(Seattle) De l’avis de celles et ceux qui l’ont visitée, Seattle est l’une des plus intéressantes destinations de l’Ouest américain, et peut-être même du pays en entier.

Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Ce berceau du grunge est évidemment un incontournable pour les mélomanes. Mais la force de la « Ville émeraude », c’est aussi son bouillonnement culturel, son architecture, son offre sportive, sa scène culinaire, et j’en passe. Tout ça sur le bord du Pacifique.

Or, contrairement à certaines idées reçues, s’y rendre pour couvrir le Canadien est tout sauf des vacances. Et y aller en octobre, à plus forte raison, c’est aller affronter la grisaille et la pluie automnale typique de la côte Ouest, de San Francisco à Vancouver. Rien d’idéal, en somme, pour écrire la carte postale demandée par le directeur de la section des sports du plus grand quotidien français d’Amérique.

La réunion de l’utile et de l’agréable s’est toutefois faite tout naturellement. Rénové au coût de 1 milliard de dollars américains, le Climate Pledge Arena, domicile du Kraken de Seattle, s’est invité dans la liste des passages obligés des amateurs de sport qui visitent la ville.

L’endroit est absolument somptueux. Il faut savoir que l’aréna, plutôt que d’avoir été érigé en hauteur, a été creusé dans le sol. De l’extérieur, il ne paie pas de mine, c’est vrai. Mais à l’intérieur, l’enceinte est ni plus ni moins que spectaculaire, notamment en raison de son pan vitré qui, tout en haut des gradins, donne directement sur le Seattle Center, vaste parc multifonctionnel constitué d’espaces verts, de musées et de salles de spectacle, qu’on traverse à pied pour atteindre l’amphithéâtre.

PHOTO TED S. WARREN, ASSOCIATED PRESS

Le Climate Pledge Arena

On a créé une atmosphère intime en limitant la capacité à un peu plus de 17 000 spectateurs pour les matchs de hockey. Et deux écrans géants triangulaires se font face aux deux extrémités de la glace. Le beau et le luxueux sont partout.

Par ailleurs, le nom de l’établissement ne réfère pas au nom d’un célèbre nettoyant en aérosol, mais bien à l’engagement pour le climat que voulait souligner Amazon, détentrice des droits sur le nom de l’édifice – certains diront que l’entreprise voulait faire oublier son désengagement envers ses employés, mais passons.

PHOTO TED S. WARREN, ASSOCIATED PRESS

Le « mur vivant » du Climate Pledge Arena, paroi végétale sur le flanc ouest de l’édifice

Ainsi, on se targue d’être l’aréna « le plus progressif, responsable et durable du monde ». Rien de moins. On vise la carboneutralité complète des lieux et l’abandon des énergies fossiles dans tous les départements, on évite l’utilisation des plastiques à usage unique et on met un fort accent sur la production minimale de déchets. Les partisans (et les journalistes !) sont donc invités à recycler et à composter leurs rebuts sur place. Un mur végétal sur le flanc ouest ainsi qu’une surface glacée constituée à partir d’eau de pluie complètent l’offre. Toutes les initiatives ne sont pas encore complètement mises en place, mais on les promet dans un horizon de quelques années.

Pour le travail ou comme simple partisan, j’ai visité à ce jour environ la moitié des amphithéâtres de la LNH. À n’en point douter, le Climate Pledge Arena s’installe dans la courte liste des plus beaux du circuit. Et si, en plus, il brise avec la tradition centenaire des complexes sportifs qui sont des catastrophes écologiques, il est d’autant plus difficile de ne pas l’aimer.