« Reconstruction » est un mot en vogue chez le Canadien depuis quelques jours, mais le terme semble de plus en plus maudit à Ottawa…

Publié le 1er déc. 2021
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

On n’associe pas la patience à la reconstruction pour rien.

Quatre ans après le début des travaux, les Sénateurs ne gagnent pas plus. Malgré leur belle jeunesse, ils croupissent au dernier rang du classement général avec une fiche de 4-14-1 et ils rateront les séries éliminatoires pour une cinquième année consécutive. Ils ont remporté un seul match en novembre.

La COVID-19 a touché durement leur vestiaire, mais ils jouaient déjà mal avant cette vilaine tuile.

La défense est fragile. Le gardien de 25 millions, Matt Murray, vient d’être renvoyé dans les mineures.

Comme la plupart des joueurs de 19 ans, Tim Stützle connait ses hauts et ses bas. Malgré de beaux flashs, il a seulement un but et neuf points en 18 matchs.

PHOTO JAE C. HONG, ASSOCIATED PRESS

Tim Stützle (18)

Obtenu en retour de Mark Stone, le jeune défenseur Erik Brannstrom n’arrive toujours pas à s’établir dans la Ligue nationale. Shane Pinto est blessé. Alex Formenton ne produit pas. Le capitaine Brady Tkachuk a quatre buts en 16 matchs et pêche parfois par indiscipline.

Voilà l’attrape. On connait la date de démarrage d’une reconstruction, mais jamais la fin de celle-ci. Le DG Pierre Dorion a péché par excès d’enthousiasme en annonçant la fin de cette reconstruction à l’aube de la saison.

Non seulement les meilleurs éléments des Sénateurs sont-ils encore très jeunes, mais ils n’avaient encore jamais joué sous pression. Et la marge entre s’éclater sans rien avoir à perdre et la nécessité de gagner des matchs sur une base régulière est énorme.

Un contexte différent à New York

Ce qui nous ramène au Canadien et à son nouveau patron hockey, Jeff Gorton. Certains fans espèrent de Gorton une reconstruction semblable à celle qu’il avait initiée à New York. Or le contexte est fort différent entre les deux situations.

Rick Nash, Mats Zuccarello, Michael Grabner et Kevin Hayes allaient tous devenir joueurs autonomes sans compensation lorsqu’ils ont été échangés entre 2018 et 2019.

Ryan McDonagh et J.T. Miller étaient sous contrat pour une année supplémentaire seulement lorsqu’ils sont passés au Lightning en retour de Vladislav Namestnikov, Libor Hajek, Brett Howden et des choix de premier et deuxième tour en février 2018.

À Montréal, Ben Chiarot est le seul éventuel joueur autonome sans compensation de valeur. Jonathan Drouin obtiendra l’autonomie en 2023. Brendan Gallagher, Josh Anderson, Christian Dvorak, Tyler Toffoli, Joel Armia, Jeff Petry, David Savard, Mike Hoffman, Joel Edmundson et Carey Price sont sous contrat jusqu’à au moins 2024, et on parle de minimum 2025 dans les cas de Price, Savard, Petry, Armia, Dvorak, Anderson et Gallagher.

En cette ère de plafond salarial, où tous les sous sont comptés, il devient plus difficile d’obtenir des espoirs de premier plan et de hauts choix au repêchage en retour de joueurs sous contrat à long terme.

Quel sort pour Carey Price ?

Malgré tout, il sera intéressant de voir le sort qu’il réservera à Carey Price. Le gardien du Canadien a 34 ans, sans doute au moins trois ou quatre bonnes années à donner, qui sait le retour offert, si évidemment le CH accepte d’absorber une portion importante de son salaire. La même chose pourrait être dite pour Brendan Gallagher, Tyler Toffoli et quelques autres.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Carey Price

Mais le Canadien a déjà dix joueurs de 25 ans ou moins dans sa formation actuelle, dont cinq de 23 ans ou moins. Il a repêché 38 fois lors des quatre dernières cuvées, dont 17 fois dans les trois premières rondes. Il détient des choix de première, deuxième et trois choix de troisième ronde en 2022.

À ce stade-ci, une réinitialisation serait davantage de mise, comme le disait si bien Patrick Roy mardi.

Et dans le cas d’une reconstruction, de toute façon, il faut être prêt à souffrir. Pour vrai, et longtemps. Parlez-en aux fans des Sénateurs, dont le chemin de croix n’est pas terminé.

Jesperi Kotkaniemi s’éclate

PHOTO MITCHELL LEFF, USA TODAY SPORTS

Jesperi Kotkaniemi (à droite) a marqué dans trois matchs consécutifs.

Rod Brind’Amour a eu la bonne idée de replacer Jesperi Kotkaniemi à sa position naturelle de centre récemment, quitte à le rétrograder au sein du quatrième trio. Le changement a eu un effet bénéfique sur le jeune homme de 21 ans. Kotkaniemi a marqué son sixième but de la saison, mardi soir, un troisième match consécutif avec un but, son quatrième but à ses six derniers matchs, un quatrième point lors de ses trois plus récentes rencontres. Et pour la deuxième fois en trois matchs, il joué en moyenne plus de 14 minutes. Il y aura d’autres hauts et bas, comme dans le cas d’une majorité de joueurs de 21 ans, mais le jury devra attendre encore quelques années avant de trancher.

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