Jeff Gorton a entamé son mandat avec le Canadien mercredi soir en assistant au match du Rocket de Laval à la Place Bell.

Publié le 2 déc. 2021
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Ses premières décisions sont attendues avec curiosité, mais ceux qui espèrent voir Gorton et le prochain directeur général transformer l’identité du Canadien dans les prochains mois pourraient être déçus.

Dans la majorité des cas, les nouveaux hommes de hockey aiment se donner du temps pour évaluer la situation. À plus forte raison lorsqu’ils sont embauchés en pleine saison ou à l’aube de celle-ci.

Précipiter les choses place les gestionnaires en position de faiblesse et Gorton n’est certainement pas du genre à vouloir exposer ainsi une certaine vulnérabilité.

L’exemple de Pittsburgh et du Minnesota

Prenez par exemple Brian Burke et Ron Hextall, embauchés en février 2021 à Pittsburgh. Ils ont promis de se pencher sur la question de rajeunir l’équipe, mais ils ont finalement opté pour le statu quo afin donner une (dernière ?) chance à cette équipe bâtie par leurs prédécesseurs de connaître du succès en séries.

Au plus Hextall a-t-il cédé un choix de troisième ronde aux Kings pour mettre la main sur Jeff Carter à la date limite des échanges. Les choses pourraient changer presque un an plus tard.

Étudier la façon d’opérer de Bill Guerin au Minnesota nous donne une autre indication semblable. Le travail de Guerin est intéressant puisqu’il a hérité d’un club très différent de celui d’Hextall, en août 2019.

Le Wild venait de rater les séries et avait été éliminé en première ronde lors des trois saisons précédentes. Le noyau vieillissait. La banque d’espoirs n’avait rien de très réjouissant.

PHOTO NHL.COM

Bill Guerin a travaillé méthodiquement depuis son arrivée au Minnesota. Jeff Gorton agira sans doute de la même façon avec l’éventuel DG.

Guerin n’a pris aucune décision drastique. Il a maintenu en poste l’entraîneur Bruce Boudreau. Il a effectué une seule transaction lors de ses six premiers mois en poste, en cédant un dénommé Gustav Bouramman aux Panthers de la Floride sans rien obtenir en retour. Pour les plus curieux, Bouramman, un défenseur de l’ECHL, est vite rentré en Suède à la fin de la saison 2018-2019.

Une reconstruction s’imposait aux yeux de plusieurs, mais Guerin a préféré œuvrer méthodiquement.

À la date limite des échanges en 2019, il a sacrifié l’un des bons attaquants de l’équipe, Jason Zucker, aux Penguins pour le jeune défenseur Calen Addison et un choix de première.

Les vétérans sacrifiés

Quelques mois plus tard, il annonçait au capitaine Mikko Koivu que ses services ne seraient plus retenus et cédait Eric Staal aux Sabres de Buffalo, pour ainsi faire plus de place aux jeunes.

Joel Eriksson-Ek, Jordan Greenway et Kevin Fiala en ont profité pour prendre une plus grande place au sein du club. Des décisions subtiles, mais efficaces.

Il a aussi réussi à convaincre l’espoir le plus prometteur du club, Kirill Kaprizov, de traverser l’Atlantique. L’arrivée de celui-ci a transformé l’équipe.

Bill Guerin s’est finalement résolu à congédier l’entraîneur Bruce Boudreau en février 2020… 18 mois après son arrivée, pour le remplacer par Dean Evason. Notre homme a aussi mis deux ans à rebâtir son équipe de recrutement en mettant la main sur l’un des meilleurs de la profession, Judd Brackett, anciennement des Canucks de Vancouver, en juillet 2020. Gorton et l’éventuel directeur général n’auront pas ce luxe puisque le poste de directeur du recrutement amateur est vacant.

Cet été, deux ans après son embauche, Bill Guerin a pris la décision symbolique de racheter les contrats de Zach Parise et Ryan Suter, embauchés par Chuck Fletcher neuf ans plus tôt pour la somme faramineuse de presque 200 millions.

Guerin commence à avoir une équipe à sa main. Mais douze joueurs avec l’équipe à son arrivée y sont encore. Le Wild a terminé au neuvième rang du classement général l’an dernier et participé aux séries, avant de perdre en première ronde en sept matchs contre Vegas. Il occupe actuellement le huitième rang au classement général avec une belle fiche de 15-6-1.

Guerin n’a pas détruit cette maison pourtant délabrée, mais ses changements méthodiques semblent porter fruit. Jeff Gorton et le prochain DG agiront sans doute de la même façon.

Désespoir à Philadelphie

Parlant du Wild et du prédécesseur de Bill Guerin, Chuck Fletcher n’a toujours pas réussi à redresser la barre à Philadelphie, malgré d’énormes moyens. Les Flyers viennent de subir un septième échec consécutif, mercredi contre les Rangers, et occupent désormais l’avant-dernier rang de la section Métropolitaine, à cinq points de la dernière place donnant accès aux séries. Cette fois, on ne peut blâmer le jeune gardien Carter Hart, qui fait le travail. Les Flyers ont l’une des pires attaques de la Ligue. « Je ne suis satisfait de rien, a lancé l’entraîneur Alain Vigneault après la rencontre. Il faut trouver des moyens de gagner. Nous ne marquons pas. Il faudra gagner nos matchs 1-0 et 2-1 jusqu’à ce que nous retrouvions notre finition. »

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