegas, George McPhee a promu Kelly McCrimmon au poste de directeur général le jour où il a accédé à la présidence.

Les Canucks de Vancouver, de leur côté, ont emprunté le modèle montréalais récemment. Jim Rutherford est le président de l’organisation et il embauchera un directeur général le moment venu. Rutherford est le patron et il le restera.

Ne soyons pas dupes : si Gorton s’appelait Gilles Guilbeault, il porterait le titre de directeur général, peut-être aussi celui de président des opérations hockey, et il chercherait actuellement à grossir son équipe d’hommes et de femmes de hockey.

D’ailleurs, parmi les candidats potentiels selon une liste dévoilée par TVA Sports la semaine dernière, on ne trouve aucun ancien directeur général de la LNH, et un seul, Mathieu Darche, a déjà occupé un poste d’adjoint au directeur général.

Roberto Luongo est depuis peu conseiller spécial au directeur général Bill Zito en Floride, dans des fonctions méconnues du grand public.

Stéphane Quintal est très haut dans la hiérarchie de la Ligue nationale de hockey derrière Gary Bettman et Bill Daly, mais il n’a jamais travaillé avec une équipe.

Daniel Brière est président et directeur général des Mariners du Maine, dans l’ECHL, un circuit inférieur à la Ligue américaine.

Émilie Castonguay et Kent Hughes sont tous deux agents de joueurs. La première représente entre autres Alexis Lafrenière, Antoine Roussel et Mathieu Joseph, le second, Patrice Bergeron et Kristopher Letang.

Danièle Sauvageau a lancé le programme féminin de hockey à l’Université de Montréal, après avoir dirigé l’équipe féminine nationale aux Jeux olympiques. L’ancien gardien Marc Denis est un (brillant) analyste des matchs du Canadien au Réseau des sports (RDS).

Patrick Roy s’est lui-même invité parmi les candidats il y a quelques semaines en affirmant que l’organisation n’avait rien à perdre en l’embauchant. Il est retourné diriger les Remparts à Québec après une expérience de quelques saisons comme entraîneur-chef de l’Avalanche du Colorado, conclue par une démission aussi inattendue que fracassante.

Pas une marionnette

Dans le contexte, le prochain directeur général ne doit pas s’attendre à diriger le Canadien de Montréal de façon totalitaire. Il se rapportera au patron Gorton et aura l’occasion d’acquérir une expérience précieuse auprès de l’un des meilleurs de la profession et servir de courroie de transmission entre la haute direction et le public.

Mais il ne constituera pas une marionnette pour autant. Gorton, 53 ans, est un homme d’équipe qui a l’intelligence de consulter et de déléguer.

De toute façon, peu importe le titre, le rôle, la dynamique, un directeur général se rapporte toujours à son patron avant de prendre une décision importante. Kyle Dubas (Toronto) doit obtenir l’aval du président Brendan Shanahan avant un coup d’éclat, idem pour Don Sweeney avec Cam Neely à Boston ou Jarmo Kekäläinen avec John Davidson à Columbus. On travaille en collégialité.

L’expérience a bien profité à Chris Drury à New York. Gorton l’a embauché comme adjoint au directeur général chez les Rangers en 2016 et le voilà président et directeur général de cette organisation depuis le départ de Gorton.

Un Quintal, une Castonguay ou un Brière seraient fous de ne pas saisir cette occasion unique de grimper dans les rangs d’une organisation de la Ligue nationale de hockey. Darche, lui, se retrouverait peut-être dans un rôle semblable à celui qu’il occupe à l’heure actuelle à Tampa.

En raison de sa prestance, de ses sept saisons à titre d’ancien défenseur du Canadien, au cours desquelles il a été un digne représentant, autant sur la glace qu’à l’extérieur, en raison de ses responsabilités sans cesse accrues au sein de la LNH, Quintal est sans doute le candidat le mieux qualifié à l’heure actuelle.

PHOTO YAN DOUBLET, ARCHIVES LE SOLEIL

Stéphane Quintal

On sous-estime son importance au sein de la Ligue nationale de hockey. Bettman lui confie la gérance de mille comités.

Quintal, en lien étroit au quotidien avec Bettman et son bras droit Daly, est souvent l’homme chargé de rencontrer les membres de la direction, les joueurs et les espoirs des 32 clubs de la LNH dans un rôle d’éducation et de prévention sous plusieurs formes.

Dans son rôle de préfet de discipline, puis à titre de mentor de George Parros lors de son départ il y a quelques années, Quintal regardait des matchs chaque soir et connaît la Ligue par cœur.

Mais la compétition pour le poste de successeur à Marc Bergevin n’en est pas moins féroce.

Gallagher consulté avant un échange ?

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Brendan Gallagher

Brendan Gallagher sera consulté si jamais on se résout à l’échanger, affirme le distingué collègue de Sportsnet, Elliott Friedman. Le rugueux ailier du Canadien possède une clause partielle de non-échange selon le site capfriendly, c’est-à-dire qu'il doit soumettre une liste de six clubs auxquels il refuse d’être échangé. La valeur de Gallagher ne fait pas l’unanimité. Parmi les sceptiques, et ils n’ont pas tout à fait tort, on relève son âge, bientôt 30 ans, ses nombreuses blessures, un contrat de six ans lui rapportant une moyenne de 6,5 millions par saison, une baisse de productivité et seulement quatre buts et 13 points à ses 37 derniers matchs de séries éliminatoires.

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