(Montréal) On peut présumer qu’au rythme d’un but par match, le Canadien ne gagnera pas bien souvent cette saison.

Richard Labbé
Richard Labbé La Presse
Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse
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Un but par match, c’est tout ce que le Canadien a pu faire depuis le début de 2021-2022. Ç’a été un but mercredi soir à Toronto, un but jeudi soir à Buffalo, et encore un but ici à Montréal samedi soir, dans un Centre Bell rempli de 21 105 spectateurs qui en auraient pris plus que ça.

Sans doute que Jake Allen, excellent devant son filet, aurait lui aussi pris une couple de buts de plus. Mais ça n’a pas été assez pour empêcher une autre défaite, cette fois par la marque de 3-1 face aux Rangers de New York.

« On joue trop en périphérie, on ne va pas assez chercher les rebonds près du filet adverse, a noté Jonathan Drouin en fin de soirée. On réussit à obtenir des tirs, mais on doit s’assurer de placer plus de monde autour du filet. »

Depuis que le hockey existe, mesdames et messieurs, l’objectif du jeu est de marquer, et aussi, de préférence, de marquer plus souvent que l’adversaire. On n’en sort pas.

Ce que Drouin a dit – lui-même par ailleurs auteur d’un but de toute beauté samedi soir – vient rappeler l’importance des buts « de vidange », comme on dit si bien dans le milieu. Les buts pas jolis, les buts obtenus à coups de pic et de pelle. Tenez, un peu comme le premier but des Rangers ici, celui de Kreider, une rondelle qui a dévié sur deux patins avant de se retrouver au fond du filet.

Ce que l’on voit trop souvent chez le Canadien depuis le début de cette très jeune saison, c’est souvent les chances uniques : un tir, et puis c’est tout. Personne pour aller cueillir les rebonds, personne pour aller déranger le gardien un peu plus.

« Je pense qu’on cherche nous aussi des explications, a reconnu Cédric Paquette. Il faut mettre plus de rondelles au filet et créer de la congestion devant le gardien adverse. C’est des clichés, tout ça, mais c’est aussi ce qui manque à notre jeu en ce moment. On a des chances uniques seulement, et c’est pour ça qu’on ne marque pas en ce moment. »

Chez le Canadien, on s’accroche à la loi de la moyenne : il y a des marqueurs dans ce club, et tôt ou tard, ils vont bien se remettre à marquer. Il le faudra, parce que sans Carey Price, l’identité temporaire de ce club sera une identité d’équipe offensive, capable de gagner des matchs 5-4 ou 4-3. Mais ce n’est pas ce que l’on observe pour l’instant.

PHOTO ERIC BOLTE, USA TODAY SPORTS

Jake Allen, Jeff Petry et Alexis Lafrenière

Il faudra aussi, un jour, que le Canadien profite de ses occasions en avantage numérique, parce que ce n’est pas du tout le cas jusqu’ici : fiche de 0 en 11 en pareilles circonstances depuis le début de la saison. Pas besoin d’une calculatrice pour comprendre que 0 en 11, ce n’est pas très bon.

Avec tout ça, le Canadien amorce sa saison avec trois défaites, et la dernière fois que le Canadien a connu un départ de 0-3 dans une saison, c’était en 1995-1996.

De mémoire, ça ne s’était pas super bien terminé.

Dans le détail

Paquette plus convaincant

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Cédric Paquette

S’il y a eu une déception au camp d’entraînement, c’est bien la lutte pour le poste de quatrième centre. Cédric Paquette était blessé et Ryan Poehling a raté la chance en or qu’il avait. Paquette a été très effacé dans les deux premiers matchs de la saison, mais le Gaspésien a été le joueur d’énergie qu’il a toujours été en ce premier duel au Centre Bell. Il a annoncé ses couleurs dès sa présence initiale en bousculant coup sur coup Ryan Reaves et Kevin Rooney, deux messieurs qui ont de gros os. Paquette a aussi obtenu une chance de marquer sur une jolie redirection, en plus de se jeter devant un tir de Samuel Blais en fin de deuxième période, non sans souffrir. En prime : trois mises au jeu gagnées sur cinq, de quoi faire oublier ses difficultés à Toronto et à Buffalo.

