Samedi matin à Brossard. Le gardien Cayden Primeau s’amène sur la patinoire pour amorcer sa préparation en vue du match de la soirée du Canadien contre les Sénateurs.

Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Deux joueurs l’accompagnent pour aider l’entraîneur des gardiens à le préparer. D’un côté, Gabriel Bourque. De l’autre, Ryan Poehling. Le 80 et le 25 tirent à tour de rôle sur Primeau.

Poehling aide Primeau, mais il se prépare aussi pour un deuxième match en deux soirs, dans un camp où il joue gros. Il a la chance d’amorcer la saison avec le Tricolore, mais n’a rien montré jusqu’ici pour inspirer ses entraîneurs à lui faire confiance.

Bourque, lui ? Sa situation est aux antipodes de celle de son jeune coéquipier. Voici un vétéran de 31 ans, qui a 413 matchs dans la LNH derrière la cravate, et qui effectue un retour au hockey, 14 mois après son dernier match. Depuis les séries 2020, disputées dans une « bulle » à Edmonton, on ne l’a pas revu sur une patinoire. La saison qui venait de se conclure, il l’avait trouvé « difficile », selon ses propres termes.

Il a donc fait l’impasse sur la campagne 2021. Une décision qu’il qualifie de « personnelle ».

« Il n’y avait pas vraiment d’offre qui m’intéressait, a admis l’ancien des Predators, de l’Avalanche et des Jets, en point de presse. Avec mes quatre enfants à la maison, c’était plus compliqué de partir durant la pandémie. Donc j’ai pris cinq mois tranquille à la maison à penser à mon avenir.

« La saison durait seulement cinq mois, donc je me disais que c’était le bon moment pour prendre un pas de recul, prendre du repos. »

L’athlète de Rimouski en a profité pour se replonger dans d’autres sports, qu’il devait forcément délaisser pendant sa carrière de joueur : raquette, ski de fond, planche à neige. Tout en s’occupant de la petite famille, un sport en soi. Il a des jumelles de deux ans et demi, un enfant de cinq ans et un autre de sept ans.

Puis, à la fin du printemps, le désir de jouer est revenu. Il a alors confié un mandat bien précis à son agent. « Je lui ai dit : je te donne deux mois pour essayer d’avoir un contrat avec le Rocket, ensuite on ira voir ailleurs. Finalement, même pas un mois et c’était fait. C’est ici que je voulais venir », a raconté le joueur.

Pour le plaisir

Après un an d’absence, Bourque a toutefois dû recommencer au bas de l’échelle, lui qui était pourtant assez bien établi dans la LNH. En 2019-2020, il avait joué 52 des 71 matchs des Jets, et 3 des 4 matchs en séries.

Le voici de retour dans la Ligue américaine, là où il n’a pas joué depuis la saison 2017-2018. Il commencera à Laval parce que son contrat signé en juin dernier en est un de la Ligue américaine. C’est d’ailleurs dans la ville de la Récréathèque qu’il s’est trouvé un domicile avec sa famille.

« J’étais conscient que ça serait difficile, a-t-il convenu. Je n’ai pas joué et des gars se sont améliorés. Mais quand j’ai décidé de recommencer, c’était pour avoir du fun pour quelques dernières années. Présentement, j’ai vraiment du fun ici, l’organisation est incroyable. Je ne peux pas me plaindre. »

Une deuxième chance pour quatre joueurs

Samedi soir, Bourque formera un trio avec Mathieu Perreault et Laurent Dauphin.

Cela dit, ce n’est pas tellement sur ce trio que les yeux seront rivés, mais plutôt sur celui de Poehling. Le centre sera entouré des Finlandais Artturi Lehkonen et Jesse Ylönen.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Ryan Poehling

Avec les défenseurs Chris Wideman et Gianni Fairbrother et l’attaquant Alex Belzile, Poehling sera un des quatre joueurs qui disputeront un deuxième match en deux soirs.

Poehling aura donc une nouvelle chance, après avoir connu une soirée quelconque vendredi à Ottawa. Contrairement à la veille, il aura cependant un joueur établi dans la LNH à ses côtés en Lehkonen.

Son autre ailier, Ylönen, tente lui aussi de gagner des points. Il avait eu droit à un rappel la saison dernière pour le dernier match avant les séries. Le Finlandais a ensuite fait parler de lui au début du camp, lorsqu’il refusait de se faire vacciner contre la COVID-19. Ce refus l’aurait limité grandement cette saison, puisqu’il aurait dû se soumettre à une quarantaine de 14 jours à son entrée au Canada, par exemple après des matchs aux États-Unis.

Ylönen a finalement changé d’idée et dit avoir reçu sa première dose la semaine dernière. « On en a parlé avec les médecins. C’était ma décision, personne ne m’a poussé à le faire. Mais après avoir parlé aux médecins, on a jugé que c’était mieux que je le fasse, a raconté le choix de 2e tour du Canadien en 2018.

« Je veux m’améliorer et si je manque des matchs [parce que je ne suis pas vacciné], je ne m’améliorerais pas. Je ne veux pas faire ça à ce point-ci de ma carrière. »

En bref

  • Plaqué durement par Josh Norris contre la baie vitrée vendredi à Ottawa, le défenseur Sami Niku souffre d’une commotion cérébrale. Il s’absentera « pour un petit bout de temps », a dit Dominique Ducharme.
  • Le défenseur Joel Edmundson, un des nombreux blessés à ce camp, a patiné en solitaire samedi midi.
  • Cayden Primeau disputera la totalité du match devant le filet du CH, a confirmé Ducharme.
  • La rencontre de samedi marquera l’entrée en scène de Brendan Gallagher, qui avait raté le début du camp pour des raisons familiales.

Formation à l’entraînement

Toffoli-Suzuki-Gallagher
Ylönen-Poehling-Lehkonen
Perreault-Dauphin-Bourque
Baddock-Beaudin-Belzile
Romanov-Petry
Kulak-Wideman
Fairbrother-Xhekaj
Primeau
McNiven