Dans sa lettre envoyée aux partisans des Rangers de New York, le 8 février 2018, Jeff Gorton a été d’une transparence rare.

Publié le 3 déc. 2021
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

« Aujourd’hui, nous voulons vous parler de l’avenir de cette équipe. Nous avons commencé à restructurer le club l’été dernier en échangeant des joueurs pour obtenir des atouts qui, nous l’espérons, ferons de nous une meilleure équipe à long terme.

« À l’approche de la date limite des transactions, nous voudrons acquérir de jeunes joueurs qui allient vitesse, talent et caractère. Vous pourriez perdre des visages familiers, des joueurs qui vous aimez et respectez. Et même si ça fait partie du sport, ça n’est jamais facile. Mais nous resterons fidèles à notre plan : bâtir les fondations d’une équipe en mesure de rivaliser pour la Coupe Stanley. »

La première rencontre du nouveau VP opérations hockey avec le public montréalais, vendredi matin, nous a montré ce même homme transparent et direct.

Jeff Gorton ne s’est pas donné en spectacle. Il n’a pas tenté de jeter de la poudre aux yeux aux fans ni promis de guérison miracle.

D’abord analyser la situation

Sans promettre une reconstruction comme celle entamée à New York (le contexte est différent à Montréal en raison des nombreux joueurs sous contrat à long terme), il a imploré la patience et une approche méthodique.

À plusieurs occasions, il a répété qu’il devait se donner du temps pour évaluer son nouvel environnement. D’où, en toute logique, l’annonce que le poste de l’entraîneur Dominique Ducharme n’était pas en danger cette saison.

Une équipe et ses fans sont toujours mieux servis par un gestionnaire calme et réfléchi. Dans l’ordre des priorités, absorber l’information, apprendre à connaitre son personnel, identifier l’approche à suivre.

Gorton, dont le point de presse a commencé par la lecture d’un texte en français (une bonne note pour l’effort, il promet d’ailleurs de mettre l’effort à l’apprentissage de la langue), s’en est bien tiré avec les questions épineuses sur le choix du prochain directeur général, en particulier la candidature « publique » de l’ancienne gloire Patrick Roy.

Il n’écarte ni ne veut confirmer personne, mais sa volonté, dit-il, de s’écarter des idées préconçues est intéressante. Ainsi, le DG pourrait ne pas avoir d’expérience approfondie pour le poste, mais il viendra complémenter son travail, il pourrait être un ancien joueur ou un agent, en bref, quelqu’un au profil différent du sien. On comprend ici que son choix, après les Fêtes, pourrait surprendre et qu’il demeurera ultimement le patron.

Des candidats

Des noms circulent depuis quelques jours : Mathieu Darche, Martin Madden fils, Patrick Roy, évidemment, Daniel Brière, Roberto Luongo, Martin Brodeur (qui vient lui-même de se sortir de la course).

À la lumière des propos de Jeff Gorton, il faudra également sérieusement considérer Stéphane Quintal qui, dans l’ombre, voit son rôle au sein de la LNH prendre de l’ampleur d’année en année, et aussi Kent Hughes, un agent montréalais parfaitement bilingue installé dans le Massachussetts depuis plusieurs années, et dont les clients les plus célèbres s’appellent Patrice Bergeron et Kristopher Letang.

Jeff Gorton voyagera avec l’équipe ce week-end, contrairement à Jeff Petry. Il sera intéressant de voir, à la lumière des combinaisons envoyées sur la glace dans les prochains matchs, quelles seront les nouvelles orientations du patron.

Les Islanders se cherchent

Le Canadien n’est pas le seul club à chuter brutalement au classement cette saison. Après deux carrés d’as consécutifs, les Islanders croupissent au 30e rang du classement général avec une fiche de 5-10-3. Ils ont subi un… neuvième revers consécutif jeudi contre les Sharks, en prolongation. Ils sont à un point du CH, mais ont disputé cinq matchs de moins. Les Islanders ne marquent pas. Le meilleur compteur après Anders Lee, Mathew Barzal, a seulement 9 points en 18 matchs. Anthony Beauvillier est troisième avec 7 points. Les Islanders ont le pire club offensif de la LNH, sur un pied d’égalité avec les Coyotes de l’Arizona, avec une moyenne de 1,83 but marqué par match.

À ne pas manquer

1- Patrick Roy fait beaucoup jaser depuis qu’il a manifesté son intérêt pour un poste chez le Canadien. Guillaume Lefrançois fait le point.

2- Autre défaite jeudi au Centre Bell, et Richard Labbé se demande combien de temps avant un virage jeunesse.

3- Simon Drouin revient sur la retraite du judoka Antoine Valois-Fortier.