Les pénalités de trop ?

À l’inverse, difficile de croire que Chris Wideman a gagné des points, lui qui est également fragile dans son rôle de défenseur de troisième duo. Wideman a écopé de deux pénalités, dont une pour un double-échec à l’utilité douteuse, dans un contexte où il est largement su que les arbitres auront moins de tolérance. Pour ajouter à ses malheurs, le droitier est le quart-arrière de la deuxième unité de l’avantage numérique, une unité qui n’a obtenu aucun tir pendant les 2 min 40 s qu’a passées Wideman à 5 contre 4 dans ce match. Par contre, à l’heure actuelle, l’autre option de Ducharme à la ligne bleue s’appelle Sami Niku, un arrière aussi doué offensivement que Wideman, mais également à risque dans son territoire.

L’autre héros

Pour des raisons évidentes, le but d’Alexis Lafrenière était LE sujet de conversation dans les entrevues d’après-match des Rangers. Voilà qui est bien dommage pour Igor Shesterkin, dont le vaillant effort est passé inaperçu comme une bonne performance de Tim Scott en septième manche. Shesterkin a repoussé 31 des 32 tirs du CH, dans quelques déviations pas commodes. Mais Gerard Gallant a aussi remarqué une autre facette de son jeu. « Il a aussi été très bon avec la rondelle. Montréal était très fort en échec avant et 10 ou 12 fois, il a réussi des passes à la ligne bleue. C’était une clé. » Shesterkin a connu une très bonne première saison complète l’an dernier, avec une efficacité de, 916 en 35 matchs. Sa relative petite taille (6 pi 1) ne l’empêche pas de s’illustrer jusqu’ici.

Lisez « Un scénario de rêve pour Alexis Lafrenière »

Ils ont dit

C’était émotif la cérémonie d’ouverture, et j’ai reçu une belle ovation. Suite à ce que j’ai vécu, j’ai reçu l’appui de beaucoup de monde au Québec, à Montréal, alors pour moi, il y avait des émotions… il n’y a pas beaucoup de mots pour décrire ce que j’ai ressenti.

Jonathan Drouin

Ça a été le match où je me suis le mieux senti. C’est une question d’adaptation, on a beaucoup de nouveaux joueurs dans l’équipe aussi. Et puis j’ai eu les frissons tout le long de la cérémonie d’ouverture… J’ai rêvé çà ça toute ma vie.

Cédric Paquette

On a généré un peu de pression en zone offensive, mais il faut être meilleurs que ça, trouver une façon de marquer… Il faut être meilleurs aussi en avantage numérique. On est à notre mieux quand on provoque des revirements et qu’on frappe rapidement. Il y a des jeux que l’on doit réussir et ça n’arrive pas en ce moment.

Nick Suzuki

Assurément qu’on aurait pu s’offrir plus de momentum avec notre avantage numérique, mais ça fait partie du jeu… Je crois qu’il nous faut être plus dynamiques offensivement. Ça nous prend une meilleure présence autour du filet. Il faut être plus combatifs devant le filet. Et ensuite, c’est une question de confiance ; tous les marqueurs, souvent, une fois le premier but réussi, ça débloque tout d’un coup. Et ce que je n’aime pas de nos pénalités en plus, ce sont toutes des pénalités de bâton… Avec quatre pénalités dans une même période, tu ne peux plus utiliser ton banc de la même façon.

Dominique Ducharme

Je suis content pour lui. Il a joué devant toute sa famille et tous ses amis pour la première fois. De le voir jouer comme ça et d’en sortir avec la victoire, c’est plutôt spécial.

Mika Zibanejad, au sujet d’Alexis Lafrenière

En hausse

David Savard

Il a effectué quelques bons jeux en attaque, dont une superbe poussée qui a mené à une occasion (ratée) pour Brendan Gallagher. De loin son meilleur match de la saison.

En baisse

Tyler Toffoli

Le meilleur marqueur du club lors de la dernière saison n’a toujours pas inscrit un seul point en trois matchs.

Le chiffre

1

Il y a un seul attaquant qui a marqué pour le Canadien depuis le début de cette saison : Jonathan Drouin.