Vous trouvez que le réveil sonne tôt quand votre plus jeune a un entraînement à 7 h le samedi matin ? Dites-vous que Jean-François Grégoire s’est imposé bien pire que ça !

Publié le 4 déc. 2021
Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Grégoire est l’entraîneur-chef du Drakkar de Baie-Comeau. Il est aussi le père de l’attaquant Jérémy Grégoire, ancien espoir du Canadien, qui revenait cette semaine à la Place Bell pour la première fois depuis son départ de l’organisation en 2018.

Jérémy Grégoire et les Stars du Texas débarquaient donc à Laval, mercredi dernier. De son côté, le Drakkar avait un entraînement prévu à Baie-Comeau ce jour-là, un autre jeudi, à la veille du duel contre Rimouski vendredi.

Alors qu’a fait Jean-François Grégoire ? Un aller-retour Baie-Comeau – Laval en une journée, bien sûr ! Pas en avion. Pas non plus en TGV, parce que le projet d’une ligne entre la Côte-Nord et Montréal n’a pas encore vu le jour. Il a parcouru les 1372 km aller-retour… en auto !

« Je suis parti mercredi après nos meetings vidéo avec les joueurs. Mes adjoints ont dirigé l’entraînement sur glace », a-t-il détaillé. L’équipe reprenait l’entraînement jeudi matin, à 9 h. Et malgré un match du Rocket qui a pris fin à 22 h, il s’est rendu à temps pour l’entraînement du lendemain !

PHOTO FOURNIE PAR JEAN-FRANÇOIS GRÉGOIRE

Jérémy et Jean-François Grégoire

Si je suis fatigué, je m’arrête. Mais je suis habitué à faire de l’autobus. Je suis tough là-dessus, mais je ne veux pas non plus que ce soit dangereux !

Jean-François Grégoire

Mais la question qui traverse l’esprit : pourquoi donc s’imposer un tel horaire ?

« Parce que ça fait deux ans que je ne l’ai pas vu jouer ! répond-il du tac au tac. La dernière fois, c’était à Tucson avec ma conjointe avant la pandémie. Ils ne viennent pas souvent à Laval. Je ne le vois pas souvent, c’est une belle occasion de l’encourager.

« Avec nos jeunes, ça passe vite, le hockey. Qu’il ait 6, 20 quelque ou 30 ans, je veux le voir le plus souvent possible ! »

Jérémy Grégoire, lui, se dit « vraiment heureux » de la présence de son père. Sa mère, Julie, ne pouvait pas se libérer de ses obligations du travail ce jour-là.

« Ça a pris quatre ans avant que je revienne et tu ne sais jamais quand la chance va revenir. Je me trouve chanceux qu’il fasse tout ce chemin pour venir me voir jouer. Mes parents m’aiment et on est une famille unie. »

Du millage

Une famille unie, mais aussi une famille où le hockey prend beaucoup, beaucoup de place.

Jean-François, le paternel, a roulé sa bosse comme joueur, et le fait maintenant comme entraîneur dans la LHJMQ depuis 2014. Le plus jeune, Thomas, joue en première division finlandaise, pour le club de Lukko, pour la deuxième saison de suite, après deux saisons dans la Ligue américaine. Et Jérémy disputait vendredi son 345match dans la Ligue américaine.

« Une chance qu’on a FaceTime ! », a lancé Jérémy.

Et quand on parle d’aimer le hockey… Jérémy Grégoire ne connaît pas les débuts espérés au Texas. Il a déjà été laissé de côté 7 fois cette saison, après 18 matchs. Pour un jeune homme qui a toujours été doué à l’école, les options ne manqueront pas quand il cessera de jouer au hockey.

Grégoire est dans la Ligue américaine depuis six ans, il attend toujours un premier match dans la LNH. En faisant, sept fois plutôt qu’une, les exercices supplémentaires des réservistes, a-t-il commencé à se dire qu’il vaudrait mieux penser à d’autres options ?

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Jérémy Grégoire à l’entraînement, mercredi dernier, avant le match contre le Rocket de Laval

« Ça n’a pas été facile, c’est sûr que ça te passe par la tête, a-t-il convenu. Mais en même temps, tu reviens à la base. Pourquoi tu joues ? J’aime le hockey, je suis performant, je suis un bon joueur, donc je veux continuer. À partir de là, c’est de revenir avec une mentalité de recrue. Quand j’étais recrue, je restais après les entraînements, je travaillais plus fort et c’est comme ça que j’ai progressé. »

Grégoire n’a pas marqué mercredi, mais il est passé bien proche en début de match, quand une rondelle a abouti sur sa palette dans l’enclave, avant de bondir.

Mais Grégoire compte 49 buts en 345 matchs. S’il a toujours sa place dans l’antichambre de la LNH, ce n’est pas en raison de sa production offensive, mais plutôt grâce à son intensité et à sa détermination. Sans doute aussi qu’une attitude positive ne lui a pas nui !